XII INTRODUCTION
au nom d'un idéal mystique, tres-indiflérent sans doute à la nature et à l'humanité”.
Aussi n’a-t-on point cherché en France à faire l'histoire de cet art triplement maudit. Aussi ne connaît-on point la biographie de ces naturalistes et de ces petits maîtres dont les œuvres néanmoins se payent assez cher. Fouillez les bibliothèques, consultez les bibliophiles, il n'y a rien, en français, sur les Hollandais du xvu siècle, ou si peu que rien : parmi les vieux livres, celui de Descamps, qui a copié les dates erronées et les contes ridicules de Houbraken et de Weyerman; quelques mauvaises compilations qui ont copié Descamps; parmi les publications récentes, on ne peut guère citer que des notices restreintes dans une Histoire des peintres de toutes les écoles?, et le Catalogue du musée de Paris”,
1 L'histoire, la biographie, la critique, principalement la noble esthétique, sont d'accord, dans presque tous les livres français, pour caractériser avec un souverain mépris cette école étrangère aux règles italiennes, et qui a l’insolence d’interpréter la nature avec un sentiment particulier. M. Fortoul surivut a merveitieusement formulé ectte antipathie mystagourique contre le naturalisme très-humain de l’école hollandaise.
2 Paris, Ve J, Renouard, 240 livraisons.
* M. Michiels, dans son Histoire de la peinture flamande et hollandaise, s’est arrêté après l'examen des écoles primitives :
INTRODUCTION. xitt
savamment rédigé d’après les écrits d'Immerzeel, de Smith, de M. Waagen et autres étrangers.
Car, en hollandais, en allemand et en anglais, il y a, du moins, quelques livres qui renseignent assez complétement sur les œuvres de l’école hollandaise. À Ja vérité, la plupart des biographies y sont toujours fort obscures. Les archivistes et fureteurs ont encore beaucoup à trouver sur ce point-là.
Une histoire de l’art hollandais serait donc sans
« Pour les grands maîtres hollandais, à partir de l’année 4600, je ne puis même en dire un mot. Ils sont si nombreux que leur histoire demanderait 4 à 5 volumes. »
Quant à M. Viardot, qui a visité en détail presque tous les musées de l’Europe, et qui en a rendu compte dans une série d’excellents petits volumes, il s’est arrêté devant ce qu’il appelle « le ruisseau du Moerdyk, inventé sur les cartes actuelles. » Ce petit «ruisseau du Moerdyk » (l'embouchure de la Meuse, près du village de Moerdijk }, « séparant la Hollande de la Belgique, » et qui est un bras de mer tout simplement, où flottent les vaisseaux à trois mâts, a été le Rubicon de M. Viardot. Mais il ne l’a point passé, Il a écrit cependant sur les musées de la Hollande quelques pages d’après des notes de M. Lamme, à ce que je crois. M. Lamme, beau-frère de MM. Scheffer, est conservateur du musée de Rotterdam.
M. Maxime Ducamp, dans des Lettres écrites de Hollande et publiées par la Revue de Paris (octobre 1857), a aussi parlé très-sommairement des musées d'Amsterdam et de La Haye. Nous citerons, dans le cours de ce travail, certaines de ses appréciations.