LES PEINTRES D'ARCHITECTURE
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thentique : « Ætatis 40 (c'est l’âge du personnage). A° 1650. À. Palamedes pinæit.» De lui aussi est un buste de jeune fille, signé A. Pala®*®, au musée de Berlin (n° 741). Voilà notre peintre de portraits, lequel est un peu influencé, en ce genre-là, par Aalbert Cuijp. — Le musée de Francfort-sur-Mein possède (n° 225) une Société joyeuse, signée : À. Palamedes, et la galerie du palais Lazienki, à Varsovie, un 7rompette hollandais (n° 26), signé : A. Palamedes 1654. Voilà donc Anton Palamedes peintre de scènes famiiières.
De lui encore paraissent être, au musée de Berlin (n° 817), une Scène de soldats dans une maison de paysans, signée, cette fois : À. G. Palamedes, et un Combat de cavalerie et d'infanterie (n° 982), avec la signature : Palamedess, 1680. Anton Palamedes aurait donc eu un autre prénom commençant par G ; il doublait done quelquefois l’s final de son nom, indiquant par cet s, équivalent à z, que Palamedes est aussi le nom de son père (Palamedeszoon, fils de Palamedes), et il aurait donc peint des scènes de soldatesque et des batailles ?
D'habitude, cependant, on applique le nom écrit Palamedess, ou Palamedesz, à un frère d’Anton. Les catalogues de Vienne et de Munich supposent que ce Stevens Palamedesz, né à Londres, en 1607 suivant Descamps, et mort dans la même ville en 1638, aurait été élève d’Esaias van de Velde; M. Waagen, dans le catalogue de Berlin, le dit « élève de son père
Palamedes. » Le père Palamedes, premier du nom.
était artiste. en effet, excellent ciseleur, et fut attiré en Angleterre, sous Jacques [*, sans doute de 160% à 1607, entre les dates de naissance de ses deux fils.
Le Palamedes IIT, dit Stevens Palamedesz, à fait des Batailles aux musées de Vienne, de Dresde et de Munich; celle de Vienne est signée : P. Pallernedes. À. 1638".
Quoi qu'il en soit de tout cela, qui n’est pas absolument clair, les figures, dans le tableau du musée de La Haye, sont d’Anton Palamedes, le vrai et le bon. Il fut donc ami de van Deelen, lequel était élève de Frans Hals, chez qui probablement Palamedes, comme son style, son exécution et sa couleur semblent l'indiquer, doit aussi avoir étudié.
PEINTRES D'OISEAUX ET D'ANIMAUX. — Melchior de Hondecoeter est superbe, en son genre, au musée de La Haye comme au musée d'Amsterdam. I à ici quatre tableaux : /& Ménagerie de Guillaume LIT, au Loo, château royal, près de La Haye, avec des ani-1
1 Stevens Palamedesz est porté, dans le catalogue de las galerie Eszterhazy à Vienne, comme auteur d’un tableau re4 présentant la Mort de Gustave-Adolphe. — Voir sur les Pas lamedes l'Histoire de van Eynden et van der Willigen, les! Annales de Rathgeber, etc. — Dans le Dictionnaire de M. Siret on trouve: « Antoine Palamede Stevens, frère de Palamede) fut admis en 1636 dans la corporation de Saint-Luc à Delft, et ilen fut doyen en 4673. »
LES PEINTRES DU XVIe SIÈCLE. 281 maux et volatiles de toute sorte ; — le Corbeau dé pouillé des plumes d'autres oiseaux dont il s'était paré ; et deux compositions où s’ébattent des canards et des canetons, des oies et des coqs; le caneton surtout est le triomphe de Hondecoeter.
Jan Weenix, fils de Jan Baptist, n’a pas, d’ordinaire, peint la nature vivante. Son Paysage avec un chevreuil et un cygne, qui ne sont point morts, est donc une rareté, outre que l'exécution en est large et vigoureuse. Un second tableau de fui représente vx Faisan et des groupes de gibier mort.
LES PEINTRES DE FRUITS ET DE FLEURS, — ‘Toujeurs les mêmes : Jan Davidsz de Heem, Mignon, Rachel Ruysch, van Huijsum; et, de plus, vx Vase avec des fleurs, et du Gibier mort, par van Aalst, né à Delft, en 1602, mort dans la même ville, en 1658; inconnu au Louvre.
Les deux de Heem sont très-beaux, surtout wne Table avec des fruits el accessoires; l’autre est vx Feston de fleurs et de fruits. D'Abraham Mignon, il n'y a qu'une Corbeille avec des fleurs ; de Rachel, un excellent Bouquet de fleurs, roses, tulipes, ete., avec papillons et autres insectes; et un second Bouquet, plus petit, — de van Huijsum, deux pendants, peints sur cuivre, Fruits et Fleurs ; Cexquisite productions, » dit Smith.
