LE TASSE
Décembre 1878.
On s'étonna tout d'abord, au seul énoncé du verdict, que le jury du Concours musical de la Ville de Paris ne se fût pas mis d'accord sur une seule œuvre et que, pendant six tours de scrutin, le Paî'adis perdu ^ de M. Th. Dubois, et le Tasse, de M. Benjamin Godard, eussent été maintenus obstinément sur la même ligne, chacun des concurrents gagnant une voix à chaque tour jusqu'à complet épuisement des jurés. On s'étonne, après audition, que les juges aient été si longs à découvrir qu'ils ne se mettraient jamais, au grand jamais, d'accord, tant il y avait de divergences de style et de tendances entre ces deux productions, l'une étant plus sagement pondérée, plus purement écrite, d'un équilibre plus parfait; Tautre étant plus décousue, mais plus vivante, moins châtiée, mais plus spontanée. Le rapporteur allait d'ailleurs au devant de cette impression quand il écrivait : « Dans l'autre (le Tasse}^ on sentait un talent moins accompli peut-être, mais une personnalité plus accentuée. L'instrumentation v est maniée d'une main moins silre, le stvle plus
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heurté, mais l'abondance des idées, l'inspiration soutenue, une remarquable variété de coloris, des pages d'une saveur exquise oU d'un sentiment pathétique et profond compensaient largement les défauts, même aux yeux des juges qui se montraient les plus sévères. » Fort bien. Mais, les juges qui soutenaient M. Dubois ayant observé une réserve absolue au concert, il eût été à désirer que les patrons de M, Godard ne se missent pas davantage en avant. Assurément, l'enthousiasme exubérant dont MM. Gounod et Massenet ont fait montre à l'audition officielle, et qui les faisait constamment regarder par tout Tauditoire, était sincère — on n'en saurait douter avec des artistes dont la réserve habituelle égale le talent, — mais il avait l'inconvénient de faire trop pencher la balance en faveur de leur protégé, et une intervention aussi ardente, outre qu'elle semblait vouloir faire violence au public, était peu aimable pour leurs confrères et co-jurés, qui n'avaient pas cru devoir se lancer ainsi dans la mêlée, une fois le verdict rendu.
M. Benjamin Godard et son collaborateur, M.Charles Grandmougin, comptent encore, — je ne crois l'apprendre à personne, — parmi les admirateurs les plus ardents de Berlioz et de Wagner. Aussi ne faut-il pas s'étonner s'ils ont composé ensemble une œuvre tout à fait romantique, bâtie sur le plan de la Damnation de Faust^ et dont trois morceaux au moins rappellent, autant par la coupe poétique que par la facture orchestrale, trois fragments de Tœuvre adoptée pour modèle :
plus tard, je les signalerai. L'intrigue de ce drame est fort mince et peut se résumer en deux mots : Le Tasse, épris de la princesse Léonora, sœur du duc d'Esté, se laisse surprendre une belle nuit par le duc au milieu d'un entretien fort doux ; le duc le chasse, et le poète s'enfuit par la campagne, sous un orage épouvantable. Il trouve un asile momentané dans un couvent de moines, qu'il quitte bientôt pour aller retrouver sa sœur Cornélia dans sa petite maison du golfe de Naples Cependant, la belle Léonora se désespérant toujours, son frère feint de lui pardonner et donne une fête où il « fait un instant le tendre troubadour ». Le Tasse, revenu on ne sait comment à Ferrare, pénètre dans le palais, se cache un instant derrière un pilier, puis reparaît plus furieux que jamais et fait un vacarme d'enfer; tous les seigneurs le déclarent fou à lier, et le duc, s'autorisant de cet avis, fait enfermer le malheureux poète, dont la raison tinit par s'égarer réellement, malgré les soins de sa sœur Cornélia, qui Fa suivi pour les besoins de la musique. La nouvelle de sa mort provoque dans tout le peuple un triste concert de lamentations et de sanglots.
