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Israël en Eyypte , oratorio écrit en

a. Manassès, roi de Juda (7 o6-G3<j avant J.-C.), qui fit périr le prophète Isaie pour le punir de scs remontrances, et se convertit à la fin de son règne pour réparer ses fautes.

HUBERT PARRY

leur en accents pathétiques et prouve par sa résignation une inaltérable grandeur d’ame. Mais, la partie vocale de cet oratorio est souvent affaiblie par une orchestration à laquelle, avec tout le respect dû au talent du compositeur, on peut reprocher une importance dénuée d’intérêt.

Contrairement à la plupart des maîtres modernes Parry est beaucoup plus à l’aise dans la composition de la musique de chœurs que dans le maniement de l’orchestre. Le monde merveilleux de beauté dont Berlioz et Wagner ont ouvert l’accès a exercé sur lui peu de fascination et le progrès moderne qui a favorisé l’éclosion d’un si superbe développement du rôle orchestral ne l’a pas rencontré sur sa route. Par là, Parry ressemble beaucoup à Brahms dont la musique, remarquable par la pureté du dessin, offre peu de charme de coloris. Son orchestration est trop souvent d’une épaisseur massive et ce défaut, comme on l’a dit, contribue à donner à ses oratorios une teinte de demi-caractère et un peu archaïque. Toutefois, malgré cette absence d’éclat on est obligé d'admirer beaucoup dans des œuvres comme Judith , Job et le Roi Saiil.

Parry n’est pas un mélodiste brillant et, dans les passages purement lyriques, l’expression de sa pensée atteint rarement la splendeur; mais, les scènes plus déclamatoires de ses oratorios sont souvent pleines d’énergie et produisent un grand effet comme le monologue de Job qui est, en réalité, une étude psychologique d'un ordre supérieur. Le Roi Saül renferme un passage d’une égale puissance où le despote par-

HUBERT PARRY

jure et en proie à d’horribles visions répand les gémissements d’une âme meurtrie par la lutte de passions ennemies. La vigueur de pensée du compositeur ne se manifeste nulle part à sa plus haute valeur que dans les scènes chorales de ses oratorios, et, s’il fallait citer dans tout son œuvre un passage remarquable parmi d’autres par la grandeur de l’inspiration et la sublimité du style, le choix se porterait, sans conteste, sur le grand chœur de Job où la lamentation de l’infortuné patriarche monte déchirante jusqu’au Tout- Puissant qui fait entendre sa voix au sein de la tempête. Nul compositeur anglais n’a écrit une musique d’une animation plus belle, d’une exaltation plus pure que ce chœur admirable qui suffit seul à assigner à Hubert Parry un rang éminent parmi les musiciens contemporains.

Pendant qu’il écrivait ses oratorios et ses autres compositions chorales, Parry ne négligeait pas la musique symphonique, bien que dans ce genre il ait obtenu relativement peu de succès. Ses symphonies et ouvertures témoignent d’une virtuosité de savoirfaire; mais, en général, elles sont d’une faible inspiration et on pourrait croire que Parry est un de ces musiciens qui, pour stimuler la flamme de leur génie, ont besoin souvent de l’aide aimable de la Poésie. Il n’est pas nécessaire d’analyser ici ses quatre Symphonies (Symphonie anglaise en al , Symphonie en fa (Cambridge), etc.) qui sont maintenant exécutées rarement dans les concerts de Londres. Ses Symphonie Variations , Variations Symphoniques, exécutées en 1897,

HUBERT PARU Y

ont une valeur plus grande et sont aussi les plus connues de ses compositions instrumentales. Outre leur ingéniosité technique ces variations originales possèdent un réel attrait poétique et l’idée de les présenter en groupe correspondant aux quatre mouvements de la symphonie rend à la composition une unité que le plus souvent l’on recherche en vain dans les variations musicales.

Parry est certainement l’exemple du compositeur qui sait déterminer les bornes de son propre génie. 11 n’a jamais écrit un opéra, et, à une époque encore peu avancée de sa carrière il s’est résolu à abandonner meme l’oratorio. De la, et sans témérité, on peut conclure que de bonne heure il a reconnu que son tempérament musical ne se prêtait pas avec aisance à l’expression dramatique. Il montra dans cette circonstance un sens raisonné, et, en réservant désormais son talent pour traiter par son art les sujets purement abstraits il fit preuve d’une réelle sagacité.

Le succès éclatant obtenu par l’ode Blest pair oj Sirens ouvrait à Parry l’accès de la voie que depuis il a parcourue par étapes triomphantes. Je ne citerai qu’un petit nombre parmi ses superbes compositions chorales qui ont délecté pendant un quart de siècle les amateurs de musique anglais. L’Ode on Sainl Ceci lia s Day , Ode pour la fête de Sainte Cécile , de Pope 1 (1888) est une composition pleine d’élan mystique et d’énergie vibrante. L’ Allegro ed il Pensieroso 2 , Gaieté

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