partie chantante domine, se fondent avec elle le mieux du monde
Voici maintenant Tavis de Wagner : « ... Le genre rossinien gagna beaucoup à se combiner ainsi avec les qualités positives d'un style arrêté, et les artistes français produisirent dans cette direction des ouvrages dignes d'une admiration sans réserves, miroirs tidèles en tout temps des éminenies qualités du caractère national. C'est ainsi que l'aimable esprit chevaleresque de l'ancienne France semble avoir inspiré à Boieldieu sa délicieuse musique de Jean de Paris, car la vivacité et la grâce de l'esprit français sont empreintes surtout dans le genre de l'opéra-comique. »
Puissé-je,en publiant ces témoignages d'estime et d'approbation, ne pas aliéner à Boieldieu le suffrage des gens timorés que le seul nom de Schumann et de Richard Wagner fait tomber encore en pâmoison 1
Combien Halévy a-t-il laissé couler d'ouvrages de sa plume abondante ? Opéras, opéras-comiques, ballets, cantates, etc., on en compterait bien pour le moins une trentaine, — sans parler de ceux qui n'arrivèrent pas à la scène, — et ce fut peutêtre, avec Auber, le musicien français qui s'accommodait le mieux de tous les genres, de tous les cadres; mais que reste-t-il à présent de celte pro-
duciion incessante, infatigable? Un grand opéra, un seul, vous savez bien lequel, et vraiment ce n'est pas beaucoup après une carrière aussi laborieuse, aussi remplie de succès et d'honneurs. Les honneurs ne sont que néant ; ils disparaissent avec riiomme, et, dans l'art musical, le nombre est infini des ouvrages qui curent, à* leur [apparition, un succès honorable ou mieux encore et dont il ne reste absolument que le titre au bout de vingt ou trente ans. C'est le cas pour la plupart des partitions d'Halévy, encore qu'elles portent presque toutes à certain endroit la marque d'un travail intelligent et persévérant; mais, que voulez-vous? intelligence, persévérance et travail, autant en emporte le vent, dans le domaine de l'art : une toute petite parcelle de génie, une étincelle d'inspirati(jn, une note tant soit peu personnelle, à la bonne heure et voilà seulement ce qui compte aux yeux de la postérité.
C'est précisément parce que Halévy a eu cet élan d'inspiration dans la Juive que cet opéra le représente aujourd'hui tout entier et survit seul, encore qu'on le joue assez rarement, à tant d'autres partitions enfouies dans les catacombes, autrement dit dans les archives de nos théâtres lyriques. Ses opéras, d'ailleurs, remarquez-le, ont eu une destinée toute particulière et qui s'explique d'elle-même. A l'exception de la Reine de C/i^/?re, qu'on peut considérer comme enterrée après la reprise essayée par M. Halanzieren 1877; à l'exception de la Juive, qui se défend encore, aucun des grands opéras d'Halévy n'a pu nr^n
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F. HALEVY.