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Le Portrait de femme, galerie d’Arenberg, à Bruxelles

5. La Jeune femme écrivant une lettre, collection Dufour, à Marseille. Nous n'avons pas vu ce tableau, que M. L. Lagrange a bien voulu nous indiquer dans la Gazelte des Beaux-Arts; mais, d’après la gravure

au trait publiée en 1809, par Lebrun !, l’authenticité n’est pas douteuse. — Le tableau fut payé 600 fr. à la vente de 1809.

6. Le prétendu Pieter de Hooch, galerie Czernin, à Vienne. Nous ne l'avons pas vu non plus; maïs, d’après des témoignages très-compétents, c'est un

Delftsche incontestable.

Depuis un an, nous avons continué nos recherches, nous avons vu de nouvelles peintures de van der Meer et nous avons recueilli sur lui quantité de documents nouveaux.

Ses œuvres d’abord :

Dans une galerie hollandaise, que nous n'avions pas eu occasion de visiter jusque-là, chez M. Blokhuyzen à Rotterdam, qui a des tableaux très-intéressants, nous avons rencontré la Dentelière, délicieuse petite peinture, haute de 9 pouces, large de 8.

1 À propos de cette peinture, Lebrun juge même assez bien l’auteur : «Ce Vander Meer, dont les historiens n’ont point parlé, mérite une attention particulière. C’est un très-grand peintre dans la manière de Metsu. Ses ouvrages sont rares, et ils sont plus connus et plus appréciés en Hollande que partout ailleurs. On les paye aussi cher que ceux de Gabriel Metsu. Il paraît que Vander Meer s’est particulièrement attaché à bien rendre les effets du soleil; et il y a réussi au point de faire quelquefois illusion.

« Le tableau ici gravé est un des plus capitaux de ce maître ; imitateur fidèle de la nature, il l’a rendue par une couleur vraie et une exécution mocileuse. Cet ouvrage est de l'effet le plus piquant. »

Cette jeune fille, de trois quarts à droite, la tête baissée et vue en raccourci, travaille agilement de ses deux mains sur son métier à longs fuseaux; ces petites mains en action sont dessinées avec une adresse et une élégance merveilleuses. Sur le métier, il y a du bleu et du rose pâles ; à gauche, un coussin bleu, avec du rouge et du blanc et des franges rouges , et un coin de tapis à grandes palmes.

Le corsage de la fillette est jaune citron , autre couleur affectionnée de van der Meer ; un col blanc en guipure est rabattu sur le beau ton clair du corsage. Une partie du visage est voilée d’une douce et légère pénombre; mais les cheveux d’un blond tendre, séparés par une raie horizontale au-dessus du front et tombant en boucles délicates, sont en lumière. Le fond est un gris perle, très-clair. Signé, comme le tableau d’Arenberg ‘, mais en plus petites lettres : Meer, avec un I, pour Jan, dressé au-dessus du v intérieur de l’M.

La Dentelière, que M. Blokhuyzen tient, je crois, de la vente Nagel à La Haye, a passé dans la première vente Lapeyrière, Paris 1817, catalogue rédigé par M. Pérignon, qui en donna la description suivante : GN° 30. Un Tableau peint avec le plus grand art et où le peintre a su, dans une manière large, rendre le fini de la nature, la différence des objets ,

1 Voir le fac-simile de cette signature et de celle du tableau de La Haye : Galerie d'Arenberg, p. 35 et 36.

le soyeux des étoffes, par la justesse de ses teintes et de l'effet. Il représente une jeune femme, occupée à faire de la dentelle, et entourée de divers accessoiïres convenables à cette occupation. Les tableaux de cet artiste sont extrêmement rares et recherchés. » — Adjugé à 501 francs.

C’est le tableau cité par Gault de Saint-Germain dans sa curieuse notice sur « Méer (Jean Van der), dit de Delft, néà Schonove, et, selon d’autres, à Harlem en 4628, mort dans cette dernière ville en 1694; élève de Jean Broers et de Berghem...»— Schonove est là pour Schoonhaven où naquit un autre van der Meer, élève de Berchem en effet, et que Gault confond avec le van der Meer dit de Delft, à qui il attribue « marines et paysages, » et aussi les historiettes d’un voyage en Italie et autres, qui se rapportent au van der Meer de Schoonhaven. |

Dans une galerie, sur laquelle nous venons de publier un volume, chez M. Barthold Suermondt à Aix-la-Chapelle, encore un van der Meer, catalogué comme Philip Koninck par M. Waagen. On l'avait précédemment attribué à Hobbema, même à van Ruijsdael, et sans doute à Pieter de Hooch. Paysage, cette fois, un petit prodige de lumière et decouleur”.

