BAISER DU FAUNE
FKE8QU£ o'BE&CULAIllilI.
HAVTEDR I PIBD 4 POOCES 3 UC5E?. ItÂRCBOIl 1 PIED 7 POUCES 7 tlCHBS.
Les objets d'art provenant des fouilles d'Herculanum sont en général d'une exécution bien supérieure à ceUe^ des découvertes de Pompéi. La charmante peinture que la planche ci-jointe reproduit fidèlement a été présentée déjà, quoique imparfaitement, par les académiciens de Naples , David , dans l'ouvrage de Sylvain Maréchal , et PiroU.
Quelle expression d'audace et d'amour dans ce faune , élancé à l'improviste sur une bacchante qui traversait imprudemment un lieu solitaire et caché ! Il l'a renversée ; sa bouche a rencontré celle de la nymphe , et sa main s'est portée sur un sein voluptueux. Cependant notre bacchante , loin de s'irriter de cet excès de témérité, manifeste dans tous ses mouvcmens une brûlante ivresse, un amour impatient qui se plaint des lenteurs et appelle de nouveaux larcins.
Aux pieds des deux amans on voit le bâton pastoral ( pedum ) la flûte à sept tuyaux « ( syrinx ) , le tambour à
> Celle-ci en porte huit; mais il est probable que c'est une méprise du peintre à qui on doit cette fresque délicieuse.
PLAVCHE xxx.11.
grelots ( iympanum ) , sur lequel est peint un cistre , le thyrse et vn cercle sans fond.
Le coloris est aussi brillant que le dessin est gracieux. La carnation des deux lutteurs diffère par le ton , comme ils diffèrent eux-mêmes par le sc.xe. Le cinabare a été prodigué sur le manteau de la bacchante et sur le ruban de son thyrse. On reconnaît en elle une nymphe coquette > et Tairtiste n^a rien épargné pour que chacun , en la voyant , enviât le sort du jeune faune.
Le célèbre Canova à imité ce groupe si gracieux dans une de ses plus aimables compositions.
PL. XXX m