‹ Musée royal de NaplesChapitre 3 sur 49 · LE SATYRE ET LA CHÈVRE · texte numérisé non relu

LE SATYRE ET LA CHÈVRE

MAknS DE PAROS. — '' BAUTECR ENVIRON 2 PIEDS.

Ce groupe , trouvé dans les fouilles d'Herculanum y est plus remarquable par l'expression qui donne la vie au marbre que par la pureté de l'exécution. On pourrait désirer surtout que la chèvre fût dessinée plus correctemept ; mais il est impossible de ne pas admirer l'expression de lasciveté et de jouissance qui se peint sur les traits du satyre et même sur la physionomie de l'étrange objet de sa passion.

, Le crime de bestialité n'était pas rare chez les anciens , et il ne se bornait pas au commerce des hommes avec les femelles des animaux ; il s'étendait encore à celui des femmes avec les mâles. Hérodote ' nous apprend que de son temps il arriva en Egypte une chose surprenante ^ dans le nome mendésien : un bouc eut publiquement commerce avec une fename , et cette aventure fut connue de tout le monde. Mais il est vrai que les Égyptiens pouvaient être portés à excuser ce crime dans la persuasion où ils étaient que le dieu Pan se métamorphosait souvent en bouc. Dans leur langue le dieu et l'animal se nommaient également Menais.

De nos jours encore il existe, en Sicile et dans les Ca-

labres , des pâtres à demi-sauvages qui passent des journées

I Hérodote , lir. n i $ xi>vi.

entières dans de profondes solitudes , et viennent un seul instant, chaque soir, dans les villages, où on leur distribue le pain et Thnile. Ces hommes , dont Tunique tâciie est de veiller à la conservation des troupeaux , conçoivent souvent une paseion insensée pour les animaux confiés à leurs soins. C'est ce qui arrivait aussi aux bergers du temps de Virgile :

Novimus et qui te. .• . . . transversa luentibus hircis, £t qoo , sed faeilei nymphœ risère , sacello.

( ViBo. , Egl, 3. )

On Mit Les boucs jaloux près de la grotte obscure

Te lançaient dé travers des regards de courroux , Et les nymphes dans l'ombre en riaient comme nous.

(Dxt.)

Plutarque a dit :

c Là où eu vous la nature , encore qu'elle ait la loy à

> son aide> ne peut contenir votre intempérance dedans

> les limites de la raison, ainsi comme si c'estoit un tor- » reqt qui Temportoit à force , eUe fait bien souvent et

* eu plusieurs lieux de grands oultrages , de grands dés- » ordres et scandales contre la nature , en matière de cette

> volupté de l'amour; car il y a eu des hommes qui ont

• aimé des chèvres et des truies et des jumens,.... etc. > ( Plut. > Amyot, Entretien sur la rais(m des bâtes t XYii, )

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