Mais il y avait un tableau qui nous tourmentait depuis longtemps, pour en avoir remarqué l’indication dans le catalogue de l'ancienne galerie de Salz-

1 Galerie Suermondt, p. 34 et suiv.

VAN DER MEER DE DELFT. 73 thal, où Salzdahlum (par Eberlein, 1776), où il est attribué à Jean van der Meer ({out court), ainsi qu’un paysage sablonneux. Comme la galerie de Salzthal, formée par les ducs de Brunswick, a passé toul entière au musée actuel de la ville de Brunswick, nous avons été voir ce musée, et nous y avons trouvé, sous le nom de Jacob van der Meer (tout court), un chefd'œuvre de notre Jan van der Meer de Delft. Le « paysage sablonneux » y est aussi, sous le nom de «Johann van der Meer, senior ; » excellente peinture, signée, en effet, du Jan de Schoonhaven. Le nouveau catalogue du musée de Brunswick (1859) donne cette signature et même celle de van der Meer de Delft, avec l’I surmontant l'M, comme dans la signature à la galerie d’Arenberg.

Ce tableau de Brunswick est encore tout autre de style, de composition et de pratique, que les tableaux mentionnés précédemment. Il contient trois person nages, dans un intérieur très-élégant. La toile a 2 pieds 8 pouces de haut sur 2 pieds 3 pouces de large. Les figurines ont la dimension de celles de Terburg et de Metsu.

On dirait une des plus charmantes scènes d’un de ces maîtres. Une jeune Hollandaise, assise, de trois quarts à gauche, tenant de la main droite un long vidercome, son autre main finement allongée sur son jupon de soie rose tendre, se retourne vers le spectateur, en riant. Pourquoi rit-elle? c’est qu’un galant gentleman, placé de l’autre côte d’une table à tapis

gros bleu, sur laquelle sont un plat d'argent, deux citrons dont un pelé, une petite amphore de porcelaine bleuâtre et un linge blanc, lui soulève délicatement le bras pour l’exciter à boire. Il est penché en avant, et de sa main aussi en raccourci, on ne voit presque que le bout des ongles. Il n’y à que Rembrandt pour avoir enseigné à van der Meer ce tour d'adresse. Les costumes sont d’une distinction trèsaristocratique : le corsage de la femme est rose du Bengale, comme son ample jupon, mais les manches, jaunes jusqu’au coude, sont brochées d’or. L'homme a un petit manteau gris souris et un grand col blanc. De longs cheveux bouclés — la perruque du temps, sans doute, — encadrent son visage animé par la plus vive passion. Est-il amoureux ? il réussira.

Cependant, à l’autre angle de la table, sur la gauche et dans la pénombre, est un troisième personnage, qui fait semblant de dormir, suivant la description du catalogue. Il boude, c’est sûr. Il est tourné presque de profil, son bras droit accoudé à la table, sa tête appuyée sur la main. Il a un pourpoint gris verdâtre, richement brodé.

La lumière vient d’une fenêtre, mi-ouverte à gauche ; au milieu des compartiments de verre, sont des armoiries coloriées, surmontées d’une madone, également en vitraux de couleur. C’est sur un barreau inférieur de cette fenêtre qu'est la belle signature en toutes lettres.

Au lambris du fond est accroché un portrait

d'homme, assez sombre, et produisant l'effet d’un Rembrandt. A droite, le fond devient d’un gris trèsclair, sur lequel se silhouette le dossier de la chaise où est assise la femme. Le parquet est dallé, comme dans la plupart des tableaux de Pieter de Hooch.

Je ne connais pas de plus délicieux tableau de genre dans toute l’école hollandaise du dix-septième siècle, y compris Terburg, Metsu, Jan Steen et les meilleurs. Ici, van der Meer n'est plus le peintre brusque de son paysage du musée de La Haye; ce qu'il cherche, ce n’est plus la fermeté et le caractère de la Laitière de la galerie Six; c’est la suprême élégance dans cette coquette aux formes fines et allongées, à la physionomie attrayante, voluptueuse, spirituelle. L’exécution est sobre, serrée, sans empàtements, si ce n’est quelques petites touches de rehaut dans les clairs et les accessoires. Terburg n'est pas plus léger de pinceau et de coloris.

Une fois à la poursuite de van der Meer jusqu'à Brunswick, nous avons poussé jusqu'à Dresde, inquiet d’un renseignement que donne M. Waagen, dans une brochure sur le musée de Dresde ‘.

Le n° 1484, attribué à Picter de Æooghe, Jeune fille lisant une lettre près d’une fenêtre, serait de ce «maître si excellent et si rare, que les Hollandais appellent Delfische van der Meer. »

1 Einige Bemerkungen über die Aufstellung, Beleuchtung und Catalogisirung der Koeniglichen Gemaeldegallerie zu Dresden (Berlin, 4858), p. 35 et 36,

Oui, en eflet, M. Waagen, qui s’est trompé à la galerie Suermondt, en attribuant à Philip Koninck l’adorable paysage de van der Meer, a parfaitement raison ici de restituer à Delftsche le prétendu Pieter de Hooch.

