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ÉCOLES ÉTRANGÈRES

On s'accorde généralement à préférer le Holbein devenu peintre de Henri VIE, au Holbein primitif, tel qu'il s'était révélé à Bâle. Pour moi, je n’ai jamais vu en Angleterre de tableaux de Holbein plus parfaits que ceux de sa jeunesse, par exemple que le Bonifacius Amerbach, peint en 1519, — Holbein avait vingt et un ans! — que le Jakob Meter et sa femine, daté 1520, — que le Cadavre du Christ, daté 1521 ,— que les deux portraits de la Courtisane d'Offenburg, — que la Femme et les Enfants de l'artiste, figures de grandeur naturelle, peintes aussi avant l'installation en Angleterre, — tous chefsd'œuvre conservés au musée de Bâle, et qui constatent la première manière du profond portraitiste allemand.

On attribue aussi «à Holbein ou à son école » un portrait d'Érasme, qui semble très-bon ; mais on le voit trop mal pour juger de son authenticité.

Apres le Dürer et les Holbein, les autres Allemauds ne signifient rien : & Burry, un Cupidon ; » qu'est-ce que ce Burry? — Adam Elsheimer, de Francfort-sur-Mein, deux petits paysages, sur cuivre; — Rotienhammer, de Munich, /a Chute de Phaéton. également sur cuivre; — et Johann Heinrich Roos, père de Rosa di Tivoli, un Paysage montagneux avec des bestiaux, peinture assez faible, signée Z. Æ. Roos fecit, 1670 ; le Jet l'H annexés à l'R et formant monogramme.

Les Francais, — As ne sont que quatre : Claude

Lorrain, Guaspre Dughet, Sébastien Bourdon, Joseph Vernet.

Le Paysage italien aîtribué à Claude peut être de Jui, mais il a beaucoup poussé au noir et le ciel est entièrement repeint.

Le paysage de Guaspre — s’il est de lui — est précédé de cette notice sur l’auteur : « POUSSIN (Gas- PARD pu GuET, dit LE), né à Andelys, en 1594, mort à Rome, en 1665. » Si le catalogue entend signaler ie grand Nicoias Poussin, comme les dates et le lieu de naissance le feraient supposer, pourquoi embrouille-tl là dedans Guaspre Dughet? C’est ainsi qu'en Hollande on connaît l'histoire de l’art français. Ilest vrai qu’en France on le rend bien à l’art hollandais. Ne serait-il pas bon enfin de ne plus se débapüser ainsi de peuple à peuple !

Le Sébastien Bourdon représente les Quatre partes du monde se partageant un butin ; le paysage de cette allégorie est «dans le style de Poussin » (de Gaspard du Guet, dit le Poussin, né 4 Andelys?). Tableau vrai; peu intéressant.

Les deux Joseph Vernet, une Tempête et une Cascade, sont très-notables pour ce peintre secon— daire. Dans une excellente étude sur Joseph Vernet, publiée par la Revue universelle des Arts (t. VE, p: 395), M. Léon Lagrange se demande si la Tempête du musée de La Haye ne seraït point « la première pensée » d'une grande Tempête, récemment retrouvée avec d'autres Vernet à la Rochelle. Mais le

ÉCOLES ÉTRANGÈRES. 307 tableau de La Haye n'est point une première pensée, ni une esquisse, ni un tâtonnement quelconque. C’est une peinture très-arrêtée et très-froide, exécutée et terminée avec le soin banal et les détails stéréotypés qu'on trouve dans les meilleures œuvres de cet habile fabricant de marines à tant la toise . La Cascade en pendant offre les mêmes qualités, si qualités 11 y a, et il y en a sans doute aux yeux des amateurs de l’école francaise.

Les Espagnols.— Quatre aussi : « Valasquez (sic), né en 459% » (il faudrait en 1599); — « Bartholome Este de (sic) Murillo (ce n’est plus, du moins, Mortllos, comme au musée d'Amsterdam), né en 14613, mort en 1685 » (il faudrait 1648-1682), — Escalante et « Math. Cereso. »

On voit que les noms espagnols ne sont pas mieux traités que les noms français dans ces catalogues étonnants.