Ce sujet est peu de chose, comme on peut voir, mais les auteurs, qui voulaient sans doute v introduire beaucoup d'éléments variés en vue du succès, ont employé toutes les herbes de hi Saint- Jean : chœur de moines avec prière du Tasse, qui rappelle certaine Favorite, admirée autrefi)is ; ch(X.'ur de patres, danse de bohémiens, ch(eur de chasseurs et bien d'autres épisodes qui ne se rat-
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tachent pas directement au sujet, mais qui sont des hors-d'œuvre à effet. Autant de concessions aux vieux us musicaux, que je ne m'attendais pas à trouver sous la plume de deux romantiques chevelus. Il y en a d'autres encore, et celles-là plus reprochables, parce qu'elles gagnent la musique, dans les divers épisodes de la fête chez le duc, qui sont juxtaposés et traités à l'italienne ; mais la plus grave de toutes est dans le premier trio, où le duc, après avoir exhalé sa colère contre le Tasse, quitte l'accent furieux du rôle pour reprendre son emploi de baryton et fournir une basse correcte aux tendres adieux du Tasse et de sa sœur : voilà un duc de bonne composition ou je ne m'y connais pas. De pareils contresens sont tout à fait regrettables sous la plume d'auteurs qui se piquent d'observer sans nulle défaillance la vérité dramatique et la justesse d'expression.
M. Godard sait beaucoup de choses de son art et il en devine davantage ; il a l'instinct des curiosités harmoniques, mais, non content de ce qu'il trouve d'instinct, il est toujours en quête de richesses instrumentales et d'effets ingénieux, il' atteint souvent au curieux et tombe plus souvent dans le bizarre en cherchant trop la petite béte, comme on dit ; enfin, il est semblable à tant de jeunes compositeurs qui ne savent pas assez ménager leurs ressources sonores et qui ont souvent recours aux moyens les plus compliqués, aux instruments les plus bruyants pour exprimer la chose la plus simple du monde. Il dépasse alors le but,
comme dans son grand choeur de feie, qu'il a rempli d'une gaieté bruyante et brutale au possible, au lieu de lui prêter une allure noble et distinguée; or, ce contresens était tellement flagrant qu'il a frappé les auditeurs, même les plus profanes en musique. Ce sont là les défauts habituels des musiciens auxquels on est convenu de trouver du « tempérament » sans trop savoir ce qu'on veut dire par là; ce sont surtout les défauts de ceux qui se fient trop à leur facilité naturelle, qui produisent trop vite et ne méditent pas assez ce qu'ils font.
Ces réserves une fois formulées, il faut reconnaître dans la partition de M. Godard une jolie teinte poétique, de beaux élans dramatiques et une orchestration le plus souvent très ferme et bien nourrie. Trois morceaux, disais-je, découlent directement de Berlioz: ce sont le premier monologue du Tasse rêvant dans le parc, qui fait songer au début tout pareil de la Damnation de Faust : hi course éperdue du Tasse dans la montagne, qui rappelle la Course à l'abîme jusque par le déchaînement des violons et les appels des cuivres, et, enfin, l'air du Tasse franchissant la montagne près de Sorrente, sorte d'Invocation à la nature en réduction-GolIas. Ces trois pages peuvent compter parmi les bonnes de l'œuvre, abstraction faite de cette imitation inconsciente d'une œuvre supérieure, mais il en est d'autres sur lesquelles l'auteur a su répandre une excellente couleur poétique en ne tirant rien que de son propre fonds. Le duo initial entre le l\\sse et Léonora
renferme une très jolie phrase du poète, bien soutenue par les instruments à cordes qui montent et descendent avec la voix; l'allégro qui suit est tant soit peu banal, mais il y a tout à la tin un joli dessin du hautbois et de l'harmonie. Le trio entre le Tasse, le duc et sa sœur débute par des accents assez larges du duc et se termine par un ensemble aussi agréable à l'oreille que peu justifiable pour l'esprit.