Cette autre Liseuse, tenant son papier de ses deux mains, est vue de profil à gauche, presque jusqu'aux genoux, derrière une table à tapis turc en grosse laine, sur laquelle sont des pommes et des pêches dans un plat japonais bleuté. Elle à des cheveux d'or relevés à la chinoise sur le front, avec de longues boucles anglaises tombant sur le cou; un fichu blanc dans un corsage jaune bariolé de lignes noires; un jupon vert sombre. Sa figure se mire vaguement dans les vitres de la fenêtre mi-ouverte devant elle. Cette fenêtre rappelle celle du tableau de Brunswick, moins les vitraux de couleur. Dans l'angle que forme son battant ouvert, un dossier de chaise brunâtre. Sur le haut du châssis pend un rideau rouge. Le fond est gris, très-clair derrière le dos de la femme, et l'on y devine l'ombre tremblotante de la fenêtre. A droite, du haut en bas, un rideau verdâtre, pendu à une tringle.

Comme manière, c’est bien plus dans la touche et dans le ton de la Laitière de la galerie Six, que dans la fine pratique de la Coquette du musée de Brunswick.

Mais voici bien un autre chef-d'œuvre de van der Meer de Delft, — à ce même musée de Dresde, si cé-

lèbre, et que toute l’Europe artiste doit connaître sans doute ! un tableau de plus de 5 pieds de haut, sur 4 pieds 7 pouces de large, avec quatre figures de grandeur naturelle! Et ce tableau est exposé au plus bel endroit, dans la vaste salle des Hollandais, précisément au-dessus d’un des plus précieux tableaux de toute la collection, du portrait de « Rembrandt tenant sur ses genoux sa femme Saskia! » Et il y fait à merveille ! Et personne, apparemment, n’a été intrigué par ce « Jacob van der Meer, né à Utrecht, » à qui la peinture est attribuée dans le catalogue! Ce Jacob d'Utrecht a toujours été confondu avec le Jan de Schoonhaven, et pour moi je ne connais point ses œuvres. S'il était l’auteur de ce tableau de Dresde, il mériterait place parmi les premiers maîtres de l’école hollandaise.

La scène se passe sur une espèce de terrasse ou de balcon, à la tombée de la nuit. Contre la balustrade, une table à gros tapis de laine brochée de dessins rouges et jaunes sur fond gris. C’est le premier plan du tableau, comme dans les S{aalmeesters de Rembrandt au musée d'Amsterdam. En arrière de la table, à droite, est assise une jeune femme, vue jusqu'à la coupure de la taille, presque de face. Délicieux visage, charmante physionomie sous une grande cornette blanche. Le corsage et les manches sont du jaune citron, particulier à van der Meer; petit col blanc rabattu sur le haut du corsage, un peu entr'ouvert. De la main gauche, elle tient une

le

coupe de forme antique, appuyée sur la table, près d'un gentil pot en grès, à linéaments bleus et avec une anse. Son bras droit est avancé et la main s’ouvre nonchalamment pour recevoir une pièce d’or que lui présente un homme debout derrière elle, un peu penché sur elle, le bras gauche passé autour de son cou, et la main posée à plein sur l'avant du corsage jaune. Il a un pourpoint rouge camélia, du ton du manteau que porte Jan Six dans son portrait par Rembrandt, à la galerie Six van Hillegom, — un chapeau de feutre gris, à larges bords, avec des plumes vertes et jaunes; sa tête en est tout ombragée; ses longs cheveux pendent sur son épaule droite. Costume et tournure des raffinés du temps.

Tout à fait à gauche, un autre homme assis, presque de dos, retourne sa tête souriante, également ombrée par un grand chapeau noir, un peu relroussé en avant, Son pourpoint est noir; sa collerette rabattue est richement dentelée en guipures ; ses manches sont à crevés. De la main droite, il tient une guitare, de la gauche un hanap de vin. Son manteau est jeté négligemment derrière lui sur la balustrade.

Entre les deux hommes, une tête de vieille femme, encapuchonnée de noir, se penche en souriant, avec une curiosité avide, pour voir si la belle courtisane accepte l’offrande de l’amoureux à chapeau empanaché.

Le fond à droite paraît être un pan d'architecture

grise, neutre, toute simple; mais, à gauche, audessus de la tête de l’homme à la guitare, il y a une pereée de ciel, avec un reste de soleil couchant.

Le corsage jaune de la courtisane est peint à pleine pâte et par paquets drus, sans huile, comme les écorces de citron dans les tableaux des de Heem, et c’est devenu un émail profond. La force et Fharmonie de la couleur, le naturel des attitudes, l'esprit des physionomies, la puissance et la bizarrerie de l'effet, tout indique Jan van der Meer de Delft.

J'ai commencé par affirmer l'attribution; après quoi, ayant obtenu de la complaisance de M. Hübner, un des membres de la commission du musée et le rédacteur du catalogue, la haute faveur de monter à une échelle, j'ai découvert, au coin du bas à droite, une grande et magnifique signature : Meer, le premier jambage de l'M, surmonté d’un point, et portant à son extrémité inférieure un petit v; soit Jan van der Meer. Et, ce qui est plus intéressant, une date sous le nom! Ja date 1656; la première qu'on puisse signaler sur une peinture de Delftsche. Elle permet d'en ürer bien des déductions, et d’éclaircir un peu la biographie du sphinx.

