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CHAPITRE Y

LA GENÈSE DE L'INCONSCIENT. — NAISSANCE ET DISSOLUTION DE LA CONSCIENCE

Il ne saurait suiïire à ]a psychologie Je rinconscient d'avoir situé son objet dans le développement de l'activité humaine et den avoir dressé, en quelque sorte, la topographie. D'autres questions se posent suscitées par notre solution même. Si Tinconscient est une forme attardée de la conscience, peu adaptée par suite aux conditions actuelles de l'esprit, comment expliquer le fait singulier de sa survivance ? Comment comprendre surtout qu'il existe en chacun de nous une zone plus ou moins large d'inconscient reprenant les effets de l'activité réfléchie ou l'envahissant peu à peu ? Nous ne saurions répondre à ce problème sans rappeler auparavant la solution de difficultés connexes qui se trouvent engagées dans celte difficulté générale. Les voici dans leur corrélation logique. i° Quelle est la structure du moi envisagé comme le terme opposé à l'inconscient ? Quelle est la nature de l'équilibre qui le maintient en lui-même !' i>° Notre impression générale d'inconscient ne serait-elle pas avivée par un effet de contraste dont il importe avant tout de fixer lo jeu? 3" Comment comprendre, indépendamment des contrastes qui la mettent en relief, la survivance de celte forme éteinte d'activité

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dépassée par réxohilion ? V ^ y aiitait-il pas lieu enfin de la réduire, par opposition à la fonction unificatrice de la pensée, à une fonction « niytliologique » attestant par cette création incessante de mythes son origine naturaliste et son caractère primitif? — On le voit, la psychologie de la genèse de Tinconscient nous ramène aux premières démarches de l'esprit humain. Elle considère Tinconscienf non comme un accident de la vie primitive, mais comme une fonction naturelle, comme un mode d'activité propre à riiomme dans une période lointaine de son développement. Si les combinaisons élémentaires d'images et de sentiments, si les rêves, les actes spontanés, les répulsions instinctixTes sont inassimilables à la réflexion; si ces diverses « objectivations » du subconscient nous ont à certains égards paru absurdes ou immorales, ne serait-ce pas qu'elles sont des survivances d'un mode d'organisation psychologique sans rapport avec le type devenu prépondérant? Bref, l'aclivité subsconciente soumise à cette lente régression ne serait pas complètement annihilée, quoiqu'elle ait dû céder le terrain à une forme rivale mieux armée et mieux organisée.

Sil nous était permis daller de suite au bout de noiro pensée, nous dirions que la condilitm mentale corresponilant à l'inconscient ne paraît pas comporter dindiviilualilé bien nette, encore qu'elle soit un principe précieux ilinvenlion cl d'originalité. Elle est formée d'une agglomération de virtualités, telles (|uo des impressions, des sentiments, des images cpii sont autant tle poussées de la \ie Ba/aili.as. i^

consciente s'épanouissant en tous sens, mais se préoccupant fort peu d'un dessin d'ensemble et d'une organisation continue. Mais surtout ces états, que nous appellerons des virtualités psychologiques, vivent sans arriver à se survivre, sans se dédoubler par la réflexion, sans se dépasser par l'emploi de la pensée. Si Ton voulait se faire une idée d'une telle condition en ce qu'elle a d'instable et de fuyant, il faudrait se rappeler certaines rêveries agréables et qui pourtant ne laissent pas de traces après elles (dans la représentation du moins), certaines émotions, les émotions lyriques, les émotions religieuses, le sentiment musical, qui causent urte exaltation momentanée de la conscience sans laisser percer nettement leur signification. Ces expériences sans doute ne sont point perdues et, si notre connaissance réfléchie ne les conserve pas, notre être concret en garde l'empreinte et s'en trouve profondément modifié. Mais, pour la réflexion qui essaie de les fixer, elles sont essentiellement fugaces et volatiles : elles se survivent tout au plus dans quelques abstraits émotionnels qui les résument bien incomplètement. C'est bien là un moi qui se laisse vivre et qui se plaît à vibrer ; mais ce moi de la vie libre, ce fond toujours en mouvement, tour à tour relâché et tendu, ce point sensible de notre conscience, n'est que la matière de notre individualité et l'étolTe dont elle est tissée. Il est instable, mobile, polymorphe surtout ; c'est une sorte de protée psychologique ; il est variable, il est changeant, il est plastique ; disons-le, il est tout potentiel; il est le résumé et le centre de nos virtualités. Si ce système à peine ébauché de possibilités présente dans la suite fuyante de ses synthèses une certaine unité et une disposition continue, il le doit à la nature (pii j)cut lui donner, ainsi qu'à r;inini;il cl à la plante.