De la scène du couvent, je n'ai retenu que Ja phrase où le poète exprime le désir de revoir Sorrente, sa patrie, phrase très élégante et qui revient dans la conclusion du duo entre le Tasse et le père Paolo. L'élément pittoresque prend le dessus au moment de l'arrivée du Tasse à Sorrente ; l'introduction pastorale, dans le style conventionnel des paysages musicaux des Abruzzes, repose sur une idée trop contournée, mais le morceau d'orchestre, à mesure qu'il se développe, offre de nouvelles surprises qui se fondent dans un ensemble charmant. Le chœur des chasseurs est ce qu'il devait être, malgré toute l'ingéniosité déployée par l'auteur pour trouver quelque chose de nouveau, mais le chœur des pâtres est très gracieux avec son dessin mélodique en marche descendante. La romance de Cornélia attendant son frère est d'un style un peu précieux, mais richement accompagnée, et la première rencontre entre Cornélia et le Tasse, celui-ci se présentant comme un étranger, donne lieu à quelques phrases expressives aboutissant à un ensemble où les voix ne font plus que concerter.
W\y ^il\N\Mrv^
La plainte de Léonora et le duo où le duc son trère feint d'accéder à ses désirs forment deux morceaux d'un bon mouvement dramatique ; puis, arrive le tableau de la f(3te, où se trouvent encadrées une élégante sérénade du duc, accompagnée par la flûte, et une danse de bohémiens oii M. Godard devait forcément réussir. La. suite de cet épisode est connue, brutale, et le Tasse, en maudissant ces vils courtisans, n'évite pas de tomber dans des redites très vulgaires. La scène de la folie du Tasse en prison ramène souvent la formule adoptée pour toutes les folies, quelques bribes des mélodies précédemment entendues, et le chteur funèbre du peuple déplorant la mort du Tasse termine congrûment une composition de talent, mais d'un talent qui se montre surtout dans les détails, d'un talent encore inégal qui cherche trop et ne s'ignore pas assez.
Mais que de bruit, bon Dieu, que de bruit sans gaieté dans ce chœur de fête, dont le tapage effroyable aurait suggéré à Berlioz, qui ne mâchait pas les mots, plutôt l'idée d'une bande de bouviers en liesse que celle d'une galante assemblée de nobles dames et de beaux seigneurs ! C'est égal, un artiste, un compositeur très en vue, qui parle plus obscurément à mesure que sa musique devient plus claire, disait dernièrement de M. Godard : « Celui-là est de la famille ! » Et je me range à cet avis, car, en se comprenant dans <( la famille », notre auteur ne pouvait parler que des gens de talent.
JOCEL YN
Octobre 1888.
Depuis que M. Capoul s'est retiré du théâtre, il ne chante plus que les rôles à sa convenance, et de temps à autre il s'éprend d'un ouvrage auquel il se voue avec une chaleur extraordinaire, et qu'il monte à ses frais lorsqu'il ne se trouve pas de directeur pour le vouloir représenter. D'abord il nous tit connaître à Ventadour les Amants de Vérone, et l'on peut dire que ce jour-là il fut réellement bien inspiré, car c'était là une partition de mérite, où l'on sentait l'erfort constant et souvent heureux de l'auteur pour se rapprocher de Shakespeare et serrer de près son admirable modèle. Après, M. Capoul eut l'idée singulière d'aller chanter à la Renaissance le Sais, de JVlme Marguerite Olagnier; puis, il fut pris d'une irrésistible envie de personnitier Jocelyn.