Mettons que van der Meer soit né en 1632, comme on le suppose. Le voilà en 1656, à vingt-quatre ans, aussi fort que les maîtres. Et d’où sort-il? Il sort de chez Rembrandt. Ce tableau de Dresde suffirait sel à le prouver. L'homme à la guitare est tout à faii rembranesque. L'audace des tons francs combinés

avec des dégradations prodigieuses de clair-obscur, la sincérité profonde des expressions, la pose de la pâte ferme dans les lumières, les frottis transparents dans les ombres, c'était Rembrandt qui enseignait ces secrets-là. — 1656! C'était juste aussi la bonne époque de Nicolaas Maes, avec qui van der Meer a beaucoup d’analogie; c’est encore l’époque où commençait Pieter de Hooch, cet autre sosie de van der Meer. Pour moi, il n’y a plus de doute que Jan van der Meer de Deifi n'ait travaillé chez Rembrandt, de 1650 à 1655, en même temps que Nicolaas Maes, et probablement que Pieter de Hooch.

Quoi qu’il en soit, nous voilà arrivés pour l’œuvre de van der Meer presque à la douzaine : six déjà cités, plus la Dentelière de la collection Blokhuyzen, de Rotterdam, le paysage de la galerie Suermondt, à Aix-la-Chapelle, la Coguette du musée de Brunswick, la seconde Ziseuse et la Courtisane du musée de Dresde.

Encore pourrait-on ajouter, mais sous toute réserve, une Femme à sa toilette, du musée de Bruxelles, cataloguée comme étant de « Jean-Baptiste Weenix, mort en 1660. » Elle à beaucoup de van der Meer, surtout dans les fonds gris où éclate un rayon de soleil venant par une fenêtre de gauche. Nous avions souvent remarqué que le tableau portait une date cachée en partie sous la bordure. Ayant obtenu de le voir désencadré, nous avons constaté la date authentique 1670, dix ans après la mort du

peintre à qui le catalogue l’attribue! Il semble même qu'il y avait, avant les chiffres, un nom ou un monogramme, illisible aujourd’hui.

Je croirais bien aussi qu’il doit y avoir des van der Meer en Angleterre, quoique je n’en aie jamais découvert dans les nombreuses collections que j'y ai visitées. Mais un grand connaisseur de mes amis se rappelle en avoir vu un, à l'exposition de l’Institut Britannique, vers 1850.

Maintenant, rassemblons les notes que nous avons extraites de quelques vieux livres.

Dans sa Description de la ville de Delft (Beschriving der stad Delft), van Bleijswijck parle de «Johannes Vermeer de Delft. » Vermeer est assurément une contraction ou abréviation de van der Meer. Selon van Eynden et van der Willigen, dans leur Histoire des maîtres hollandais, van der Meer vivait dans sa ville natale (Delft), et y travaillait encore en 1667, mais il était mort en 1696, comme le prouve la date de sa vente faite à Amsterdam le 16 mai de cette année-là.

Le détail de cette vente est consigné dans Naamlijst van schilderijen (Liste de peintures), etc., de Gerard Hoet, t. I”, et c’est le document le plus précieux sur les œuvres de van der Meer. On y trouve le titre de vingt et un tableaux de lui, savoir : «N°1. Une jeune femme qui pèse de l'or dans une petite cassette. par Jan van der Meer de Delft (voilà le nom authentique); peint avec un art et une puissance

extraordinaires; 455 florins. — 2. Une servante qui verse du lait (c’est la Laitière de la collection Six) ; excellemment bon ; 175 fi. — 3. Le portrait de Vermeer (voilà la variante du nom), dans une chambre, avec plusieurs accessoires; peint par lui-même;

extraordinairement bien; 45 fl. — 4. Une jeune femme jouant de la guitare; 70 fl. — 5. Un seigneur dans une chambre; adroit et rare; 95 fl. — 6. Une

jeune femme jouant sur le clavecin dans une chambre, avec un monsieur (sic) qui l'écoute; 80 fl. — 1. Jeune femme prenant une lettre d’une servante (c’est le tableau appartenant aujourd'hui à M. Dufour, de Marseille); 70 fl. — 8. Une servante ivre, dormant près d’une table; 62 fl. — 9. Société joyeuse dans une chambre... ; énergique et bon; 73 fl. — 10. Un monsieur et une jeune femme faisant de la musique dans une chambre; 81 fl. — 11. Un soldat avec une fillette (merysje) qui rit; très-beau; 44 fl. — 12. Une jeune demoiselle (7uffertje) qui travaille à l'aiguille (c'est la Dentelière de la collection Blokhuyzen, à Rotterdam); 28 fl. — 13. La ville de Delft en perspective, vue du côté du sud (c’est le vigoureux tableau du musée de La Haye ‘); 200 f.