LES PEINTRES DU XVI* SIÈCLE, — Nous avons dû
commencer par la grande génération du xvu° siècle, qui constitue véritablement l’école hollandaise; 11 faut done maintenant revenir un peu en arriere, depuis Lucas van Leijden jusqu’à Miereveld.
On attribue à Lucas van Leiïijden, ou peut-être, ajoute Le catalogue, à Walter van Assen, qui vécut à Amsterdam en 1517, un tableau original sans aucun doute : « la Fille de Hérodias, ayant la tête de saint Jean-Baptiste sur un plat (n° 83). »
Cette peinture, assez serrée, et d’un caractère mystique, ne ressemble point du tout à Lucas van Leïjden ; mais ce qu'il y a d'étonnant, c’est qu'elle porte en haut sur une banderole, avec la date 4524, un monogramme bien visible : I. AA superposés, et un troisième signe formant une espèce d'H barré au sommet, Immerzeel ({. HT, p. 273) donne précisément ce monogramime comme étant celui de Jacob Cornelisz ou Cornelissen, ce qui ne l'empèche pas de citer ailleurs la Fille de Hérodias, par Lucas van Leijden. Comment ce monogramme, ou plutôt ce po-4 lygramme, avec ses deux À, peut faire Cornelisz, on. ne se l’exphique guère ; on y trouverait plutôt Walter van Assen; mais il aurait dû suffire au moins pour faire écarter l'attribution à Lucas van Leijden.
Un chef-d'œuvre! Portrait d'homme assis devan une table, à mi-corps, de grandeur naturelle, par Antonie Mor, dont le nom fut italianisé et espagn lisé en : Antonio Moro. Cette peinture est à peu pres de la qualité des beaux portraits exposés à Man-
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chester ‘, parmi lesquels était le propre portrait du maître.
Le catalogue de La Haye inscrit 4512 comme date de naissance du Moro, et en cela il est plus près de la vérité que les biographes qui adoptent la date de 1525; mais il se trompe sur la date de la mort — 1568. Du reste, cette date n’est pas connue avec beau-
coup plus de certitude que la date de naissance. Le catalogue de Paris, qui semble avoir raison, dit : en 1581, à Anvers; le catalogue de Vienne dit : en 1575, à Bruxelles ; et dans le catalogue de Berlin, le savant M. Waagen dit : 1582 ?.
Au musée d'Amsterdam, nous avons déjà vu un Massacre des Innocents, par Cornelis van Haarlem (1562-1638). Le musée de La Haye possède aussi une composition du même sujet par le même maître. On la tient, avec raison je pense, pour le chef-d'œuvre de ce demi-ltalien. Les figures sont de grandeur naturelle, C’est correctement dessiné, très-savant, trèsambitieux de haut style; mais peut-être cependant Cornelis eût-il mieux fait de rester chez lui, à Haarlem, que d'aller pasticher les Romains et les Florentins.
Le Louvre n’a rien de van Haarlem, dont le nom n'est pas même cité dans le catalogue de Paris.
1 Voir Trésors d'art, etc., par W. Burger, p. 474 et suijantes.
? M. Waagen écrit le nom du maître de Mor : « Schooret, pour Schoorel, ou Schoorl.
Abraham Bloemaart, son contemporain, préoccupe comme lui de l’art étranger, quoiqu'il n'ait jamais été en Italie, mais seulement en France, est l’auteur d'un grand Festin des dieux et d’un autre tableau; ce n'est pas la peine de s'arrêter à ces insignifiantes peintures.
Du plus fécond des portraitistes, de Miereveld, il n’y à qu'un seul portrait, peint dans sa vieillesse, car il représente le prince Frédéric-Henri et sa femme Amélie de Solms ; enfin, de Paul Moreelse, élevé de Miereveld, il y a deux portraits : Catherine Christine, princesse de Nassau, et une Princesse de Hana.
Divers. — Pour terminer l’école hollandaise. il
ne reste plus à citer que quatre artistes : Egbert van der Poel, un Clair de lune ; — J. de Baan ou de
Baen (1633-1702), un portrait du comte Maurice de Nassau, gouverneur du Brésil, et un portrait du Grand-Pensionnaire de Witt; — Cesar van EverA dingen et Cornelis Troost. |
Cesar van Everdingen, frère ainé du célèbre paysaÆ giste, n'est guère connu. Son tableau du musée d La Haye ne manque pas d’une certaine originalit grossière; 1l représente Diogène cherchant des hoinmes au marché de Haarlem ; les portraits de k famille du Grand-Pensionnaire Steyn se trouven parmi les personnages de la composition. Toutes ce figures courtes et communes sont assez grotesques,