Quatrain. Stance de quatre vers
Omar Kheyyarn. Poète persan. L’œuvre musicale comprend trois voix soli, chœur entier et orchestre.
3. RosSetti (Dante Gabriel ). Poète anglais. Né à Londres, le ia mai 1828 : mort à Birchington, conté de Kent, 9 avril 1882.
GRANVILLE BANTOCK
persan semblent s’être emparés de 1 intime pensee du compositeur par la vertu d’un philtre. Pendant qu un pouvoir mystérieux ouvrait à son génie des horizons sans bornes et favorisait son admirable faculté de suggestion pittoresque, son style acquérait une largeur et une force d’expression inconnues chez lui jusque-la. Fort de l’influence magique épandue par la poésie persane, Granville Bantock a enlanté un chefd’œuvre qui, à juste titre, peut être rangé parmi les compositions les plus expressives que l’école anglaise ait produites durant ces dernières années.
En Angleterre, les RuJbâiydt d f Otnar Kheyyam sont familiers à la jeunesse des écoles par la superbe et vigoureuse version d’Edward Fitz Gérald 1 , l’une des gloires contemporaines de la littérature classique anglaise. En France, je crois qu’ils sont moins connus bien que M. Fernand Henry 2 ait fait à Fitz Gérald l’honneur de traduire sa version en français, et, je ne puis résister au désir de citer le passage admirable de la traduction où l’œuvre du poète persan est analysée.
« Qu’est donc ce livre extraordinaire qui revêt tour à tour les modes de pensée et d’expression les plus dissemblables, sensuel jusqu’au cynisme, hardi jusqu’à la révolte, amer jusqu’au désespoir ; où la raillerie passe de l’épigramme légère à la satire la plus cruelle ; où la glorification sans mesure de l’épicu-
1. Fitz Gérald (Edward). Poète anglais. Né à Woodbridge, comté de Suffolk, le 3 i mars 1809 : mort à Merton, comté de Suffolk, le i 4 juin i 883 .
a. Henry (Fernand). Écrivain français. Né le i* r juillet i 85 g.
GRANVILLE bantock
risme le plus grossier alterne avec la discussion des problèmes les plus graves et les plus élevés dont l’esprit humain se puisse inquiéter; où rémotion religieuse s’exalte parfois jusqu’au mysticisme pour sombrer d’autres fois dans l’impiété et la négation; livre familier et excessif, résigné et irrité, brutal et délicat, écrit dans une langue dont Omar a gardé le secret, simple, concise, claire, vigoureuse, savoureuse comme un beau fruit, d’un éclat métallique, épurée du luxe fleuri, des mièvreries et des fadeurs de la littérature orientale à laquelle elle n’emprunte que les meilleures de ses métaphores et de ses images ; livre qui choque en tant d’endroits et qu’on ferme en l’aimant parce qu’on éprouve qu’il fut l’œuvre sincère d’un noble esprit et d’un grand cœur? Ce n’est pas à proprement parler un poème ; c’est un recueil poétique du genre gnomique 1 2 , comprenant une foule de petites pièces détachées, écrites sous forme de quatrains et classées non selon le sens, mais ainsi qu’il était d’usage pour les ghazels J des divans, suivant l’ordre alphabétique déterminé par la deuxième lettre de la rime finale de la pièce. »
La version des Rubâiydt de Fitz Gérald peut difficilement être considérée comme une traduction véritable, et, c’est avec raison que John Payne 3 l’a définie a une méditation sur des motifs d’Omar Kheyyam. »
1. Gnomique. Poème qui contient des sentences morales. Les plus anciens poètes ou philosophes grecs, comme Homère, Hésiode, sont rangés parmi les Gnomiques.