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LES PEINTRES D'ARCHITECTURE

Mais quel est ce Palamedes ! ? De qui est-il élève ? Yat-il plusieurs Palamedes? Sont-ils de la même famille? Celui qui a fait les portraits en buste de grandeur naturelle, dans la manière de Cuijp, est-il le même que l’auteur des petits tableaux d'intérieur, avec de sveltes et élégantes figurines en pied, conversations de gentlemen et de ladies, qui jouent ou qui boivent ? Est-ce lui qui a fait également les scènes de

! Sans doute Descamps et ses copistes ne sont pas embar rassés pour donner — d’après Houbraken que Descamps a copié — quelque petite biographie de Palamedes, ou même de plusieurs Palamedes. Ce qui n'empêche pas que l’individualité de ces peintres soit ordinairement confondue. Pour les Palamedes, comme pour la plupart des maitres hollandais, c’est dans leurs œuvres qu’il faut les étudier ; c’est par leurs œuvres qu'il faut refaire leur biographie, et non pas en stéréotypant toujours de premières notes erronées.

Qui veut étudier sérieusement l'école hollandaise doit commencer par laisser là Descamps et tous les livres français. Il n'y a pas, à ma connaissance, de livres français qui puissent servir à l’histoire des maîtres hollandais.

Il faut écarter aussi Houbraken, source première de toutes les erreurs, de tous les contes, de toutes les calomnies. D'Immerzeel il faut se défier, car il a pris partout les éléments de on Dictionnaire, et il ne connaît rien aux œuvres des maîtres. este en hollandais l'Histoire publiée par MM. van der Eynden + van der Willigen (Haarlem 1816), et beaucoup de savantes onographies.

C’est à cette Histoire surtout que les compilateurs allemands,

els que Nagler, Rathgeber, etc., ont emprunté leurs maté-

iaux. Ces compilations herculéennes sont encore — et il n'en

ouvait être autrement — remplies d'erreurs. Mais il v a un

278 MUSÉE DE LA HAYE, soldatesque, intérieurs de corps de garde, où l’on joue, où l’on fume, où l’on se dispute? Est-ce encore le même qui a fait les petites batailles de cavaliers ? Il est certain d’abord qu'il y a Anton Palamedes, surnommé Stevens, né à Delft en 1604, mort en 1680. Le portrait d'homme du musée de Bruxelles (n° 151) est de lui et porte une belle signature au-

auteur allemand qui est très-instructif sur les Hollandais (je ne parle ici que de la grande école du dix-septième siècie); c'est M. Waagen, dans ses Kunstwerke, etc., et dans ses Treasures of art, etc., parce que M. Waagen a tout vu par luimême, et qu'il est un des premiers connaisseurs en peinture.

Les livres anglais sont excellents en général, et il n’y en a pas un où l’on n’apprenne quelque chose. Cela encore parce les Anglais qui écrivent sur les arts étudient les œuvres des artistes plus que les vieux papiers. Smith, par exemple, est un véritable trésor sur les maîtres dont il a fait les catalogues, et de tous les livres sur l’école hollandaise son livre est le meilleur incomparablement.

Ce serait rendre service à l’histoire de l’art, que de former, à côté de chaque musée, comme l’a souvent proposé le bibliophile Jacob, une bibliothèque spéciale où fussent réunis les livres, brochures, revues et journaux, — en toule langue, — contenant des documents relatifs aux arts. Une telle bibliothèque devrait avoir un catalogue raisonné, qui fût à la disposition des lecteurs et qui les renseignât sur le contenu des ouvrages. On sait combien il est difficile d’obtenir, dans les bibliothèques universelles, la communication des livres spéciaux, et encore faut-il déjà être assez initié à la bibliographie pour indiquer le livre dont on a besoin. Le Louvre devrait donner l'exemple de cette institution et ouvrir aux artistes et aux gens de lettres une salle de lecture annexée à la galerie de tableaux.

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