1 Dans le 447 volume des Musées de la Hollande, en parlant de ce tableau du musée de La Haye, nous avons omis d’en donner une description détaillée et d’y ajouter certains Gocuments traditionnels,

Au premier plan, une bande de terrain, puis un canal, de travers en travers, avec des bateaux, puis un quai le long des

— 1%, Vue d’une maison à Delft (c'est le second tableau de la collection Six van Hillegom); 72 fl. 410 st. — 15. Vue de quelques maisons (serait-ce le paysage, avec deux maisons, de la galerie Suer-

bâtiments de la ville, une vieille porte en arcade, des maisons de diverse architecture, des murs de jardin avec des arbres, et un ciel gris argentin, qui rappelle Philip Koninck, ainsi que le ton de l’eau. Sur le terrain en avant, vers la gauche, deux figurines de femmes debout; l’une, de dos, en noir, fichu et bonnet blancs ; l’autre, presque de face, panier au bras, les deux mains sous son tablier bleu foncé, corsage et manches citron, fichu blanc à deux pointes, bonnet blanc. Près du bateau, tout à gauche, deux citoyens à grand chapeau, l’un tout en noir, de dos, l’autre en brun, causent avec une femme en caraco et bonnet noirs; un peu plus loin, une servante qui porte un baby. Ces deux groupes sont les principaux; mais, outre ces six personnages, il y a encore, de l’autre côté de l'eau, sept à huit figurines, adroitement tournées, dont une femme en caraco rouge et un homme sortant de la porte de ville. L’harmonie de ces tons rouges, verts, bruns, jaunes, noirs et gris, est merveilleuse.

Smith, au n° 59 du catalogue de Hobbema, donne les renseignements suivants : « Le Delfische van der Meer, du musée de La Have, fut acheté de la famille Kopps, en 1816 (avec la Vue du château de Brederode de Hobbema, daté 4667, figures, par Lingelbach, trois canards et deux oies par Wijntranck, aujourd'hui chez Robert Peel), par M. Thomas Emmerson, pour 8,000 florins, à condition qu'ils passeraient à la vente qu'on faisait alors des biens de la famille; en quelle occasion le Hobbema fut acheté 7,500 florins par un gentleman hollandais (payé plus tard, 4825, par Nieuwenhuys, 22,000 fr.), et le van der Meer de Delft, 3,700 florins, par le roi de Hollande, »

mondt?); 48 fl. — 16. Jeune femme écrivant; trèsbon; 63 fl. — 17. Jeune femme qui se pare (ne serait-ce point la Femme à sa toilette, du musée de Bruxelles?) ; très-beau; 30 fl. — 18. Jeune femme jouant au clavecin; 42 fl. 10 st. — 19. Un portrait, en costume antique; extrèmement adroit; 36 fl. — 20. Encore un dito Vermeer, 17 fl. — Et 21. Le pendant, 17 fl. »

La même année, 1696, dans une autre vente à Amsterdam, on trouve «une nature morte (Stilleven, nature tranquille), par Vermeer; 4 fl. 5 st. » — Est-ce du peintre delftois? Ou ne serait-ce point plutôt du van der Meer, à nous inconnu, qui a signé un tableau de fruits au musée de Vienne (p. 90 du catalogue) : B, v. der Meer. 1659?

Puis, en 1699 : « Une femme assise, avec beaucoup d’emblèmes (beteekenisse), représentant le Nouveau Testament, par Vermeer de Delft; vigoureusement et chaleureusement peint; 400 f1. »

En 1701 : « Une Peseuse d’or (sans doute le n° 1 de sa vente en 1696), de Vermeer de Delft; 413 f1.; — et une Laitière (le n° 2 de la même vente), très- “énergiquement peinte; 320 f1. »

En 1705, 1706, 1708, 1712, on rencontre divers tableaux par Jan van Meer, Jan van der Meer, Jan Vermeer, Vermeer le vieux; mais ce sont tous des paysages, probablement par les autres van der Meer, dont ie nom, cornine on voit, est aussi écrit indifféremment : Vermeer, ou van der Meer.

En 1712 : « Une petite femme qui lit dans une chambre (est-ce la Liseuse du musée de Dresde, ou notre Liseuse du musée van der Hoop?), par van der Meer de Delft; 410 1. »

En 1713, Rotterdam : « Un savant Mathématicien, par van der Meer (tout court, mais, au sujet et au prix, on doit supposer que c’est du Delftois); — un dito, par le même; — ensemble : 300 f. »

En 1714 : &« Un Joueur de clavecin dans une chambre, par Vermeer de Delft; habilement peint; D9 fl. »

En 1718 : « La femme symbolisant le Nouveau Testament (c’est le tableau vendu 400 fl. en 1699), par Vermeer de Delft, 500 f1. »

En 1719 : «La célèbre Laitière (encore le n° 2 des ventes de 1696 et de 1701, et qui passa, plus tard, dans la collection Jacob de Bruijn), par Vermeer de Delft; 126 fl. »