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une unité de direction et de composition. Mais cette unité est organique ou affective relie se projette dans les centres iinaginatifs et sensibles, non dans la pensée. Si elle olltv à certains moments une forme saillante, un relief assez marqué, c'est encore à la manière de la nature qui tente bcaucouj) d'essais avant de réussir et qui passe, avant d'aboutir à un gioupoment viable, par une foule de formes end)ryoniiaires, de tentatives infructueuses, d'ébaucbes bientôt rejclées, de maquettes inutiles et abandonnées. Là réside l'individualité organique ; et encore, ne s'obtienl-elle qu'au j)rix de tous ces essais, de tous ces tâtonnements et de celte multitude de formes préparatoires souvent avortées. — L'individualité psvcbologique, celle qui <^quivaut au sujet connaissant devenu principe d'action et d'existence, n'apparaît que bien plus tard, quand elle apparaît. Elle résulte d'une j)rise de possession de l'individualité sensible par la réflexion devenue aussi la forme lumineuse et barmonique où se distribue cette matière. Elle réside donc dans ce passage du potentiel à l'actuel, de la sensibilité à la réflexion. Elle est tout entière dans celle conquête du moi de la nature par le moi de la pensée, de la volonté organique par une volonté de l'idéal et de luniversel. Si lOn voulait anticiper sur nos conclusions, on |)ourrait dire cpie les sentiments, les images, les inventions spontanées même ne sont pas, en nous, ce qui est le plus, nous-mêmes. Le sentiment, multiple et cliangeant, nous offre comme le spectacle d'une grâce naturelle opérant en nous sans nous. Là, à vrai dire, se retrouvent la multitude, la diversité et l'anonymat. La jnMsomialilé Nient plus tard, et elle vient de plus liant: de la pensée tombe sur ce monde mouvant et anonyme la force d'élection et de sélection. L'unité spirituelle en résulte.

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faisant suite à Tunité organique, l'épurant, la consacrant, la glorifiant. L'idea singularis, pour parler avec Spinoza, n'est pas dans le donné, dans le fait, dans la pluralité mouvante qui fait le fond mobile et pittoresque des consciences : elle s'aflTirme aux sommets de la pensée.

De là les lois qui résument le sens de révolution interne de nos états persoiinels : il y a d'abord une condition potentielle où le rêve, le sentiment pur nous ramènent ; ensuite, Tactualisation par la pensée — grâce à une reprise consciente de l'instinct et de la spontanéité — de cette immense zone d'inconscient delà sensibilité : enlin, le trajet d'un système, d'abord naturel, d'états polymorphes et sensationnels, impulsifs et vitaux, aux centres réfléchis où ils se redressent et s'intellectualisent. On le voit donc: transposition dans des plans différents et en des champs de conscience variables ; formes successives et étagées, de plus en plus définies et simplifiées à mesure qu'elles se projettent au centre conscient, ou qu'elles s'épanouissent en haut : bref, une architecture psychologique en voie de se con struire. Cet édifice d'ailleurs doit son individualité à son mouvement global ou d'ensemble.

Mais ce n'est là que la coupe simplifiée et comme le schéma du devenir qui actualise le moi, qui le fait passer des virtualités de la conscience sensible à l'acte de la personne. Cette construction peut paraître encore trop formelle ou, pour mieux dire, trop simplement esthétique. Avec son procédé de superposition, elle fait songera rarchiteclurc du moven âge: \atura, Gratia, Gloria. Disons bien Aile (|ue, si tel est le dessin général et comme la courbe de la vie psvchologicpic, on ne tarde pas à rencontrer dans les faits des heurts et des oppositions, des contrastes et des anomalies qui font de la condition hu-

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inaine, cl du moi en parliculior, une existence beaucoup plus tourmentée et beaucoup moins harmonique que la théorie semblait le dire : c'est cette confrontation de la théorie avec le réel que nous avons plusieurs fois tentée.

Avant de généraliser les résultats de cette confrontation, nous devons reconnaître (juc révohilinn de no^ étals personnels n'est ni essentielhmicnt lo/^nque ni rigoureusement continue. Dabord, le sentiment évolue souvent avec une lenteur extrême, alors que nos idées et nos méthodes intellectuelles se modifient parfois très rapidement. Il n'est pas rare de voir des caractères et des sensibilités se nouer prématurément. D'autres fois au contraire, le moi sensible ne vieillit [)as ; il conserve comme chez les mystiques, les Imaginatifs et les spontanés, la même ardeur, la même jeunesse, la même sève naturelle. Ce n'est pas tout. Ces moi si divers et souvent si hétérogènes se meuvent en nous comme autant de cercles psychologiques capables de se rapprocher, de coïncider, de s'extérioriser, de s'annuler. (le sont de véritables atomes-tourbillons dans l'ordre mental ; à leur entre croisement on aurait à noter des phénomènes curieux que nous avons appelés phénomènes d'interférence : certaines formes de l'elTort, des faits dimmobililé el d'écpiilibrc factice, leconllitde forces opposées, intellectuelles et émotionnelles, la reprise, dans un équilibre plus stable et dans des combinaisons mieux définies, (le lanl d'éléments disparates, voilà quelques-uns de ces cas d'inlerciurenfc <|ui sont à la base de noire unité psychologique el parfois aussi au principe ignoré de la déleclion ou de la dissolution intérieures.