Le Velazquez peut être accepté, mais dans un ordre tout à fait inférieur : « Portrait de Charles Balthazar, fs de Philippe IV d'Espagne, à l’âge de onze ans. » Le petit prince est en pied, de grandeur naturelle, botté, armé, équipé et attifé, comme il convient à Sa Hautesse. Velazquez, heureusement, l’a peint d'autres fois, avec son incomparable magie. Sur celui-là, passons.

1 Probablement ces deux Vernet faisaient partie de la dou-

zaine de tableaux exécutés pour le stathouder, suivant M. Dussieux (es Artistes français à l'étranger, p. 254),

Mais je crois bien qu'on pourrait attribuer à Velazquez, sans trop de hardiesse, un superbe paysage porté à un maître inconnu (n° 211). Tout ie monde, du moins, y reconnaîtra son école. A droite, trois grands arbres, un chasseur debout, ie fusil sur Fépaule, et tenant une perdrix; quelques autres figures, des chiens, du gibier mort. Au milieu, une femme accroupie et des poissons. De petits personnages s’aperçoivent encore à des plans reculés. Fond de montagnes et ciel nuageux. Exécution libre et généreuse, couleur magnifique.

Les deux Murillo méritent qu'on s’y arrête un peu, car on ne rencontre pas dans le Nord beaucoup de ces merveilleux poëtes du Midi.

Un Berger espagnol (n° 209), buste de grandeur naturelle, la tête de profil en l'air, est peint dans la manière la plus vigoureuse et la plus expressive du maître, quand il combinait la violence de Ribera avec l'ampleur harmonieuse de Velazquez. Vrai morceau d'artiste, qu’on aimerait à avoir dans un atelier,

La Vierge avec l'enfant Jésus (n° 208) rappelle toutes les compositions analogues de Murillo. La madone glorieuse, assise sur des nuages et tenant sur ses genoux l'enfant debout, de face, tout nu, resplendit au sein de la Jumière céleste ; une draperie verte enveloppe ses flancs et ses jambes ; son corsage est d’un rose fleur de laurier. Tout le haut du fond éblouit par des rayons d’or. Les figures sont de grandeur naturelle. Le tableau a donc beaucoup d’impor-

ÉCOLES ÉTRANGÈRES. 309 lance, sans être néanmoins d’une qualité distinguée dans cette manière vaporeuse. La toile peut avoir 8 pieds de haut.

Ïl y à encore, selon moi, un troisième Murillo, catalogué avec assurance comme étant de « Carracet (Augustin), né à Bologne en 1555, mort en 1619 » Gil faudrait 1557-1602). Les rédacteurs du catalogue ne connaissent pas mieux la peinture d’Agostino Carracci que les dates qui le concernent, car le paysage qu'on lui attribue n’a rien, absolument rien, de ce maitre, ni de l’école bolonaise en général.

En avant d’un site très-pittoresque, une bergère en jupon rouge, précédée de quatre chèvres, traverse un ruisseau. Le long du chemin à droite s’en va une femme montée sur un cheval blanc. À gauche, assis au bord d'un bois, un pâtre se déchausse pour passer l'eau. Dans une allée sombre se perd un petit cavalier. De grands arbres des deux côtés encadrent tout le premier plan et laissent voir à l'horizon, vers le milieu, un fond de montagnes azurées. C’est dans le ton de ces montagnes surtout, dans la perspective aérienne, dans la touche large et facile du ciel, dans les qualités de couleur locale, dans les gris perle, dans les blancs onctueux, qu’on retrouve incontestablement Murillo. Que la direction du musée consulte autour d'elle et elle se décidera à faire passer son faux Agostino Carracei dans la catégorie des Espagnols.

De l’Escalante le catalogue n’est pas sûr, et il fait

preuve de réserve en inscrivant que la Bohémienne (n° 207) est «par ou d’après » le maître de Cordoue.

Mais la Madeleine pénitente, de Mateo Cerezo, est une très-belle œuvre de ce maître un peu hétérogène, composé de Murillo et de van Dyck, et un des derniers représentants de la grande école de Madrid. Il à de la morbidesse, du charme, une couleur harmonieuse, une certaine mélancolie. Sa pécheresse deminue, la tête de profil, s’abime, avec toute la superstition espagnole, devant un crucifix et une tête de mort. Quelques draperies, blanches et bleues, sont bien agencées pour faire valoir les tons de chair. La figure, à mi-corps, est de grandeur naturelle.

