‹ Musiciens contemporainsChapitre 17 sur 22 · MERCADANTE · texte numérisé non relu

MERCADANTE

tant des accessoires. Voyez les Italiens et les Allemands, avec quel dédain ils en usent en pareille matière ! Or, comparez un peu leur musique à la nôtre ! Il est vrai que nous avons des poëmes en cinq actes incontestablement mieux rédigés, et que notre mise en scène est irréprochable. Quant à nous, jamais nous n’aurons foi en Italie dans l'issue d’une réforme tentée en dehors de la mélodie pure. On aura beau faire, le pays de Dante et de Cimarosa, do Pétrarque et de Rossini, ne saurait devenir une terre favorable à l’éclectisme. Rêver , pour la mélodie italienne, l’harmonie de Beethoven, c’est poursuivre exactement la chimère de ces honnêtes gens qui souhaitent à Raphaël le coloris de Paul Véronèse. Mieux vaut encore, à tout prendre, le pâle Bellini, avec sa désinvolture incertaine, scs mélodieuses négligences, sa phrase élégiaque, sentimentale, mais encore italienne. Cependant, hâtons-nous de le dire , Mcrcadante a eu le bon esprit de ne point pousser les choses à l’extrême; quoi qu’il fasse, il reste Italien, et toujours avec lui c’est le mélodiste qui domine. A ce titre, l’auteur de la Vestale a les chances, sinon de fonder une école bien vivace, du moins d’occuper avec honneur l’intervalle ouvert en Italie depuis la mort de Bellini, et de fournir une période musicale digne d’intérêt, en at-

Page 1