Quoi qu'il en soit, la constilulion du mol est (vUèmo nicnl complexe. Il ne p;irvicnl au poini culminant de riMiité et de l'énergie stoïque, (pie par un efiort incessant

et au prix de combinaisons innombrables'. Le moi moral, le moi intellectuel et réfléchi, toujours débordés par le moi imaginatif et sensible, ne se maintiennent que par habileté instinctive et perfection de méthode. Leur harmonie est précaire ; et même, quand une fois elle s'est produite, elle est bien vite brisée, si Ton n'y prend garde, soit que les forces novatrices multiplient les oppositions, les interférences et les anomalies, soit que les forces conservatrices ramènent Tinertie et la stagnation, rendant inévitables le vertige, la répétition stérile et la mort. 11 semble donc que notre moi réfléchi ne soit, comme la liberté, qu'une combinaison infiniment rare et qu'une espèce de réussite. Il est porté, comme par son poids naturel, vers l'inconscient, vers la grande unité naturaliste sur laquelle il s'est mis en relief et a brillé un moment. On comprendra maintenant le sens de cette évolution ou, pour micu.x dire, le dessin de cette architecture psychologique dont nous avons tâché d'étudier quelques fragments. Les phases de l'évolution générale de la conscience ramènent, avec ces alternances, ces retours, ces crises, toute cette progression irrégulière enfin, plusieurs conditions qui ne s'ajustent pas toujours d'elles-mêmes et se contrarient assez souvent, ce qui est bien fait pour jeter dans l'édifice du moi une incohérence plus apparente que réelle. D'abord, le moi saisi dans sa féiondilé naturelle et dans l'unité de son mouvement productif est une Idée de la nature, une Liée organique, comme une espèce vitale, un type animal. Quelles que soient les modifications extérieures, ce sont là des liens dilïiciles à briser; nous serons toujours quelque peu par là rattachés à la vie physique et à

1. \oir, à ce propos, notre ouvrage lu \ ir ju-rsoimcUf, dernier cliapitre et conclusion.

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riiiiilé cosmique des forces nialcriclles. Knsuilc, ces émotions fondamentales s'épurant, se claiilianl, nous assistons à une relouche insensible do la nature par Tespril, à une reprise de l'impulsion par la réllexion. Au lieu de l'état anonyme et mouvant qui fait le fond de la vie alTective — puissante, mais amor[)lK' ou polymorphe — se dessine maintenant une unité composée et volontaire qui se greffe sur ce fond d'émotivité. Au point d'atlache de celte pensée (pii construit et de cette nature qui vit ou qui rêve, nous retrouverions la variété des types du moi, accusant tous ces compromis et se réduisant à cette faculté de combinaisons élémentaires. Enfin, il nous serait aisé de noter la période de dissolution, qui n'est pas chronologique mais psychologique, et qui intervient à l'état normal, dans la perfection même de la condition personnelle. C'esl là une graiule lutte, avec le llux et le reflux de la vie, avec de vraies anxiétés. Celte période exprime, avec une vérité douloureuse, l'incertitude entre deux mondes. Elle est le fait de celle dualité qui est on nous, et (pii donne au moi do la [)ensée pure et de la liberté, comme contenu et comme matière souvent inassimilables, la vie naturelle, les forces cosmiques à peine métamorphosées en sentiments et en alTectivité.

Nous n'avons pas à \m»vv iii lo priihlÔMif, dialectique ou critique, des rapports de cotte Ibrnio à celte matière. Nous n'avons qu'à envisager conmie un fait la réalité de leur combinaison et l'équilibre mental qui en résulte. Il sera dès lors facile de dissocier ces éléments et de départager leur roMe. Nous verrons la fonction d'unité, inhérente à la conscience réfléchie, souvent conq)romise et tenue en échec par riuqwticnce des éléments composants, tandis que ces derniers se recomposent parfois à leur manière d'après un

type d'organisation primitif cl naturel, mieux adapté en tous cas à leur logique et à leurs aspirations secrètes. Cette action réductrice ne cesse d'entamer, de ronger la zone consciente ; elle lui enlève par voie de corrosion des principes constitutifs. Elle vient singulièrement renforcer la genèse de Tinconscient. Elle apporte, ainsi que nous allons voir, une limite incessante à l'activité unificatrice de la pensée considérée comme une forme d'organisation opposée et rivale : elle en précipite la dissolution.

