FRANS HALS
diose, comparable aux chefs-d'œuvre de Rembrandt, de Velazquez et de Tilien, — cet artiste fougueux, qui couvrait en un jour une toile immense, le voici portraitiste en miniature ! Il lui prenait parfois de ces fantaisies, —bien heureuses ! A la galerie van Brienen d'Amsterdam, on admire un petit portrait dans lequel Frans Hals a réalisé ce phénomène, assez familier à la sculpture antique et à certains maîtres de la Renaissance, de faire paraître plus grandes que nature des figurines d’une proportion réduite. C’est le contraire du résultat de Gerard Dov et des artistes trop /inisseurs.
Ici, à Rotterdam, Frans Hals a renfermé son homme dans un médaillon ovale, haut de 22 centimètres; le buste seulement, mais avec une main. C’est l’historien Pieter Bor Christiaanszoon (fils de Christiaan) à l’âge de soixante-quinze ans : Ætatis T5, A° 1634, inscription qu'on lit à droite sur un fond gris-clair. Sa moustache et sa barbiche sont toutes blanches; sur sa tête chauve une petite calotte noire; costume de soie noire ouvragée et large fraise. La main, en pleine lumière, tient une plume. Physionomie vive et expressive. Tout cela est d’une adresse, d’une science, d’une liberté, d’un esprit! Adriaan Brouwer a attrapé cela de son maître, à peu près, et c’est de lui que Téniers avait appris sa touche si vantée. Mais que Téniers est mince, comparé à Brouwer, moins solide lui-même que Frans Hals! Chose imprévue! ce petit portrait fait penser» à Watieau, le délicieux peintre,
si subtil dans sa pratique, si spirituellement juste dans ses accents lumineux, le plus vraiment peintre de toute l’école française.
Gerard Honruorsr est plus connu par sa manière italienne et ses effets de nuit que par sa manière hollandaise. Il est pourtant bien préférable dans sa première période, quand il cherche sincèrement la nature, au lieu de pasticher les Italiens et d’ambitionner des effets baroques.
On ne saurait dire à quelle date il passa en Italie. Est-ce avant ou après la visite que Rubens lui fit à Utrecht, en 1627, comme à un des maîtres importants de la Hollande? Je croirais bien que ce fut un peu plus tard. Le Concert, du Louvre (n° 216), daté 1624, tient encore au style de son pays. Dans cette peinture, comme dans la Femme jouant du luth (n° 220, même musée), datée 1614, comme dans le Joyeux Musicien du musée d'Amsterdam (n° 149), il ressemble beaucoup à Moreelse, en tant que couleur et expression, même aussi un peu à Frans Hals. Il s'inspire des Bergères de l’un, des Chanteurs de l'autre. Il est épanoui, naïf, éclatant de vie. Ca vaut mieux que le Pilate (n° 215 du Louvre) avec son faux effet de lumière.
Un tableau qui caractérise supérieurement sa mamère hollandaise ! est le n° 135 du musée de Rotter-
1 Onen voit aussi des échantillons au musée de Brunswick,