‹ Musiciens d'aujourd'huiChapitre 18 sur 47 · LA PERLE DU BRESIL · texte numérisé non relu

LA PERLE DU BRESIL

Mai i883.

Les gens qui ont encore en quelque estime le talent de Félicien David ne sauraient trop vivement s'élever contre le mauvais tour qu'on vient de lui jouer, sous couleur d'honorer sa mémoire et dans le seul but de gagner quelque argent, en reprenant cette insipide partition de la Perle du Brésil, que personne aujourd'hui ne peut plus écouter sans rire. Et c'est ce qu'a fait le public assez peu révérencieux pour l'auteur du Désert et de Lalla-Roiikh; il a ri de cette pièce inintelligible, il a souri de cette musique simple et banale au delà de toute expression. C'était facile à prévoir; comment, dès lors, ne s'est-il pas trouvé un homme assez dévoué aux intérêts de David pour s'opposer à ces combinaisons purement commerciales? Il est des œuvres qu'il faut savoir sacrifier dans rintéret même de leurs auteurs, et si Ton entend encore avec intérêt, sinon avec grand plaisir, les mélodies colorées du Désert, malgré la pauvreté de l'harmonie et de l'orchestre, il n'y a pas une seule note à garder de la Perle. David vivra tout entier dans sa jolie partition de Lalla- Roiikh, surtout dans ce délicieux premier acte, d'une poésie et d'un charme exquis.

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