VIII INTRODUCTION
de Michel-Ange ou de Corneille, de Lamartine ou de Chateaubriand. D'ailleurs, cette esthétique, objet de tant d'épouvantements , et qui , administrée à doses vigoureuses, comme on en use aujourd'hui quelquefois , par exemple , risque au moins d'endormir son monde, pourrait bien produire un tout autre effet lorsqu'une main habile et discrète en ménage l'emploi. Je dirai plus, il y a telle polémique fugitive, telle discussion d'un événement de théâtre qui par là s'est sauvée de l'oubli ; pour peu que le grain d'esthétique s'y trouve, un feuilleton du lendemain se peut relire, et c'est ce qui me frappait naguère en parcourant dans la collection du Globe ces rapides articles oii M. Yitet rendait compte do la situation musicale à cette époque.
Il y avait là évidemment ce qui d'ordinaire ne se rencontre guère en pareil cas : des points de vue nouveaux, des idées, tout un système de critique. On se mettait à causer de la représentation de la veille, et peu à peu le discours s'élevait : poésie, peinture, architecture, les occasions ne manquaient pas ; un mot servait de prétexte; il semblait qu'on n'eût qu'à marcher devant soi, comme à la chasse ; les comparaisons, les théories, les discussions vous partaient d'elles-mêmes entre les jambes ; on tirait