‹ Musique et inconscienceChapitre 11 sur 146 · I. Voir lîoiitroux, l'uscal · texte numérisé non relu

I. Voir lîoiitroux, l'uscal

a. Wagnor, loc. cit.

LK LVHISMi: PASSIONNEL I f j

^c redresse, et s'épanouit en haut. A l'appel magique qui vient ('mouvoir nos puissances endormies, nous tenions comme en nous jouant — et voilà ce qui nous enchante — toutes les expériences qui nous sont de cjuelqne prix. « Tantôt c'est une prière contenue de repentir, une consultation tenue avec Dieu, sur la loi au bien éternel»'; tantôt Tesprit perçoit l'apparition consolatrice, « l'idéale figure de sentiment et de rêve » qui le visite et l'apaise"; parfois c'est le désir qui devient un jeu mélancoliquement doux avec lui-mome ^ ; ailleurs, c'est l'expression sans cesse diversifiée, soumise à des transformations incroyables, de l'innocence reconquise sur la science, sur la morale, sur les formes vulgaires du sentiment et de l'action*; ailleurs encore, c'est une courte et profonde méditation, comme si l'artiste pénétrait par degrés dans le rêve intime de son âme"; et ensuite, s'il s'éveille, c'est pour jeter sur le monde matériel des sons et des formes un regard qui l'éclairc et le transfigure*. Tout cela sans doute est mythe et figure ; mais la joie, qui en découle, a de la gravité et de la noblesse. Elle lient à ce que l'âme s'exerce imaginalivemcnt dans toutes les voies qui lui sont fermées d'ordinaire et que la musique hii ouvre àl'envi. Il y a dans Spinoza une fornuiie noble entre toutes ; Benc a<jcrc et /n'tari. licethoven ne cesse de l'appliquer. Il connaît l'allégresse qui vient de la vie libre de l'esprit : il a voulu rétablir la mélodie de cet esprit. Voilà pourquoi il a rendu à la musique la noblesse qui tient à son rêve intérieur, celle

Page 1