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SES DÉBUTS ET SON OPERA DE CASTOR ET POLLUX

l.a ville de Dijon s'est enfin de'cidée à élever une statue à Rameau, à ce musicien hors ligne, l'un des plus grands de tous les pays. Rameau, en etfet, qu'on néglige volontiers, peut-être parce qu'il est Français, et qu'on écrase entre l'Italien Lulli et l'Allemand Gluck, a fait faire un tel pas à la musique dramatique après Lulli, a tellement fait progresser la tragédie lyrique au triple point de vue de la justesse de l'expression, de la rapidité de la déclamation et de la variété de l'orchestre, que Gluck n'eut qu'à l'étudier et à l'imiter pour créer ses admirables chefs-d'œuvre. Rameau, en un mot, fut sur tous les points le modèle et l'inspirateur de Gluck, qui l'a trop facilement supplanté dans l'admiration de la foule, car sans Rameau l'auteur d'Alceste serait peut-être resté le compositeur italien du début, et simplement l'auteur de Siface et de la Fedra.

Hameau, on l'a souvent répété, avait déjà trenie-quairc ans lorsqu'il revint s'établira Paris, en 17 17, et il atteignait la cinquantaine lorsque son premier opéra, Hippolyte et Aricie, fut représenté avec un éclatant succès à l'Académie de musique, en 1733. C'était débuter assez tard dans la carrière dramatique; mais il n'y avait pas

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