‹ Musique et inconscienceChapitre 15 sur 146 · I. Ibiil., t. il. !>. 'i;{(j · texte numérisé non relu

I. Ibiil., t. il. !>. 'i;{(j

3o LE RÉALISME MUSICAL

conçoit que cet élément de spontanéité absolue qui agit et se meut dans la nature et dans l'homme, qui se manifeste dans des phénomènes ou des « objectivations » de plus en plus parfaites, puisse s'élever assez haut pour que la lumière delà connaissance pure Téclaire directement; elle se révèle alors à nous comme identique à cette volonté, élément primitif et commun des êtres, « qui est ce que nous connaissons le mieux, qui, par cela même, ne nous oiTre plus rien cj[ui puisse l'expliquer, mais qui sert au contraire à expliquer tout le reste* ». Elle est donc la chose en soi, en tant c{u'il est donné à une connaissance quelconque de la saisir, et, par conséquent, elle est ce qui doit se rencontrer de n'importe quelle manière, dans n'importe quelle chose au monde, car elle est l'essence du monde et de totisles phénomènes.

On conçoit par suite que, s'il se trouve un mode de connaissance ou un mode d'art C[ui puisse, à sa façon, évoquer Tiniage de la volonté, nous aurons là une véritable idée du monde saisi non dans son apparence extérieure, mais dans la réalité de son essence. Or ce mode de connaissance existe : c'est le génie ; et cet art qui va par delà les apparences, qui rompt avec les artifices de la représentation et qui pénètre jusqu'à l'essence du monde, est la musique. Nous tenons donc l'idée génératrice de la théorie de Schopenhauer : nous voyons, conformément aux indications précédentes, le rapport que cette théorie particulière entrelient avec le principe fondamental de sa métaphysique. Hâtons-nous cependant d'en convenir : ce n'est là qu'une relation d'ordre général, incapable d'expliquer le caractère profondément original d'une telle conception musicale. Pour

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