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NYMPHE Si;RPRïSK
FRE.SQVE I>B PUMPEI.
Une leunc fille qui porle uii tliyrse ou plufAt une espèce de honiette, ce qui semblerait indiquer une gardienne de troupeaux, se réfugie aux pieds de la statue de Minerve pour se' soustraire aux poursuites de i>on amant ; symbole des combats que Tamour livre à la sagesse. Inutile prt'caution I le jeune homme , que la forme de sea oreille petit faire prendre pour un faune, l'arrache à ce deroi* asile : son ardeur et la mollesse que la jeune fille met è repousser indiquent su/lisammcnt Tissue prochaine de ' combat.
Quelques personnes ont pensé que cette fresque pouvait représenter le viol de Cassandre commis par Ajax, fils d'Oïlée, dans le temple de Minerve :
Ecce trahebatur pH»sis piicimsia virpo OiuibiiÀ aij^mplo CassHndr.i ad^tisque Miuervas. ( ViBC. £neid. Hb. H. )
Cette supposition paraît peu probable, car le v:ol de la prêtresse- fille de Prtam , «i souvent exercé le talent dea artistes de l'antiquité, mais jamais sous la forme d'une all<?gorie. A quoi Sert d'ailleurs l'allégorie dans un STijet où le peiutt e agit avec toute la licence di^ l'art ?
Cela rappellernit plutôt Tanecdote citée par Apulée :
« La belle Chroaiû , Aile du pasteur Chrasias , allant » prier et demander la sagesse dans un bois consacré à » Minerve , la veille de son mariage avec le jeune Âlcimède, * fut surprise par Myrtil , dont elle avait dédaigné les » vœux, et sacrifiée sans pitié aux pieds de la statue de >i la déesse. Le rival sacrilège avait pris le déguisement » d'un faune. Cet affront ne fut pas impuni : Myrtil ne » sortit pas du bois sacré , et Minerve rendit la virginité à » la jeune fille. »
Au-reste dans ces sortes de sujets il arrive souvent que les commentateurs s'épuisent en conjectures pour décour vrir presque toujours un sens caché qui n'était pas dans l'intention des anciens; c'est surtout dans les fantaisies libertines des artistes grecs ou romains qu'il est souvent inutile de chercher une pensée d'allégorie , d'histoire , d'imitation. Ceux qui peignaient les fresques et les arabesques dans les tricUnium et les boudoirs de Baïa, de Pompeia, d'ilerculanum , s'abandonnaient à toute la folie de leurs caprices, à tout leur dévergondage d'artiste. Ils ne songeaient qu'à satisfaire la passion du maître, sans s'inquiéter de ia moralité de l'art. Souvent il est arrivé qu'une allégorie a été prise en sens inverse de l'idée qui guida le pinceau; aiosi dans la Nymphe surprise, ne pourrait-on pas trouver une pensée épigrammatique ? Ne serait-ce pas ime satire contre la Sagesse, déesse impuissante qui ne |>euî sauver l'innocence, même lorsqu'elle se réfugie au pied de son aiifel?
Les commentateurs nuisent quelquefois ù l'inlérêt de l'art , lorsqu'ils donnent des' explications forcées et qu'ils
semblent se complaire dans les contradictions. Le mieux serait de laisser un sujet antique dans ce vague mystérieux qui a bien plus de charme pour Tamateur que ce conflit d'érudition et de -science, qui n'est ni l'erreur ni la vérité.