Alors il découpa lui-même six ou sept épisodes dans le poème de Lamartine, en conserva beaucoup de vers originaux, s'aboucha avec M. Armand Silvestre pour les vers de raccord, proposa à M. Benjamin Godard de mettre le tout en musique, et voila comment, je ne dirai pas cet opéra, mais cette suite de scènes, d'illustrations musicales sur Jocely)i fui représentée Thivcr Jer nier à Bruxelles sans succès durable. Aujourd'hui, cet ouvrage a trouvé accueil auprès de M. Senterre, un directeur éprouvé de province, qui pre-
tend rétablir sur des bases solides le Théâtre- Lyrique dans la salle du Château-d'Eau; voilà donc M. Capoul au comble de ses vœux, puisqu'il peut jouer lui-même son Jocelyn qu'il n'avait pas osé ou pu chanter à Bruxelles, je ne sais au juste. Et cependant tout le succès de la soirée a été pour une jeune élève de Duprez, M^^^ Marguerite Gay, qui a rendu très simplement le personnage de Laurence et qui l'a chanté d'une voix expressive, avec émotion, sans cris intempestifs.
Mais quelle idée, avouez-le, de mettre en opéra Jocelynl Jamais œuvre destinée au théâtre ne fut moins théâtrale que celle-là. Le mariage de la sœur de Jocelyn, qui se décide à entrer dans les ordres; la fuite du jeune diacre dans les montagnes où il recueille Laurence des mains d'un père expirant, sa chaste cohabitation avec Laurence dans la grotte des Aigles; son entrevue à Grenoble avec l'évêque qui va monter sur l'échafaud et qui l'ordonne prêtre afin de pouvoir se confesser à lui; son retour dans la montagne et ses douloureux adieux à la jeune tille qu'il doit fuir; ses promenades nocturnes à Paris sous les fenêtres de Laurence, enfin la mort de celle-ci dans un village dont Jocelyn est devenu le pasteur et son entrevue suprême avec le prêtre qu'elle a fait quérir : autant de scènes qui se suivent sans qu'on découvre entre elles le moindre rapport, sans qu'on soupçonne jamais pour quelle raison tel ou tel personnage entre en scène et se met à chanter. C'est, comme dans la lanterne magique, une série de tableaux plus ou moins heureuse-
ment enluminés et rendus en musique; voilà tout.
Il faut dire que ce genre d'ouvrage devait sou" rire à M. Godard qui, tout en ayant de grandes ambitions, est cependant l'homme des petites choses, des courtes mélodies expressives, des esquisses pittoresques, et qui n'a jamais pu, contre son désir, produire un long ouvrage se tenant bien d'ensemble. Et ce n'est pas seulement sa jeunesse ou son inexpérience qui est la cause de cette malechancc prolongée ; c'est aussi sa façon de composer hâtive, sa disposition à mettre en musique tout ce qu'on veut bien lui commander sur mesure, un Jocelyn^ un Dante, un Riiy Bîas ; son indulgence regrettable envers lui-même et sa propension à être immédiatement satisfait de tout ce qui coule de sa plume.
Dans le Tasse, dans Diane, dans la Symphonie légendaire^ dans ses Suites d'orchestre, il y a des pages charmantes, curieusement travaillées, à côté d'autres, et très nombreuses, qui sont d'une facture lâche et d'une abondance déplorable. 11 en va de même avec Jocelyn : certaines parties pittoresques, comme les scènes champêtres du mariage de la sœur de Jocelyn, comme le duetio d'un montagnard et d'une jeune tille au sommet des Alpes; comme le petit ch(L'ur des invités se rendant au bal chez Laurence et leur entretien sur un temps de gavotte, comme le carillon pour orchestre qui sert d'introduction au dernier tableau, sont d'une couleur agréable, ingénieusement traitées; mais ce ne sont là que des détails
perdus au milieu de pages fastidieuses par leur monotonie et leur manque d'inspiration.
M. Godard, qui écrivit autrefois de courts et touchants morceaux pour voix seule, a rencontre aussi d'heureuses idées mélodiques, comme J.\ berceuse que Jocelyn chante auprès de Laurence endormie, comme la prière que Laurence expirante adresse au Très-Haut ; mais dans les grandes situations dramatiques lorsque Jocelyn découvre que Laurence est une femme, lorsqu'il fond en larmes, sous la fenêtre de sa bien-aimée, ou lorsqu'il reçoit son premier baiser avec sa confession suprême, alors, le compositeur s'essouffle et ne trouve que des phrases rebattues, que de vulgaires unissons, soutenus par une instrumentation bruyante et creuse. Visiblement, les sentiments tempérés, la rêverie, une douce tendresse, ou bien les détails pittoresques sont seuls de son ressort, et les élans de passion, les épisodes pathétic[ues sont au-dessus de ses forces. La pieuve n'en est que trop facile à donner.
