‹ Musiciens contemporainsChapitre 7 sur 32 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

dans le groupe, et presque toujours on visait juste. Ces pages sérieusement écrites méritaient de survivre aux circonstances. A la distinction littéraire qui les recommande, se joint une sorte d'intérêt anecdotique , on y suit, à travers le mouvement philosophique du jour, les hauts faits de ce Théâtre-Italien qui, parmi tant de gloires, compta un moment celle de passionner bon nombre d'esprits politiques. La Malibran régnait alors, et la Sontag aussi ; c'était , si l'on s'en souvient un peu, autour des deux aimables reines, la môme fureur, le même enthousiasme qui s'attache aujourd'hui à mademoiselle Rachel et à madame Ristori ; le dilettantisme, se partageant en deux camps , les choses, par la contradiction, se prenaient plus au vif. Il y avait encore une fois des gluckistes et des piccinistes aux prises les uns avec les autres, s' enivrant de leur idole et veillant aux flammes du trépied. M. Yitet tenait pour la Malibran, et sa parole déjà grave, presque imposante en si frivoles sujets, faisait autorité. C'est que jamais encore , à des questions de cette nature, on n'avait appliqué tant de spirituelle et d'ingénieuse dialectique. Les Muses sont sœurs ; il n'y a dans les arts qu'une famille où tout se tient , oij les contrastes eux-mêmes se rapprochent par de mystérieuses

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