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DEUX COMPOSITEURS FRANÇAIS

rière en écrivant Mipioîi et Hamlet, après avoir commencé par le Caïd et le Songe d'une nuit d'été : toujours des pastiches ou des œuvres de compromis. Que si toute sa vie s'écoule, au contraire, dans un temps où ne se révèle aucun novateur, où le public applaudit régulièrement le même opéra sous des titres ditîérents et ne marque aucune lassitude de ce qu'on lui offre, aucune velléité d'entendre un peu de nouveau ; alors le musicien classé, patenté, honoré, toujours égal et pareil à lui-même, arrive au bout de la vie, ainsi que ferait un bon employé, sans avoir un instant changé d'objectif, sans avoir jamais soupçonné qu'un jour pourrait venir où les formes et le moule auxquels il s'est scrupuleusement assujetti seront brisés et bouleversés par l'irrésistible effort d'un novateur de génie.

Après tout, celui-là est encore le plus heureux qui meurt comme il a vécu, tranquille et plein de confiance en la durée de ses œuvres, sans qu'aucun doute ait jamais etîleuré son esprit sur les conditions essentielles et l'immuable autorité de l'art, tel qu'il Ta compris et servi.

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CHORON ET FETIS

Ces deux artistes, ces deux professeurs, ces deux savants qui s'employèrent si activement toute leur vie à la propagation du goût musical, à la diffusion des connaissances de leur art, à la recherche et la restitution des chefs-d'œuvre de la musique ancienne, e'taient presque contemporains : Choron était né à Caen en 1772 et Fétis à Mons en 1784. Et quand celui-ci, arrivant de Douai où il avait tenu pendant six ans les fonctions d'organiste à la collégiale de Saint-Pierre Cl de professeur de chant et d'harmonie à l'école municipale, était venu se tixcr à Paris — en 1818 — pour y prendre enfin position, dit-il, en poursuivant ses travaux sur la littérature, la théorie et l'histoire de la musique, il avait tout de suite cn'cndu parler de l'École royale de musique qu'Alexandre Choron venait de fonder, à laquelle il se consacrait corps et biens, et qui, malgré sa courte existence, contribua tellement à propager les vrais principes de l'art, eut une si grande part au mouvement musical sous la Restauration.

Choron, c|ui avait fait partie de l'Ecole Polytechnique à sa fondation, comme chef de brigade, et s'y était distingué, puis s'était tourné entièrement du côté de la musique, l'étudiant d'abord dans les livres au seul point de vue de ses rapports

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