En 1720 (vente Hendrik Sorgh) : « Un Astrologue, par Vermeer de Delft; extra-beau; — et le pendant (sont-ce les deux Mathématiciens de la vente de 17137), non moindre, — ensemble : 160 f1. »

En 1729 : « Deux Astrologues (encore les mêmes, probablement) ; magistralement et habilement peints, par Delfze van der Meer; 104 fl. »

En 1730, Rotterdam : « Jeune femme assise à écrire une lettre, pendant qu'une servante, debout, attend, par van der Meer ; 155 fl.» — Quoiqu'il n'y ait pas le Delftsche caractéristique, ce tableau est cer-

tainement le n° 7 de la vente de 1696, aujourd’hui chez M. Dufour, à Marseille, — Cette fois, nous avons, de plus, les dimensions en mesure hollandaise; H. 2 pieds 3 pouces. L. 1 pied 11 pouces 1/2.

En 1735 : «Une chambre où est une petite femme représentant le Nouveau Testament; très-habilement peint par Delfsch van der Meer; 53 fl. » — Il est difficile de croire que ce soit le même tableau vendu 400 fl. en 1699 et 500 fl. en 1748. Le peintre aurait donc fait deux fois le même sujet?

En 1736, à Delft (collection J. van Loon) : « Une petite femme assise qui boit et un homme debout, par van der Meer (sans plus); H. 2 p. 2 p. L. 2. p. 6 p.; 5211. »

En 1749 : « Une dame dans sa chambre, faisant ses dévolions, avec beaucou p d'accessoires, par Delfse van der Meer; aussi | bon qu'un Eglon van der Neer (je le crois bien ! et sans doute beaucoup meilleur) ; H.4p.1p. L.3.p. 3p.; 70 fl»

En 1765 : « Une petite Cuisinière, avec beaucoup d'accessoires (c’est peut-être encore la Laitière de la galerie Six); puissant de lumière et d'ombre, énergiquement peint, par Delfse van der Meer; sur bois; H. 17 p. 1/2. L. 15 p. 4/2; 560 fl.»

En 1770, dans la collection de Hendrik van Slingelandt, bourgmestre de la Haye : « Une jeune femme qui écrit, par J. v. d. Meer de Delft (c’est encore le tableau de Ja collection Dufour, comme le

VAN DER MEER DE DELFT. 87 prouvent les dimensions données par le catalogue); H. 27 p. L. 24p.»

Des catalogues plus récents fournissent encore d’autres indications.

A la vente du célèbre cabinet de Jan Danser Nyman, dirigée par Ploos van Amstel, Jan Yver et autres, Amsterdam, 4797, il y avait trois van der Meer !

« N° 167. Intérieur avec un philosophe assis à une table couverte d’un tapis; devant lui, quelques livres. De la main droite, il touche à un globe céleste posé sur la table. Artistement et naturellement peint. I. 20 p. L. 17 p. Sur toile. » — Vendu à Pitdemeeëster, 270 fl.

« N° 168. Intérieur. Près d’une fenêtre vitrée, devant une table couverte d'un tapis et sur laquelle est étendue une carte géographique, un homme tepant de la main droite un compas, la gauche appuyée sur la table; au fond, sur une bibliothèque pleine de livres, est un globe. Artistement et magistralement peint. Mèmes dimensions, sauf 4 pouce de plus en largeur. » — Vendu à Josje, 433 florins.

Ces deux tableaux sont sans doute les Philosophes ou Astrologues des ventes de 1713, 1720, 1729.

« N° 169, Une jeune femme jouant au clavecin (sans doute le n° 48 de la vente de 1696). Au lambris sont accrochés des tableaux. Très-beau d'exécution. ET. 20 p. L. 17. Sur toile. » — Vendu à Berg, 19 f.

A la vente Lebrun, 1809, était la Jeune femme

qui écrit (aujourd’hui collection Dufour); mais, à une vente précédente, 28 septembre 1806, Lebrun avait un autre van der Meer : «N° 94. L'intérieur d’une chambre, où l’on voit un jeune homme assis, vêtu de noir dans le costume espagnol, écrivant une lettre sur une table couverte d’un tapis de Turquie, placée devant une croisée ouverte; dans le fond, sur la muraille, l’on voit un tableau représentant un paysage et des animaux, qui semblent être de van der Does. Une iumière ferme et piquante, une couleur riche, rappellent les beaux ouvrages de Metzu. Quelques personnes ont attribué ce tableau à Pierre de Hogger. H. 20 p. L. 15 1/2. » — Vendu 480 fr.

Enfin, à la vente Brentano, dirigée par de Vries, Brondgeest, etc., Amsterdam, 1822 : &N°209. Dans un intérieur bourgeois, une ‘femme occupée à peler des navets; près d'elle, un enfant au berceau; de l'autre côté, un homme assis et lisant. Naturel de ton et largement peint. Sur bois. H. 5 palmes 9 pouces. L. 4 palmes 9 pouces. » — Acheté par de Vries, 701 florins.

