‹ Muses d'aujourd'huiChapitre 12 sur 14 · CÉCILE SAUVAGE · texte numérisé non relu

CÉCILE SAUVAGE

gue aux images et aux métaphores neuves, contient toute l'âme d'une femme, à la fois sereine et angoissée, mais qui sait que c'est cette angoisse qui donne de la valeur à nos sensations humaines. Tandis que la Terre tourne, l'emportant vers la mort, la poétesse chante sa joie et sa douleur et, sachant que sa fonction de femme est de transmettre la vie qu'elle a reçue, elle lègue son âme, lourde de rêves anciens, à son enfant, qui continuera son sourire devant le mystère des choses.

La poésie de Cécile Sauvage est bien son propre reflet : c'est par son chant qu'elle a pris conscience d'elle-même et de la nature, qu'elle sent battre, à ses tempes, comme une artère enfiévrée. On devine qu'elle ne peut trouver le repos que dans la sensation de participer aux mouvements des choses, qui ont le rythme de son cœur. Et lorsque, selon son expression, elle

veut « prendre dans un élan le monde à bras le corps », elle appuie vraiment sa chair de femme contre lui, et se laisse posséder par la vie comme par un amant.

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