La plus belle scène de Jocelyn^ celle où un compositeur véritablement doué pour le théâtre aurait pu donner sa mesure, est celle de l'entrevue de l'évêque avec Jocelyn dans la prison, ici M. Godard a eu une idée, excellente en principe, qui était de faire entendre au loin, tandis qu'on dresse l'échafaud, de vrais chants révolutionnaires : la Carmagnole et surtout le Ça ira, dont le iTTOtif, peu connu du public, est d'une violence extrême et respire une joie sanguinaire. Mais qu'a-t-il su tirer de ces chants si caractéristiques,
de ces vociférations? Au lieu de les fondre et d'en faire comme le fond de son tableau musical, il les expose à découvert à trois ou quatre reprises, et chaque fois Tévcque et Jocelyn s'arrêtent poliment pour nous permettre d'entendre les clameurs de la foule; ensuite, ils reprennent leur entretien.
Mais c'est là le renversement du drame et c'est aussi la méconnaissance absolue des ressources de la musique. Admettons que ces cris de mort puissent troubler un moment les deux interlocuteurs, leur couper d'abord la parole et que le musicien profite de ce moment d'hésitation pour nous faire entendre alors la Carmagnole ou le Ça ira, rien de mieux; mais, une fois le premier émoi passé, l'évêque et Jocelyn devraient ne plus s'interrompre et hâter l'accomplissement de leurs saints devoirs : plus la foule crierait, moins ils devraient s'en émouvoir. Or, le privilège de la musique étant de pouvoir traduire a la fois des incidents, des sentiments simultanés, que les vers ou la prose exprimeraient les uns après les autres, c'était le cas ou jamais d'user de cet avantage ci de composer une grande page musicale où les saintes exhortations de l'cveque, les angoisses de Jocelyn et les clameurs de la foule, en se confondant, auraient sùremeni produit un puissant etlci dramatique.
M. Godard n'a-t-il pas su ou n'a-t-il pas voulu le faire? En vérité, je ne sais; mais c'est intininient regrettable, et cette scène, qui aurait pu èii e belle au théâtre, avec les éléments exceptionnels
dont disposait l'auteur, est parfaitement froide et ne laisse après elle aucune impression durable. Vlh bien, le décousu que je note à regret dans cet important épisode est le défaut capital de cette partition : c'est là ce qui l'empêche de former une œuvre homogène et vraiment solide. Il s'y rencontre des détails gracieux; il n'y a pas là de conception, de création musicale, à vraiment parler, et il ne pouvait pas y en avoir avec un sujet pareil. Mais rien ne forçait non plus le compositeur à accepter cette besogne, et, de quelque façon qu'on se retourne, on aboutit toujours à cette conclusion que M. Godard agirait au mieux de ses intérêts en réagissant contre sa nature et ses tendances, en ne choisissant plus que des poèmes d'une cohésion parfaite, où l'élément pittoresque occuperait une place assez restreinte. Mais aura-t-il ce courage après avoir suivi si longtemps une direction diamétralement opposée ? On ne refait pas sa vie et l'on ne change pas volontiers de route à près de quarante ans.
Observation finale : Il y a quelque temps, dans une soirée, on demandait à un jeune compositeur, qui revenait de Bruxelles, son opinion sur la Valkyrie. « Peuh ! ht-il, de l'oratorio en cosiLimes! » M. Godard, dont la modestie est connue et qui reçoit presque avec trop d'humilité les conseils d'auirui, ne serait-il pas curieux d'avoir l'avis de ce musicien-là sur Jocelyn?