GERARD DO
Hoet, dans ses remarques sur van Gool, parle de ce peintre, qu'il nomme Grasbeck, comme d’un peintre de société, ou de conversation (Gezelschapsschilder). La même dénomination est appliquée à Gaesbeeck par les anciens catalogues de ventes, à propos de ses petits tableaux (dans la manière de Dov et de Slingeland), lesquels se payaient alors des prix considérables. Aujourd’hui ils sont presque introuvables, et ce n’est pas grand dommage. Je ne connais de lui qu’un autre tableau, également signé À. van Gaesbeeck f., au musée de Berlin (n° 1021).
A ce misérable petit miniaturiste aboutit la grande école de Rembrandt, après avoir passé par l’adroit (Gerard Dov, par le fin Mieris, par le maigre Schalcken, par le minutieux Slingeland. Quelle antithèse de Rembrandt à Gaesbeeck! les deux extrèmes de la peinture !
Le style de presque tous les maîtres a été ainsi perver, de chute en chute, par une succession de descendants illégitimes , dont les derniers ne sont plus que des industriels aveugles. Raphaël aussi n'a-t-1l pas eu pour arrière-bâtard — Sassoferrato !
Mais cependant l'influence de Rembrandt contribua indirectement à former d’autres artistes de qualité, qui, sans avoir été ses élèves, ont quelque chose,
Gerard Dov et Slingeland. Ce tableau a été payé #1 florins, à la vente W. F. Taalman Kip, en 4804. C’est plus cher qu'il ne vaut,
non pas de son style qui est unique, mais de sa pratique.
A. van OSrape. — Adriaan van Ostade est une sorte de Rembrandt en petit. Il approche bien plus de ce maître que Gerard Dov lui-même.
Sans doute, le génie de Rembrandt est à une distance infinie au-dessus de tous les artistes de son pays; mais ce qu’on pouvait prendre au peintre, sinon au poëte original et au penseur profond, Adriaan van Ostade se l’est approprié. Dans des sujets d’un caractere tout différent par leur naïveté et leur simplicité, il à transporté certaines des qualités de Rembrandt : la transparence des ombres, qui résulte beaucoup de la manière de peindre les fonds en frottis légers; l'harmonie générale, qui résulte d’une dominante (comme on dirait en musique), courant sur les notes variées et assurant leur accord. La gamme de sa couleur est souvent la même que celle de Rembrandt , dans un ton roux qui se dore aux accents lumineux.
Excellent peintre que ce van Ostade, et un des plus parfaits de l’école hollandaise, comme exécution. Les plus malins critiques ne sauraient à quoi s'attaquer dansses peintures, — si ce n’est aux sujets. Mais vraiment il y a temps pour tout. L'italie catholique a fait des dieux et des héros. Laissons la Hollande nous faire un peu des hommes et des bohémiens. Est-ce que le Sganarelle de Molière ne vaut pas l’Agamemnon de Racine ?