SPINTHRIA— DANSEURS DÉ CORDE
PRESQUE DE POMPEI.
Deux danseurs de corde , homme et femme , se livrent au xoît dans un état d'équilibre parfait. On voit , dans cette singulière peinture , une de ces scènes d'orgie qui faisaient les délices des Néron et des Tibère. Les acteurs , placés sur deux cordes tendues, se caressent sans perdre leur équilibre, et boivent sans r^andre une goutte de la liqueur contenue dans leurs verres.
Cette fresque , remarquable par la pureté du dessin et le brillant du coloris, est des plus obscènes. Il parait même que si le héros de la fête n'a pas perdu son équilibre, il a du moins perdu sa route, et s'est complètement fourvoyé. La position de ces ai-dens acrobates est telle , en un mot , qu'on doit croire que l'artiste a supposé à l'acteur l'intention d'exiger de sa compagne cette faveur honteuse que Martial ne pouvait obtenir de sa femme , i4ais que, s'il faut l'en croire, de sages matrones accordaient à leurs époux :
Uxor , vade foras , aut moribus utere nostris : Mon sam ego Curtius , nec Numa , nec Tatius.
Me juconda juvant tract» per pocula noctes, Ta properas pota sargere. tris lis aqùa.
Tu teoebris gaades , m« ludere teste lucerna , £t javat admissa rumpere luce lotus.
Cascia te , tunicseque tegunt , obscaraquv palia :
PXJlITCOB xzxt.
At mihi nuda salis nulia pnella patet.
Basia me capiuntblandas imitata columbas :
Tu mihi dus, avix qualia tnane soles.
P!cc motu djgharis opus , nec voce juvare ,
Necdigitis. Tanquam thura, merumque pares , Masturbabantur phrygii post ostia servi
Hectoreo quoties sederat uxor equo.
£t quamvis Ilhaco sterteute , pudica solebat
IlUc Pénélope semper habere manum.
Pœdicare negas : dabat Corne lia Graccho,
Julia Pompeio, Porcia , Brute , tibi.
Dulria Darôanio «oudum niiacente minislro
Pocula , Juno fuit pro Ganymede Jovi.
Si te délectas gravitas , Lucretia totu
Sis licet usque die : Thaida nocte yolo. '
Le vice , dont cette fresque parait être une représentation, s'est perpétué assez ouvertement, jusqu'à notre époque , dans les pays chauds. Nous n'entendons pas parler des caressés dégoûtantes de deux personnes du même sexe ; mais des unions semblables à celle que Cornéiié accordait à Gracchus , Julie à Pompée , Porcia à Brutus.
, S'il faut en croire les hommes du midi , leurs femmes ne considèrent pas toujours ces rapprochemens comme un acte de complaisance de leur part. Il faut peut-être chercher les motifs de cette bizarre coutume dans Tinflueuce du climat, qui inspire des désirs si vifs et si brûlans qu'il paraît d'abord impossible de les éteindre par les banales jouissances du commun des hommes : on cherche un raffinement , et l'on trouve une dépravation. Cette même influente agit encore sur l'organisation physique des
« M. Val. Martial, épig. çv, lib.XX.
femmes méridionales ; leurs faveurs offrent tant de facilités matérielles , qu'il serait à craindre que lô dégoût ne succédât à Tamour sans les stimulans qui peuvent en réveiller les ardeurs. Enfin , de semblables fautes pourraient être expliquées à l'égard de certaines femmes par la crainte que leur inspirent les suites de leur faiblesse , quand on agit sans prudence avec elles. Écoutons à ce sujet Téloquent auteur du livre de Tamour ' : c Un écart semblable chez » les femmes exciterait peu d'indignation , si des écarts » pouvaient être légitimés par la seule prudence. Elles
> veulent , dirait-on ; se soustraire aux inquiétudes , et à » tous les dangers des unions plus naturelles. Le sexe » qui ne leur pardonne pas devrait-il se dissimuler
> qu'elles ont trop à craindre ce qu'elles eussent choisi
> sans doute , et que trop souvent on rendit funeste pour » elles ce qu'il faildrait toujours qu'elles préférassent?
> Ne nous hâtons pas de les juger ; sans les justifier , » avouons que tous les jours elles peuvent être placées » dans des situations embarrassantes , et que de sem- » blables diûxcultés atténuent bien des fautes, »
* M. De Senaoconr.
IM.WW l
MERCURE ET YPHTIME.
PAESQVE DB POMFÉI.
La nymphe Yphtime avait offensé les dieax ; Mercure , chargé de la conduire aux enfers, la conduisit dans un lieu solitaire et la viola. Tel paraît être le sujet de cette peinture. Le dessin en est incorrect et de mauvais goût ; les positions exagérées n'offrent aucune vraisemblance.
De cette union de Mercure et d'Yphtime naquirent les satyres.
Il y avait à Cyllèue, en Élide , un temple oii Ton adorait Mercure. Le dieu y était représenté dans une posture des plus indécentes, symbole de la fécondité. L*esprit et l'éloquence étaient les attributs de Mercure^ et il était naturel que l'antiquité révérât en lui ces puissàns auxiliaires de la séduction et de la volupté ' .
< PausanÏM.
rLAircHK XXXVI.
PL.xxxvn.