Il faut encore, suivant moi, ajouter aux Espagnols un grand Portrait de l'empereur Charles- Quint (n° 258), catalogué aux «Maîtres inconnus de l'école italienne, » mais qui paraît être de l’école de Velazquez. Belle peinture, frottée et usée, malheureusement.

Les Italiens. — Sur les trente-neuf tableaux 1taliens on doit retrancher d’abord les copies reconnues telles par le catalogue : une Sainte Famulle, d'après Annibal Carrache ; une Madone et un Jésus au jardin des Oliviers, d'après Correggio; une Tête de Christ et une Tête de femme, d'après Carlo Dolci;

une Sainte Cécile, d’après le Dominiquin; une 4

Cléopâtre, d'après le Guide; la Circoncision, d'après

le Parmesan; une Vénus, une Sainte Furniile, une

Sainte Barbe, d'après Raphaël ; une Madone, « par, à

ÉCOLES ÉTRANGÈRES. 341 ou dans le genre de » Titien;, peinture vénitienne, où il y a de belles parties ; [Enfant Jésus et saint Jean se faisant des caresses, «de l'école » du Vinei ; mauvaise copie par un Flamand.

J'ajouterai ensuite d'autorité parmi ces copies les lableaux suivants, enregistrés comme originaux : /a Tète du Sauveur, d'après Pris Bordone; Saint Sébastien, d'après le Guerchin; la Mort d'Abel et un Cupidon, d'après le Guide; le Martyre de saint Côme et de saint Damien, d'après Paolo Veronese.

Puis il convient de glisser sur les tableaux douteux ou insignifiants : /’Adoration des mages, attribuée à Carlo Cagliari, fils de Paolo; peut-être; — la Vierge, attribuée au Cambiaso; non; — une Vierge avec l'Enfant, atribuée au Cortone ; le tableau est original, mais semblerait plutôt de l’école espagnole ; — l’'Annonciation, attribuée à Solimene ; contestable ; — un Portrait de magistrat, altribué au Tintoretto; c'est très-laid et indigne du maitre.

Éclaircissons encore la liste, en donnant une simple mention des tableaux vrais, mais sans grand intérêt pour l'art; — Luca Giordano : les Servantes du peintre, faisant de la musique; Vaillante et spirituelle peinture de l’improvisateur napolitain ; — Filippo Lauri : Paysage avec des fiqures ; les figures sont de lui assurément ; le paysage est-il aussi de lui? bon tableau original ; — Fabricio Santafede : une excellente Sainte Famille dans un paysage ; —

Sassoferrato : une Madone, assez bonne pour ce mauvais peintre.

Que reste-t-il à présent? comptons : — quatre tableaux à examiner, et huit Salvator Rosa, tous vrais, la plupart superbes.

On est fort embarrassé devant un chef-d'œuvre de la vieille école vénitienne : la Vierge assise sur le piédestal d’une colonne tient sur ses genoux l'enfant Jésus; trois saints sont à sa droite et trois autres à sa gauche. Les figures ont presque la grandeur naturelle. Le caractère des têtes, la précision du dessin, la solidité du ton général, tout se rapproche de Giovanni Bellini et tient à son école. Un fin connaisseur des maîtres italiens, s’il y en a, pourrait ratifier ou infirmer l’assertion du catalogue. Quant à moi, je mets un point d'interrogation : — ?

Même embarras devant une Sainte Famille, attribuée à fra Bartolommeo. Grande tournure , des parties magistrales, du sentiment et de l'élégance. Ce n’est point une copie. Est-ce fra Bartolommeo ? Encore : —? re

Lodovico Mazzolini, que le catalogue appelle Harino, par corruption sans doute de Vasari, qui l’appelait Malino. Ici, point de doute, je pense. Ce Massacre des Innocents, en petites figures, est un très-bel original d’un maître très-rare et très-précieux. J'y ai vainement cherché une signature, une date, une inscription quelconque, dans l'espoir de découvrir le fameux mot zexar de la signature du

ÉCOLES ÉTRANGÈRES. 313 lableau de Berlin, ou le z de la signature du tableau de Manchester". Car ce zENaR mystérieux a fait baptiser le peintre du nom de Gennaro par Zani, tandis que le rédacteur du catalogue de Paris tient que ZENAR désigne évidemment le mois de janvier. Si ZENAR se trouvait encore, par bonheur, sur le tableau de La Haye, il serait prouvé désormais que Mazzolini ne peignait qu'au cœur de l'hiver.

