INTRODUCTION. V
statue ou d'un tableau, à l'archéologue évitant le grimoire technique et parlant le langage du monde, combien davantage ne convient-il pas à la définition de cette faculté de sentir la musique, assez lucide pour analyser ses impressions. D'ailleurs, quand on y réfléchit, d'où le terme nous vient-il? d'Italie; qui l'inspira? la musique. Et si par extension les autres arts l'emploient, c'est que la musique le leur prête. Je reviens à M. Yitet. Pour dilettante, il Tétait, et môme nous n'oserions jurer qu'aujourd'hui encore il ne le soit. Mais quittons le présent, et, remontant de quelque vingt années le cours du siècle, allons revivre avec l'auteur à cette heureuse époque de jeunesse où nul besoin de maintenir la position conquise, nulle soucieuse dignité, ne compriment les élans du cœur, où^ sans craint de porter ombrage au sérieux, on peut tout sentir, tout aimer et le dire.
C'est qu'en effet c'étaient là des jours illustres; et qu'il faisait bon alors se passionner pour la littérature et les beaux-arts. Poésie, peinture, musique, une vie nouvelle s'agitait partout : on eût dit une de ces cfflorescences se ■ culaires qui, dans les féeries du monde botanique, s'annoncent par des explosions. Victor Hugo publiait ses Orientales, Eugène Delacroix, ceiie pierre de scandale des