Outre la douzaine de van der Meer, aujourd’hui authentiqués, en voilà donc encore une ou deux douzaines à reconnaître. Si incomplets que soient les documents susindiqués, encore peuvent-ils aider à retrouver ces œuvres égarées. Bon courage aux dénicheurs de raretés !

ADRIAAN VAN DE VELDE. — Nous nous sommes

laissé entraîner par la série des artistes qui adhèrent plus ou moins à Rembrandt, quand nous aurions dû parler tout d’abord d’un chef-d'œuvre incomparable, le plus précieux et le plus cher du musée van der Hoop. A lui seul il payerait les fameux frais de succession qui furent si difficiles à parfaire. Oui, 50,000 florins! 4,000 livres sterling; il vaut cela et davantage. On ne manque pas de millionnaires qui en donneraient cette somme, et je leur souhaiterais de transmuter toutes leurs richesses fictives, — par une alchimie très-spirituelle, —- en réels trésors d’art comme le « paysage dans lequel se trouvent les portraits d’Adriaan van de Velde et de sa femme » (n° 126 du catalogue).

C'est vers l’automne, par la sérénité d’une belle soirée. Il fait bon, après le travail de l'atelier, aller respirer le grand air dans une campagne où il ya des bois, des collines, de l’eau et des prairies. Adriaan van de Velde, qui aime tant la nature, est venu par là, — on dirait les charmants environs de Haarlem, — en promenade avec sa femme. Il est debout, de face, très-simplement, mais élégamment vêtu de brun, avec un rabat blanc, son chapeau sous le bras gauche, la main droite appuyée sur sa haute canne, à la mode du temps. Il à les cheveux châtains, assez longs, une petite moustache, la bouche bienveillante et d’une expression fine, le nez droit, l'œil bleu clair, extrêmement doux et intelligent, le globe de la prunelle bombé, le front pas très-haut, mais modelé en

relief autour des sourcils; la tête de ceux qui voient bien et qui sont adroits à faire. Un gentil garçon, délicat, nerveux, distingué; une organisation un peu féminine, qu'on aime tout de suite; et si généreux de son talent avec ses confrères ! donnant aux uns et aux autres ses cavaliers et ses chasseresses, ses voyageurs et ses bergers, ses carrosses et ses charreltes, ses vaches fauves et ses chèvres blanches.

Sa femme aussi a une bonne figure, naïve et franche, le front arrondi, l'œil bien ouvert, le nez un peu retroussé et malin, — à la Roxelane, comme on disait, je crois, jadis. Elle est debout, presque de face, à la gauche de son mari. Sa toilette coquette a beaucoup de sans-façon : une petite cornette en arrière sur le chignon, un fichu blanc noué autour du cou, une mantille noire, le corsage brun argentin, la robe, d’un rouge vif, mi-retroussée sur un jupon cramoisi; des gants longs, de couleur cendrée, et les deux mains croisées contre la taille.

Oh! les braves gens, calmes et harmoniques, et contents d’être au monde, ensemble, et avec leurs enfants! ils en ont deux, quoiqu’Adriaan soit encore bien jeune : vingt-huit ans'; sa femme est du même

1 Je n'avais jamais été bien sûr, quant à moi, que la date de naissance d’Adriaan, universellement acceptée, 1639, fût exacte, car je connais de lui deux tableaux signés et datés 4655 : l’un au musée de Rotterdam, et il en Sera parlé dans l’étude sur ce musée; l’autre au musée de Berlin, paysage avec animaux, n° 903 a, Adriaan n'avait donc alors que seize ans;

ADRIAAN VAN DE VELDE,. 91 âge à peu près. Leur petit garçon, d’environ sept ans, vêtu absolument comme le père, est debout, de face, un peu en avant. Il tient en laisse un chien de chasse, bel épagneul blanc marqué de roux, qui veut boire à une fontaine. Son chapeau souple est jeté par terre entre ses pieds et ceux de la mère. L'autre enfant, une toute petite fille, portée par sa nourrice assise sur un tronc d'arbre renversé au premier plan à gauche, joue avec des fleurettes. Cette servante, vue presque de dos, la tête de profil, a un corsage jaune serin, un jupon bleu et un tablier blanc. Autour d'elle, des souches et des broussailles; un peu plus loin, une espèce de haie qui borde la route,

cela se peut. Mais voici qui est plus étonnant : parmi les eauxfortes d’Adriaan, il y en a plusieurs et d’importantes, avec la date 4653 (voir Catalogue Rigal, par Regnault-Delalande, Paris, 4817), Il aurait donc gravé à quatorze ans; cela se peut encore. Lucas de Leyde était un grand artiste avant d’avoir atteint cet âge-là. Cependant on n’a pas conservé heaucoup de peintures et de gravures par des boys de quatorze à quinze ans.