Carlo Cignani, élève de l’Albane : Adam et Eve dans le paradis terrestre; figures nues, de grandeur naturelle, mi-couchées au milieu d’un paysage. La tentatrice, tentée elle-même par le serpent enroulé à un arbre, présente à son innocent époux le fruit défendu. Pomme maudite, que Guillaume Tell a bien fait de percer de sa flèche, en présence de Gessler ! N’avait-elle pas déjà causé dans l'Olympe des jalousies et des dissensions entre les trois belles déesses expertisées 2x2 naturalibus par l’heureux berger Pâris !

Ce tableau du Cignani est albanesque au possible, maniéré, doucereux, mystagogique et érotique. Un chef-d'œuvre dans son genre, et qui a les honneurs de la place centrale dans le salon des Italiens. IT ferait une drôle de mine à côté de la Lecon d'anatomie de Rembrandt ! Mais il ne faut pas oublier cependant que nous somimes, au temps de Cignani, en pleine

{ Voir Trésors d'art, elc., par W. Burger, p. 106 et suivantes.

décadence du grand art catholique, mythologique, apostolique et romain.

Salvator, qui pourtant était contemporain de Cignani, console un peu de ce maniérisme dépravé. Il a de l'originalité et de la force. Un sauvage parmi des eunuques. S’il fait Prométhée, son Prométhée est un homme qui se débat contre le bec de Jupiter. S'il fait Sisyphe, c'est un homme qui porte le fardeau de la Fatalité; toujours la lutte de la liberté humaine contre la volonté des mauvais dieux. Son Prométhée, en torse de grandeur naturelle, est de la plus valeureuse exécution. Le Sisyphe, qui sert de pendant, a moins de feu, quoiqu'il soit « aux enfers, » et la couleur en est plus sèche. Savante académie toutefois, et comme on n’a pas réussi à en peindre beaucoup depuis Ribera et Salvator.

Viennent ensuite de Salvator trois autres couples : « deux tableaux représentant des moines dans une grotte; » trois moines dans chaque grotte, les uns en froc blanc, les autres en froc gris, tous assez grotesques el peints avec une aisance, une fougue, une vigueur très-expressives; — deux bons petits paysages, l’un avec un saint Jérôme, l’autre avec une sainte Madeleine ; — et enfin, deux grands paysages, de forme ovale, avec figures. Il n'y en a peut-être pas d’une plus belle manière dans tout l'œuvre de Salvalor.

MALTRES INCONNUS DE L'ÉCOLE ITALIENNE. SOUS Ce

MAITRES INCONNUS DE L'ÉCOLE ITALIENNE. 345 titre sont catalogués treize tableaux auxquels on peut se contenter d'ajouter des observations sommaires : Portrait de femme ; école vénitienne ; — Madeleine en adoration ; copie de je ne sais qui; — Saint Jean l'Évangéliste ; rien ;— Dalila coupant les cheveux de Samson ; faible peinture, de l’école napolitaine ; — une Sainte Famille; insignifiante; — /Adoration des bergers; copie d'après le Corrége, par un Flamand ; — une très-bonne Tête de femme, en medaillon; — l'empereur Charles-Quint ; nous l'avons restitué à l’école espagnole; — Représentation emblématique de l'Amour ; au milieu, un Amour tire une flèche; plusieurs autres figures nues; très-belle peinture de l’école du Corrége, d’un des Mazzuoli peut-être; — Cupidon sur un lit de repos ; faible copie, de l’école bolonaise? — deux tableaux avec des ruines; rien, — La Mort de sainte Cécile, sur marbre noir; l’art n’a rien à voir là dedans ; — et treizièmement, buste d’une Nymphe ; un chef-d'œuvre, de première beauté.

Le buste est nu, de grandeur naturelle, tourné de trois quarts, mais la tête est de face; des perles et des rubans ornent la chevelure. Une draperie rouge est jetée derrière l'épaule. Sur fond d'or.

Malgré ce fond d’or, la superbe liberté du dessin, la perfection plastique de l’ensemble, le caractère de cette beauté point du tout mystique, je ne sais quelle exubérance voluptueuse et irrésistible, {out accuse le plus grand style italien du xvi' siècle.