On comprendra d'abord, croyons-nous, que la conscience intellectuelle soit très voisine d'une « fonction de juger » appliquée à la simultanéité contradictoire de nos sensations, et qu'à ce titre elle soit beaucoup plus impersonnelle et « objective » qu'on ne l'accorde d'ordinaire. On aurait même à se demander, conformément aux idées de M. Durkheim, si la conscience du groupe social, consistant en un ensemble de règles et en un système coordonné dbabitudes précises, n'aurait pas eu une influence décisive dans les transformations qui ont fait jaillir la conscience individuelle de l'indivision priniilivo. En tenant compte de l'influence qui a pu s'exercer par la division du travail et par la formation do groupes ou de cercles sociaux relativement stables, il importe d'accorder une large part, dans la naissance de ce type conscient, à une fonction commune qui est la fonclion de choisir, et qui consiste essentiellement à critiquer on à opter, — nul élément psycbologique n'ayant droit de cité dans le système fermé de la conscience intellectuelle qu'il n'ait été l'objet d'un travail

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préparaloirc d'ajustcmenl cl de séloclion. Par contre, l;iiil que colle fonclion n'enlre point en exercice ou dès qu'elle se suspend, la conscience rêve et végète. Il y a donc dans le type inlelloctuol de la conscience une relation avec ce qu'on peutappeleirobjccti vile, lintelligibililé platonicienne, et cette relation transposée subsiste au sein de phénomènes qu'elle embrasse en les détachant de la subjectivité de leur première origine. InvcrsemenI, on pourrait prétendre qu'il reste dans la conscience actuelle, de son alliance étroite avec le cosmos, quelque chose de plus que le caractère strictoinent émotionnel. Il subsiste, comme un résidu facile à saisir, une condition cl des aptitudes nettement naturalistes qui, au point de l'évolution où nous sommes parvciuis, tendent à disparaître, mais qui sont très marqués chez les êtres primitifs. Il y a donc une peri)éluelle naissance de riiommo inlcllecluel sous le stimulant de la vie sociale et de la vie rationnelle ; mais, comme si la nature (endait à compenser en sous-main les concessions qu'elle a faites à la pensée, ou si elle façonnait en .nous une infrastruclure réfractaire aux modifications de la surface, nous assistons en même temps à la persistance d'un moi animal. Nous avons monln- .lillcurs cette action continue du moi fruste et prliuilif. Il nous sera permis de fortifier celle première démonstration en élablissanl le caractère précaire et souvent provisoire il*^ ruiiilé de conscience qui donne le change sur lui.

Les formes primitives de la conscience, celles qui se traduisent par la prépondérance des éléments imaginalits ou mythiques, et qui correspondent au subconscient, ne sont pas mises en péril par les ])rogrès de l'aclivilé mentale : elles subsistoiil tout m se Iraiisformant. (^etle succession régulière de foruies est comparable à Téxolulion conti-

nue des types zoologiques qui, au dire d'un savant autorisé, se développent sans cesse et finissent par devenir méconnaissables aux regards vulgaires, mais où un œil exercé retrouve toujours les traces du travail antérieur des siècles passés. Or ce qui entre dans le concept négatif de Finconscient, correspond à un pareil phénomène de survivance : des états revivent, que l'on croyait disparus. Il est permis à l'analyse d'en dégager le dessin à demi-efTacé parmi les transformations qui les recouvrent. D'après une loi hypothétique, de Yico, l'humanité passe nécessairement et repasse par les trois âges : divin, héroïque et humain. De même, dirons-nous, le moi est tour à tour nature, sensibilité et réflexion. Au cours de l'évolution mentale qui en difîérencie les moments, il présente successivement l'aspect d'une spontanéité pure, d'une vie émotionnelle et Imaginative, enfin dune pensée pratique directement soumise aux méthodes critiques de la réflexion. L'erreur du psychologisme a été d'ignorer que les consciences individuelles, considérées au moment de leur développement réfléchi, recouvrent sous leurs jeux d'idées une masse de sentiments et de croyances, des dispositions affectives à évolution lente. Celles-ci sont moins apparentes, mais plus profondes et plus tenaces. Elles ressemblent à ces idées fondamentales, fort rarement renouvelées, qui constituent les premières assises d'une civilisation et qui expliquent, en se transformant, ses ultérieures perfections. Le moi animal nous paraît correspondre à l'âge primitif où tout est imagination et symbole. De là les mythes dont il vit, à rencontre des froides fictions de la raison, et qui composent sa trame, \otre personnalité n'est que cette ne mythique épurée et rationalisée. Mais l'on comprend aussi que cette vie mythique subsiste en nous malgré l'effort

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