GROUPE D'ANIMAUX
MOSIÏQVS. — lO P0T7CES BMYIROir SUR 8.
Un Priape-Hermès , sous la figure d*un coq , reçoit les adorations de trois oiseaux, une poule d'Inde, une oie et un canard.
La pensée de l'artiste n'est pas dif&cile à saisir; elle découle dé ce principe que tout dans la nature rend un hom< mage au pouvoir générateur, les animaux comoiç les hommes, les plantes comme les animaux.
L'usage des mosaïques est trop ancien pour qu'il soil permis d'en fixer l'origine. L'opinion la plus accréditée est qu'il fut transmis aux Romains par les Grecs, qui le tenaient eux-mêmes des Perses ; mais il fut long-temps en route ; car ce n'est guère que vftra 1«» rfrgne d'Auguste qu'on le vit paraître à Rome et se répandre en Italie. Il y acquit en peu de temps une grande vogue : chaque "propriétaire voulut avoir dans sa villa un salon pavé en mosaïque; et bientôt il passa du salon à la salle à manger, de la campagne à la ville, jusqu'à ce qu'enfin on ne vit plus dans l'intérieur des maisons que des pavés en mosaïque. On en mit partout, dans les édifices publics, et surtout dans les temples ; les chrétiens eux-mêmes en adoptèrent l'usage , et l'Italie possède plusieurs églises où l'on retrouve de beaux travaux en ce genre. C'est ainsi qu'on voit encore à Naples, dans la cathédrale même, la chapelle de sainte
PLAKCnE UV.
Uestitute b^ie , dit-K>D , par CoQstanttn-^e-Graod , entière^ ment lambrissée de mosaïques. La petite ville de Mont- Réal, près Palerme , possède égalemeut un ouvrage fort remarquable en ce genre. La cathédrale , superbe monument que fît élever le duc Roger, est tapissée en mosaïques représentant de gigantesques tètes de Dieu le père , de Jésus-Christ, de la Vierge, des saints, ainsi que des sujets tirés de l'Écrilure. C'est , pour le dire en passant, dans cette même cathédrale de M ont-Réal que reposent les entrailles de saint Louis, roi de France. Elles y furent déposées par Charles d'Anjou, au retour de la malheureuse croisade où l'élite de Tarméie française périt sous les murs de Tunis.
Nous avons mentionné à dessein les mosaïques de la chapelle de sainte Restitute et de la cathédrale de H ont- Réal , parce qu'elles sont moins connues, quoique aussi remarquables que celles de Rome et des autres principales villes de l'Italie.
Les antiquaires ne sont pas fîxés sur Tétymologie du mot mosaïque. Les uus le fout dériver de /uaùVo*, poiiy comme étant un ouvrage bien travaillé et poli ; d'autres le tirent de fto'uTUy musCf parce que c'est un travail digne des muses ou inspiré par elles ; d'autres enfin le font venir de musivnm y ouvrage délicat , ingénieux.
Les mosaïques servaient , chez les Romains, soit à couvrir les planchers et les parois des appartemens ou des temples , soit à former des tableaux , des ornemens de meubles ou des bijoux.
Dan» la première espèce, l'art consistait uniquement à fiiçouDer de petites pierres en forme cubique et à les rassembler sur un fond de mastif , en coordonnant les diverses
couleur» de manière à former un dessin quelconque en arabesques, en fruits, fleurs ou totit autre objet.
Un exemple suffira pour donner une idée de l'immense profusion de ces sortes d'ouvrages chez les Romains. On sait que les bords de la mer entre Pouzzol, l'ancienne Puicolanani, et Misène étaient jadis couverts de superbes habitations , où les contemporains de Cicéron venaient se reposer des travaux de la ville. Aujourd'hui, ces fastueuses demeures sont ensevelies sous les eaux de la mer, qui a regagné sur cette partie de la Méditerranée le terrain qu elle a perdu vers d'autres points. Chaque jour, depuis bien des années, les flots rejettent sur le rivage des débris (le mosaïques nuancées de cent couleurs; et bien que les pêcheurs du lieu, etles enfans surtout, les recueillent avec soin pour les vendre aux étrangers, la mine qui les fournît est encore si riche que l'auteur de ce livre en recueillit un jour, dans l'espace d'une heure, plus qu'il n'en put transporter.
La seconde espèce de mosaïques, celle des tableaux, des meubles cl des bijoux, consistait à donner diverses formes a une quantité de marbres précieux de différentes couleurs, de manière à pouvoir, en les réunissant, en former un dessin régulier, ou bien elle consistait à colorier de petites pierres ou des aiguilles de verre pour en former une peinture quelconque.
Les aiguilles do verre servaient aux ouvrages les plus délicats. Lorsque l'artiste les avait soudées ensemble, en les combinant de manière à en obtenir la représentation exacte du module qui lui avait été présenté, il sciait délicatement le faisceau formé par la réunion des aiguilles, et se procurait ainsi, dans une seule combinaison , une assez
grande quantité de oopies parfaitement semblables entre elles.
La mosaïque qui fait le sujet de cette explication est du genre assez rare des monochronus *. Elle est d'une bonne exécution, et parfaitement conservée.
^ A une ceuie couleur.
Pl.LV.