PARIS ET L OPERA EN CHANSONS II
LE PONT-NEUF
Air : Trouve:{-voiis un Parlement ?
Par un antique monument Dont le nom ajoute à ma gloire, J'ai d'un roi juste et bienfaisant Longtemps conservé la mémoire.
Sans une horde de brigands Dont le système était d'abattre, J'offrirais encore aux passants Le portrait chéri d'Henri quatre ^
LE PONT DES ARTS
Air : Comme tout cela me chagrine !
Je rends justice à la vaillance
Du roi qu'ici tu fais valoir,
Mais d'un héros cher à la France
Je puis aussi me prévaloir.
Si ses exploits vont d'âge en âge
Jusques à la postérité,
Oui, je dois, étant son ouvrage.
Prétendre à l'immortalité.
l'auteur a ses CONFRÈRES
Air du Petit Matelot.
En vous établissant arbitres Entre mes deux ponts concurrents, Ainsi je vous soumets leurs litres :
Mettez fin à leurs différents.
I. I.a preniicre statue équestre de Henri i\', établie en 1Ô14, avait été renversée en 1792. En 1814, on en rétablit une en plâtre qui fut remplacée, en 1818, par celle en bronze de Lemot qu'on voit encore aujourd'hui.
Sachez qu'il faut du caractère Pour bien prononcer; car, morbleu 1 Ici ce n'est pas une affaire Où l'on puisse prendre un milieu.
LA FllMME El' LE MARI
Sur le procès du sieur Caron de Beaumarchais avec M' Go'ésmany Conseiller au Parlement.
C'est Beaumarchais le persifleur Qui tire au court bâton avec son rapporteur,
Juge intègre, sçavant et sage.
Très digne conseiller du nouveau Parlement
Et vrai Caton du temps présent, L'honneur et le flambeau de cet aréopage.
Quand Dieu créa le père Adam, Ah! que ne lui fit-il la tête d'un Gocsman ? Insensible aux attraits d'Eve la libertine, 11 aurait rejeté son funeste présent.
Redoutant en secret la colère divine.
Il eût laissé sa femme au pouvoir du serpent; Il n'eût pas accepté la moitié de la pomme, Dieu de son paradis ne l'eût jamais chassé, Enfin si l'Eternel t'eût fait le premier homme. Par toi, divin Gocsman, le monde était sauvé.
Sur l'arrêt rendu par le Parlement de Paris
en février i'/"4
Contre madame Gocsman^ condamnée à être blâmée.
Quand pour ouïr sa destinée Aux pieds du sacré divan, S'humiliant, interdite, étonnée, La tendre épouse de Gocsman Avec pompe fut amenée,
PARIS ET l'opéra EN CHANSONS 121
Monsieur le premier président,
Fort expert en galanterie,
Au nom de la docte curie
Lui lit ce joli compliment : Calmez vos sens, rassurez-vous, Madame, Vos juges par ma voix vous déclarent infâme.
Soudain, reprenant ses esprits :
Quoi ! ce n'est que cette misère,
Répond la dame aux quinze louis.
En vérité, dans cette affaire
Soins superflus vous avez pris.
Il n'étoit pas besoin de tout ce formulaire,
De ce fatras, de tous ces riens,
Pour condamner à l'infamie L'épouse d'un sujet de votre compagnie : Avec mon cher mari je suis commune en biens.
De ces deux pièces, la dernière au moins est connue, et si je la copie ici, c'est pour ne pas séparer ce digne ménage Goèsman, fidèle observateur de l'adage juridique: La femme doit suivre son mari.