Le portrait du musée van der Hoop est d'autant plus précieux, qu’il rassure sur les doutes relatifs à l’époque de la naiïssance d’Adriaan. La date 4639 est probable, quand on voit son air de jeunesse en 1667. Sans regarder aux chiffres inscrits sur la peinture, on dirait tout de suite du personnage : c’est un homme de vingt-huit à trente ans. Ainsi, la date exacte de la naissance, si elle n’était pas 4639, ne s’écarterait pas beaucoup de cette année-là. Ce charmant artiste a donc été un enfant prodige, faisant déjà de petites merveilles avec la pointe et le pinceau, à l’âge de quatorze, quinze et seize ans,

au pied de terrains montueux et sablonneux, couronnés de grands arbres.

Sur le chemin, au second plan, derrière Adriaan qui occupe le milieu, est la voiture qui les a amenés, sorte de char découvert, à quatre roues et à dossiers rouges, et attelé de deux bons chevaux blancs pommelés, dont un domestique habillé de gris arrange les harnais. Sur le même plan, tout à fait à droite, un berger couché sur l'herbe, une douzaine de moutons et une chèvre. Tout ce côté droit du paysage est assez

“uni et plein de lumière. Au delà du chemin vague

où est la voiture, on aperçoit des prairies, avec de petits troupeaux, les sinuosités d’une rivière, une maison presque cachée par des bois et une bande lointaine d'horizon.

La signature À. V. Velde, 1667, est au bas à gauche. La toile a 4 pieds 8 1/2 pouces de haut, sur 5 pieds 7 pouces de large; Adriaan n’a jamais fait que deux ou trois tableaux de cette proportion. Les figures principales ont plus d’un pied de haut. Payé 10,500 florins à la vente van der Pals, Rotterdam 1824, par M. Nieuwenhuys, qui, à sa vente à Londres en 1833, le retira au prix de 1,310 guinées et le vendit ensuite à M. van der Hoop. Les bons tableaux ont bien augmenté depuis près de trente ans. A la vente du cardinal Fesch déjà, le marquis de Hertford à payé environ 50,000 francs l’'Émigration

1 Trésors d'art, p. 308 et suivantes.

de Jacob, qui est loin de valoir ce tableau avec les portraits du maître et de sa famille.

La plupart des peintures d’Adriaan, exécutées sur des préparations foncées, ont poussé au noir dans les ombres et bleui dans les feuillages. Celle-ci est trèsclaire et le ton général ne paraît pas avoir beaucoup changé. Il avait pris sans doute ses précautions pour sauver son chef-d'œuvre, travaillé avec un amour scrupuleux. Le paysage a les fines délicatesses de Wijnants, qu'il rappelle beaucoup dans ses meilleurs tableaux, mais avec plus d’ampleur et d'harmonie. Les figures sont exquises. Smith (n° 100), malgré sa concurrence avec Nieuwenhuys, est obligé de faire un éloge enthousiaste de cette « production, la plus capitale du maitre, incontestablement. »

Le musée van der Hoop possède un autre Adriaan van de Velde, d’égale qualité à peu près, quoique de moindre importance. C’est, je crois, le Rendez-vous de chasse qui a passé dans plusieurs collections célèbres: Randon de Boisset, 14777, 5,000 fr.; duc de Chabot, 1787, 3,981 fr.; prince Galitzin, 1825, 16,001 fr.; M. Francillon, 1828, 10,000 fr. Il était en 1830 dans la galerie du baron Verstolk van Zoelen, de La Haye; je n’ai pas recherché combien il a été payé à sa vente. C’est de là sans doute que le tenait M. van der Hoop. Si c’est le même tableau, Smith (n° 32) en donne une description inexacte et se trompe aussi sur la date, qui n'est pas 1662, mais 1669; du moins je l’ai toujours lue ainsi, à la

suite d'une magnifique signature en toutes lettres, La toile a 2 pieds de large sur 1 pied 1/2 de haut.

On va partir pour la chasse : de la grille d’un pare, à gauche, sort un piqueur avec la meute. Un grand palefroi alezan vif, à selle verte brodée d'argent, tourné de profil à droite, esttenu par un valet dont on ne voit qu'une partie de la livrée rouge et les Jambes; un peu plus loin, un cheval gris, avec une housse de velours écarlate, vient presque de face, conduit par un autre valet. A droite sont assis deux hommes, l’un en rouge, l’autre en brun; devant eux, un gros chien, bigarré de blanc et de fauve; un autre chien, de grande taille, va sentir un os, au premier plan, à gauche. Fond de pays boisé et accidenté. Ce tableau est d’une richesse de composition, d'une finesse de couleur, malgré tant de rouge, d’une conservation et d’une pureté, extraordinaires. Seulement, les feuillages ont bleui.

Le troisième van de Velde représente un sujet pastoral : une vache blonde et blanche, d’un ton délicieux, debout de profil, en pleine lumière ; une vache noirâtre, vue de croupe en raccourci; à gauche, des moutons, une chèvre, un petit berger, quelques arbres; à droite, des terrains, assez mouvementés. Ces terrains sombres et les bouquets d'arbres paraissent usés et repeints en certaines parties. Sur toile, hauteur 1 pied 2 pouces, largeur 1 pied 3 pouces. Provenant de la coliection Jeronimo de Vries, eñ

1833. Smith, n° 19,

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