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LES INCONNUS

Deux faux Espagnols : un Vieillerd à barbe blanche, très-laid, censé de Ribera; de petits Mendiants, copie d’après Murillo; le fond de ciel est peint avec une assez bonne pâte.

Cinq tableaux français : Port italien, au clair de lune, par Joseph Vernet; — Entrée de temple, par Hubert Robert ; — une charmante esquisse , à peine frottée, Jeune femme avec un enfant sur son sein, par Greuze; — Jeune fille appuyée à une table, sur laquelle des pommes et un morceau de pain; ce tableau, catalogué comme original de Vindrier, imitateur de Greuze , a bien l’air d’être tout simplement une copie d’après Greuze lui-même ; — enfin, une Agar, dans un paysäge montagneux, par François-Xavier Fabre, l'élève de David et le fondateur du musée de Montpellier.

M. Ary Scheffer ayant été classé parmi les Hollandais à cause de son origine, nous avons déjà mentionné précédemment sa Tête de Faust.

Lxs Ixconnus. — Point de trouvailles à y faire. Nous en avons déjà extrait le grand tableau de Régents , daté 1653, et qui pourrait être de Mijtens, au sentiment de M. Lamme ; nous en avons cité aussi quelques portraits de personnages célèbres. Tout le reste est sans intérêt. Beaucoup de copies des écoles de Rubens et de Teniers, d’autres d’après des maîtres italiens, un bon portrait de l’école de Holbein , une grande pochade, très-vigoureuse, dans le style d’Isack

van Ostade, une belle Madone avec l'Enfant (n° 424), des saints peu catholiques, un Achilles, vulnérable ailleurs qu'au talon, une Danaé sur verre, quelques allégories mythologiques et quelques panneaux byzantins, etc.

ScuzrTure. — Une tête d’enfant et deux bustes, en marbre; cinq ou six bustes, en plâtre : Rubens, van Dyck, Paul Potter; deux sculptures en bois, du quinzième siècle ; une Madone en pierre, du quatorzième , découverte à Arnheim, derrière l’église Saint-Waldburg; une Vénus, sortant du bain, présent de M. Mimaut, consul de France à Rotterdam en 1849; ce marbre a été trouvé, dit le catalogue, à Zifthé , près des ruines d’Athribis : je ne sais pas où c’est, mais, à en juger par les noms, l'endroit ne doit pas être mauvais.

Dessins. — Il à fallu des années pour mettre en ordre et cataloguer cette collection de Trois Mizrr pièces, et il n'y a pas longtemps qu’on peut en montrer des cartons aux amateurs recommandés, Je déclare donc que je suis bien loin de l’avoir étudiée tout entière, ni seulement d'en avoir vu les pièces principales, Je n'ai vu que les chefs-d’œuvre exposés dans une salle, et quelques cartons relatifs à mes études particulières sur Rembrandt et son école, Je n'ai même lu tout le catalogue que récemment, à l'ocçasion de mon travail sur les tableaux.

DESSINS. 355 Effrayé alors des richesses annoncées dans cette collection où abonderaient les grands Italiens, aussi bien que les Hollandais et les Flamands, j'avais résolu de consacrer quelques semaines à examiner en détail ces trésors, — uniquement pour ma propre instruction ; car le compte rendu de trois mille dessins serait impossible, sinon en plusieurs in-folio : le catalogue, extrêmement succinct, contient cent pages in-8°. —Par malheur, on est en train de réparer l'aile du bâtiment où sont les dessins, et cette partie du musée ne sera rouverte que dans quelques mois. Nous nous bornerons done à rapporter ici simplement une espèce de statistique très-abrégée, ajoutant tout au plus une note à certaines raretés.

Écoues nu Norp. — On trouve en quantité les maîtres suivants : Backhuizen (14, dont plusieurs excellents, à l'encre de Chine), Brvegel de Velours, Hendrik Goltzius, van Huijsum (19, au pastel ou à l’aquarelle, très-beaux), Willem van Mieris, Rottenhammer, les deux Saftleven, van der Ulft, de Vadder, Cornelis Visscher, Waterloo (16), J. B. Weenix (très-belles études de chiens), Jacob de Wit (30), etc.

Douze Adriaan van de Velde l'et vingt et un Willem, parmi lesquels des chefs-d’œuvre : une superbe Bataille navale, à la plume et à l’encre de Chine, de grandes études de riches navires, de petites marines très-fines, etc.— Douze Berchem, à l'encre de Chine

ou à la mine de plomb, quelques-uns de belle qualité.

Dix Rubens! dont quelques chefs-d'œuvre. — Six van Dyck, dont une merveille : Le portrait du marquis de Sainte-Croix, léger dessin au crayon noir. — Six Jordaens, dont un dessin capital : Silène monté sur un âne, accompagnée de deux satyres ; . au fusain sur papier gris. — Neuf Snyders, dont quelques Oiseaux morts, colorés comme une peinture.

Autres maîtres rares, ou de premier ordre : Aalbert Cuijp et son père Gerritsz; Dirk Hals, le frère de Frans; Jan van Kessel d'Amsterdam (cinq paysages); quatre Adriaan van Ostade et quatre Isack; Paulus Potter ; trois Jacob van Ruisdael et un Salomon; van Schoorl; Gesina Terburg, la sœur de Gerard; Esaias van de Velde; Philips Wouwerman, etc.

Un Martin Schôn, deux Holbein, portrait d'homme et portrait de femme, à la pointe d'argent; six Albrecht Dürer, parmi lesquels trois têtes, d'un grand caractère.

Rembrandt, douze! Quelques sujets de la Bible : Abraham et les anges, Ruth et Booz, une Sainte Famille, une Résurrection de Lazare; un Cavalier; une étude de bœuf; quelques portraits; et un Chefd'œuvre : Ze bon Samaritain; au milieu, le blessé,

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