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SPINTHRIA.
TBOCVÉB i POMirél.
Voici encore une peinture obscène qui rappelle un genre de libertinage fort accrédité à Rome , sous le règne des empereurs. Les monumens les plus irrécusables , les autorités les plus dignes de foi , tout concourt à nous démontrer que la jouissance contre nature était tolérée â cette époque par les mœurs romaines, de même qu'elle l'avait été précédemment par les mœurs grecques. Nous l'avons déjà dit, Virgile, Martial, Perse, Juvénal« Pétrone et d'autres écrivains dont on Usait partout , dont on admirait les productions , célébraient publiquement ces unions extravagantes.
Quelque maladroit que l'on suppose le peintre auquel est due la fresque ci -contre, on ne peut douter qu'il n'ait eu l'intention de représenter vm amant obtenant dp sa maîtresse les faveurs auxquelles Sodôme a attaché un nom immortel. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner jusqu'à quel point le jeune athlète a soulevé sur se» épaules sa complaisante compagne. Ils sont nus tous deux, paraissent jeunes et beaux, et reposent sur un lit de bronze doré.
Plusieurs moralistes exagérés ont flétri du nom de crime ce qui n'est qu'une honteuse faiblesse. Née sous les climats méridionaux , où les mœurs publiques la tolèrent encore secrètement, la jouissance antinalurelte est cer-
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taiiicinent loin <Vêtre inconnue sous les latitudes plus sep tentrionales, mais elle y est Tobjet d'une persécution plus positive. En Angleterre , lorsque Tacle a été commis sur une personne du sexe masculin, il est puni de mort : c'est une loi barbare , d'autant plus déplorable qu'elle tend en réalité à exeuser le coupable, en appelant sur lui la commisération publique à force d'exagérer le châtiment. Il ne faut pis que l'horreur qu'inspire une mauvaise action nous pousse à one vengeance qui u*en iusplre pas moins. Dans le m»4ue pays la séduction et l'adultère sont frappés de peines plus légères; c'est un contresens. En effet, dans le premier cas , celui où la peine de mort est appliquée , la société éprouve un dommage moins grand puisqu'il n'atteint que les complices , et ne peut avoir aucun résultat qui tombe à la charge publique. Ce n'est pas non plus le moment d'étendre dans sa plus grande latitude la protection que les lois doivent au faible contre le fort, puisque dans l'espèce il y a plus souvent à supposer. que la force de résistance a été mieux proportionnée à la force d'attaque, au moral comme au physique.
L'homme ne nait pas esscntiellemcat pervers; il entre bon dans la société , mais ce sont les mauvaises lois qui fout les mauvaises mœurs. Toutes les fois que l'énormité du cluUimen* surpasse l'énormité du crime la loi devient méprisable , et par suite tombe en désuétude ; d'où le peuple tire la conclusion que le délit qu'elle condamnait est devenu licite. A Rome, une loi des Douze Tables permettait au mari de' faire périr sa femme lorsque celle-ci était convaincue d'avoir bu du vin ou d'avoir commis l'adultère. La seule identité de châtiment pour deux actions àus.si peu Misceplibles d'être assimiJées l'une à l'autre
était déjà une monstruosité. Le législnteur avait pensé, il est vrai , que le vin faisant perdre à la personne qui en boit l'usage de sa raison , pouvAît la porter aux plus coupables excès ; mais d'après ce principe il fallait , pour être juste, prohiber Tosage de cette boisson à l'un comme à l'autre sexe. Il ue servirait À rien de dite que les hommes ont la tète plus forte et la raison plus solide , car dans les pays mêmes où le vin est permis à tout i« monde, on voit au moins dix hommes pour uoo femmç en état d'ivresse. La lot que nous venons de citer tomba bientôt en désuétude comme on pouvait le prévoir; les maris })ermirent l'usage du vin à leurs femmes; et quant k l'adultère il acquit à Home , en dépit de la loi , le droit de bourgeoisie , et le aa^ Caton lui-m&Qne ne crut pas faire une chose déshonorante ni même extraordinaire , eu prêtant sa femme à un de ses amis. Ovide adressa une pièce de vers au mari de l'une <ie ses maîtresses , pour le prier d'être un peu plus jaloux à l'avenir, attendu que son indifférence sur cette matière le privait de ce qu'il y a de plus doux en amour : la crainte et les obstacles.
