MARSYAS ET OLYMPE
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Le satyre Marsyas, inventeur de la jDûte pastorale, suivant plusieurs mythologues , est représenté dans ce groupe , un des chefs-d'œuvre de l'antiquité, au moment où, donnant des leçons de cet fiistrument au jeune Olympe, il se dispose à attenter à la pudeur de son élève. Ses traits, empreints d'une majesté divine , décèlent les élans de lasciveté auxquels il parait vouloir s'abandonner ; sa bouche et ses narines s*entr'ouvrent pour souffler le feu de la concupiscence qui dévore sa poitrine. Sa main gauche s'appuie sur l'épaule du jeune homme comme pour l'attirer à lui, et l'une de ses jambes , qu'il soulève pour le mieux enlacer , ne laisse pas d'équivoque sur l'objet de ses désirs. Le jeune homme cependant regarde en dessous , confus et honteux ; il semble interrompre sa musique : on croit le voir trembler de tous ses membres.
Un rocher sur lequel est étendue une peau de lion sert de siège au satyre.
Olympe , fils de Méon , originaire de la Mysie , vivait avant le siège de Troie. Flutarque lui attribue l'invention de plusieui-s cantiques en l'honneur des dieux. Les auteurs anciens sont d'accord pour le représenter comme élève de Marsyas que Pline a confondu avec Pan. Suidas en parle en ces termes :
■ Olympe , fils de Méon , de la Mysie , joueur de flûte
PLANCHE It.
% et poète , disciple et favori de Marsyas. li vécut avant » la guerre de Trpie, et donna son nom au mont Olympe » dans la Mysie. »
Ce sujet a été traité plusieurs fois par les artistes de l'Antiquité. On en a trouvé à Herculanum une peinture qui n'a rien de l'obscénité du groupe dont il est ici question : Marsyas y est représenté sous les traits d'un faune avec des jambes d'homme.
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Selon Pline, l'invention de la flûte pastorale composée de plusieurs roseaux liés ensemble , fistula ou syrituv , est due à Pan '.
Ce groupe provient du musée Farnèse.
' P^iusaniao, z, 3o.
Pline , vu , 56.
PL. m.
VÉNUS GALLIPYGE.
(De x.u>iXès i pulchritudo ; ■nvyiiy nalcs.)
MARBRE. — HAUTEUR, ^ PIEDS BHVjnO».
(Jette charmante statue , trouvée à Rome , fut placée dans le palais Farnèse , et acquise ainsi au roi de Naples avec la propriété de ce palais. Elle ne fait point partie du cabinet des obscènes , mais elle est placée dans une salle réservée où les curieux ne sont introduits que sous la surveillance d'un gardien , ce qui n'empêche pas que les formes arrondies qui lui ont valu le nom de Callipyge ne soient recouvertes d'une teinte obscure qui révèle les baisers profanes que chaque jour y déposent de fanatiques admirateurs. Nous avons connu nous - même un jeune voyageur allemand épris d'une folle passion p9ur ce marbre voluptueux ; la pitié que ^n état inspirait éloignait toute idée de ridicule.
Il est impossible, en effet, de rien imaginer de plus gracieux que la Vénus dont il est ici question. On reconnaît le pouvoir de la beauté quelque part qu'elle se manifesté : ce marbre semble palpiter; en le contemplant li pudeur s'alarme , le désir se réveille , l'imagination s'embrase , et il faut se hâter de fuir pour rendre aux sens agités leur première tranquillité.
PLAHCBE III.
La déesse soulève la tunique légrre dont elle est enveloppée ; sa belle tête se penche en arrière, et son regard , qui effleure une admirable chute de reins, semble s'arrê ter avec complaisance sur ces contours gracieux qui lui ont valu des autels.
Athénée raconte ainsi qu'il suit l'origine du culle de cet ^e Vénus :
« Dans ces siècles reculés on fut tellement livré aux » plaisirs des sens qu'on bâtit un temple à Vénus Calli- » pygo. En voici l'occasion : Un campagnard avait deux s belles filles ; elles se disputaient uu jour sur la beauté « de leurs fesses, l'une voulant les avoir plus belles que r l'autre, et se rendirent ainsi au grand chemin. Vient à » passer un jenne homme , dont le pèi-e était déjà vieux ; » aussitôt elles se soumettent au jugement de ses yeux, » et il prononce en faveur de l'aînée ; mais en même temps » il en devient si amoureux qu'à peine arrivé à la ville il
> en tombe malade, garde le lit, et raconte à son jeune » frère ce qui lui était arrivé. Celui-ci vole aux champs 3 pour contempler ces jeunes filins ; et se sent pris d'a- » mour pour la plus jeune. Le père veut en vain les en- » gager à s'allier à de meilleures familles. Ainsi obligé de j> céder, il gagne le père des deux sœurs, qu'il fit aussi- » tôt venir des champs, et marie ses fils avec elles. Cet
> événement fit donner aux deux épouses le nom de Cal- » lipjges parmi lei^rs concitoyens , comme le rapporte ;< Cercidàs de Mégalopolis dans ses ïambes : Il y eut ù » Syracuse deux femmes , etc.
* Ces deux femmes devenues riches firent élever un » temple à Vénus qu'elles appelèrent Callipygc . selon te
» que dit Archélaus dan» ses ïambes, i ( DéiphnosophistM , traduction de Lefebvre de Villebruue. )
Le culte de Vénus Callipyge fut très-répandu dans toute la Grèce , où il se conserva long- temps encore après la . chute des autres divinités. Il past^a sur le continent de l'Italie où il ne trouva pas moins d'adorateurs , et où il servit, en quelque sorte, d'encouragement à une passion aussi bizarre et plus criminelle. La Vénus Callipyge fut impuissante à détruire le culte abominable des Hylas et des Antinous, et il devint lui-même un npuvel élément de débauche aux temps néfastes de la décadence romaine. Il ne fut pas inouï alors de voir des jeux scéniques où paraissaient de jeunes filles entièrement nues ; le public jugeait entre elles certaines contestations de la nature de celle qui s'éleva entre les deux sœurs dont parle Athénée, et l'empire recevait celte nouvelle comme un événement.
La voluptueuse figure qui fait le sujet de cet article tire principalement son charme erotique de la disposition de ses vêtemens. Il est à remarquer, en effet j qu'une nudité absolue est moins impudique qu'une nudité partielle ou accidentelle. Lorsque les Spartiates au cirque, et les Romains au théâtre , voyaient de jeunes et belles filles entièrement nues, ils éprouvaient certainement des sensations moins voluptueuses que lorsqu'il leur arrivait d'apercevoir accidentellement les nudités d'une femme qui tombait maladroitement de cheval , ou qui glissait ^ur le pavé des mes. La nudité complète suppose un état d'indépendance et de franchise qui n'a rien d'alarmant pour la pudeur ou de séduisant pour les sens ; mais la nudité partielle semble être réservée aux actions furtiyes et insolites. Pour mieux sentir cela il faudrait voir à cdté
Tune de Tautre la Vénus de Médicis , chaste divinité entièrement nue, et la Vénus Callipyge , voluptueuse courtisane, vêtue indécën^mont.
On a fait de nombreuses copies de cette statue. 11 en existe une lbr.t remarquable dans le parc de Versailles.