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l54 MUSIQUE
léristique de ses œuvres est un double témoignage en faveur de son propre talent. Grand admirateur de Cherubini, il a fait la plus grande partie de ses études sous la direction de ce maître... »
Certes, cet article est très curieux, et il ferait bon relire et étudier les raisons par lesquelles Weber explique la haute estime qu'il a pour cet ouvrage; mais je connais deux jugements encore plus curieux sur Boieldieu et son Jean de Paris, encore plus élogieux sous une forme plus brève, et qui pourtant n'ont jamais été publiés en France. Ce sont tout justement ceux des deux compositeurs qu'on pourrait croire les plus dédaigneux pour le talent du musicien français, et qui montrent envers lui une impartialité dont on use trop peu à leur égard. Pourquoi faut-il que tous ceux qui les attaquent et les dénigrent profitent si mal de cet exemple de modération ?
Voici le jugement de Schumann sur Jean de Paris : « Voilà un opéra modèle. Deux actes, deux décors, deux heures de spectacle; cela forme un tout heureux à souhait. Jean de Paris, Figaro Cl le Barbier sont les premiers opéras-comiques du monde, de clairs miroirs où se réfléchit la nationalité des compositeurs. L'instrumentation, actuellement ma principale préoccupation, est partout d'un travail achevé. Les instruments à vent, notamment les clarinettes et les cors, sont traités avec prédilection et ne couvrent le chant nulle pan ; la voix des violoncelles se fait entendre ù découvert en maint passage, et produit bon effet. Les notes élevées des cors, même quand la