De qui peut être cette création supérieure ? L'arliste qui à fait cela devait marquer dans n'importe quelle école, même dans la florentine, où il semble avoir étudié. On ne saurait pourtant nommer aucun des maîtres consacrés parmi ceux de Florence, ni de Rome, ni de Parme, ni de Venise. I faut donc mettre ici à la fois un point d’admiration el un point d'interrogation : — !?

Onze numéros consacrés aux € Maîtres inconnus en général » terminent ie catalogue de la peinture. Sauf un mauvais petit Paradis, sur cuivre, de l’école de Breugel, et deux ou trois autres petits barbouillages, ce sont des portraits des princes de la maison de Nassau,

SCULPTURE, — On voit aussi, dans les salles du musée, treize morceaux de sculpture, bronze, marbre el terre cuite, tous bustes, excepté une petite statue de Guillaume LIT, par J. Blommendael, 1676, lequel à fait encore du même personnage un buste daté 1699. Les autres bustes sont ceux de Frédérir- Henri, de Guillaume IT, de sa femme, Marie Stuart, princesse d'Angleterre, et de Guillaume IT, par Rombout Verhulst; tous quatre datés 1683: ceux de Guillaume IV et de sa femme, la princesse Anne d'Angleterre, datés 1733, par J. B. Xaverv : ceux de Guillaume V et de sa femme, Sophe- Wiihelmine, princesse de Prusse; un très-beau bronze de Guillaume le Taciturne, et qui paraît du

SCULPTURE. 317 temps; et deux terres cuites, une de l'amiral de Ruijter, Vautre d’un amiral innommé ; on dirait que ce portrait de l'amiral de Ruijter, qui a les veux fermés, a été moulé sur le mort; puissante tête d’un grand homme, puissamment reproduite, soit par une contre-épreuve de la nature, soit par le génie d’un artiste.

À présent, fermons le catalogue que nous avons analysé jusqu'à la dernière lettre, et repassons en mémoire les érésors de ce musée de La Haye, trop peu connu des artistes de l'Europe.

Rembrandt et Paul Potter, comme on ne saurait les voir ailleurs. La Lecon d'anatomie et le Taureau ne sont-ils pas, avec /4 Ronde de nuit, les Syndics, le Banquet des arquebusiers, du musée d’'Amsterdam, les tableaux les plus importants de toute lécole hollandaise ?

Berchem, Metsu et Wouwerman, dans des exemplaires tout à fait rares et singuliers, et aussi dans des tableaux de leur meilleure qualité.

Gerard Dov, Frans van Mieris, Adriaan van Ostade, Jacob Ruijsdael, Jan Steen, Terburg, Adriaan et Willem van-de Velde, dans plusieurs de leurs chefs-d’œuvre.

Quelques artistes de haute valeur et presque in connus, comme Theodor de Keïjser et van der Meer de Delft. |

Quantité de portraits de ces maîtres : les portraits

de Paul Potter, de Frans van Mieris, de Michel var Musscher, de Gaspar Netscher, d'Adriaan van Ostade, de Jan Steen, de Terburg, etc.

Parmi les étrangers : Dürer et Holbein, Rubens, Jordaens et van Dyck, Murillo et Salvator Rosa.

Tout cela vaut la peine de prendre le chemin de fer, n'importe où l’on soit, — tous les chemins de fer de l'Europe aboutissent maintenant à la Hollande par deux grandes artères, à Cologne et à Anvers, — et de venir visiter La Haye et Amsterdam.

Une fois là, il est bien facile de voir le reste : Rotterdam, Dordrecht, Leyde, Haarlem, Utrecht, et tant d’autres villes où sont disséminés les souvenirs du grand xvu‘ siècle hollandais ; car la Hollande, à l'in verse des pays de centralisation, a manifesté sa vie sur fous les points de son territoire. Partout, des hôtels de ville, des édifices publics, des établissements fondés par association, y témoignent d’une activité généreuse et féconde. Pour avoir une idée du peuple hollandais et de ses arts, il faut l’étudier non-seulement à Amsterdam et à La Haye, mais dans ses autres demeures, au milieu des vastes campagnes, derrière ses digues, au bord de ses fleuves et de ses innombrables canaux.

Comme dit le proverbe russe : Plus on va loin dans la forêt, plus on trouve de bois.

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