Nous l'avons déjà dit, les mœurs romaines autorisaient le genre de libertinage qui semble retracé sur la planche ci-contre :
< Quid ver6 vnltis, dicebam?... Obliti estis esse me » puellam , non puerum ?
» Apage, refert, quod nulla negare ausa est è tôt prae- » stantibus inter romauas paellas et iugenii et formse do- > tibus , tu ingeniosa et formosa audes negare !
» Sed ad hanc rem horret animus, rcpouo; ferre non » potero; confîcietis huiu belio inlissuetam.
t Ferre poteris, subjicit. MuUè juniores hoc corporis
» usu apud iiostros homiues inclarescuut. Pluris con> ■ stilit tibi anticae virginitalis occisio '. »
« Que voulez-vous?,., disais-Jey oubliez-vous que je suis une » Jeune femme et non un Jeune garçon?
» Comment donc, répondit • il , cette faveur que nul n'a osé t nous refuser parmi nos jeunes Romaines tes plus distinguées > pat leur esprit et leur beauté y tu oses nous la refuser f toi qui » n'est ni moins belle ni moins spirituelle !
B Mais j'ai hopeur de cette action, repris-je^ Je ne pourrai y » résister; vous allez me livrer un combat auquel je ne suis point » accoKtutnie.
» Ta n'en mourras pas y répliqua-t-il. De bien plus Jeunes que » toi se rendent célèbres parmi nous en faisant de leur corps un 9 semblable usage. La perte de ta virginité te coûta Jadis bien > plus cher, a
> Juaiini« Meursii elegaatiae latini «ermouia, etc. Ludg. Batav. ex lypîs EUcvirianis, mdcct.xxiv.
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SPINTHKIA.
FRESQUE DE POMPÉl.
Cette peinture, des plus obscènes, ne iéparerait pas, il faut bien Tavouer, les infâmes recueils de i'Arétiu. Aucuns des prétendus raf&nentens de la volupté n'étaient étrangers aux homipes de l'antiquité. On voit par exemple ici deux athlètes amoureux qui ont changé de rôle dans le combat de Ténus. Leur jeunesse parait énervée , puisqu'il lui faut un nouvel aiguillon : le sexe que la nature a destiné à l'attaque, et à qui elle réserve la couronne des vainqueurs , se soimiet cette fois à passer pour vaincu ; il repose lâchement sur un épais matelas, et se laisse opprimer par une faible femme , dépouillée à la fois de tous ses vétemens et du voile moins trcnsparent encore de la pudeur.
De tous les écarts ob peut entraîner le délire d'une imagination luxurieuse , il n*en eut point peut-être de moins excusable pour les deux complices. L'homme en effet méconnaît la noblesse de son caractère, la dignité de sa nature, et la femme oublie que, de tous ses attraits , il n'en est point de plus séduisant que cette aimable faiblesse qui lui permet de succomber en résistant toujours.
Cette peinture a été découverte à Pompéi il n'y a pas fort long -temps. Le dessin, comme dans la plupart des
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antres Sp'mthrics, n'en est pas fort correct. Le lit est formé d'ane sorte de table dont les quatre pieds paraissent consolidée à Taide de cordes qui s'enlrecroisent.
m SPINTHRIA.
FBBSQOB DB POMPil.
Cette peinture est à peu près la répétition de la précédente. Une jeune fille, assise à califourchon sur son amant> y iouc encore le rôle principal. L'esclave cubiculaire, sur le point de sortir de la chambre mystérieuse) se retourne et jette sur les deux amans un regard lascif. Il porte tm plat sur lequel on ne remarque plus rien « et qui peut-être contenait des alimens aphrodisiaques dont les deux acteurs ont fait usage.
Le lit, d'une forme simple, parait être en bronze. Il en existe plusieurs de semblables au musée de Nàples. Ils ont été trouvés à Herculanum et Pompéi.
Sous le lit on remarque une escabelle.
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