‹ Musique et inconscienceChapitre 19 sur 146 · L II3KE DL MONDH · texte numérisé non relu

L II3KE DL MONDH

musiijiie dans la liirrarcliie des arts, le faraclèrc j)ri\il(.''j:ié, — disons-le dun mot, — mélaj)li\si([Me. f|ii"il ne < r.iinl pas de lui conférer.

Schopenliauer se préoccupe d'abord de siluer la nMi>i(p)c à regard des autres arts, afin d'établir ce fiuelle comporte d'original et d'unique. Irréductible aux arts plastiques et à la poésie, elle ignore leur procédés et dédaigne leurs motils ordinaires d'inspiration. Les arts plasti(pies et la poésie recourent à des concepts dont ils se servent pour rendre l'idée sensible ; ils relèvent de l'intelligence dont ils satisfont à leur manière le besoin de comprendre ou de contempler. La nmsiquene se propose })as l'expression des idées : elle s adresse à la stn^ibihlé. sans passer par I intermédiaire des facultés représentatives ; elle parle un langage ctimpr(''licii>il)li' pour cliai un et ne ni'ct><itaiil nullement I inter\enlion des ctincepts ; elle e>t duecte <t inunédiate. Son objet est également distinct de celui (pii se [)ropose aux autres arts. Ceux-ci enlentleat oll'rir à la contemplation, libérée de toute vue utilitaire, les principales « objectivations » de la volonté, les idées du monde et de ses pbénomènes essentiels, au sens de Platwi. Aussi, désireux d'éclairer notre consciente en provo(piant en elle un mode de connaissance objectif et désintéressé, doivent-ils se préoccuper surtout de rendre ces idées accessibles à la pensée: ils euq)loieront donc des concepts rationnels et combineront à leur manière des notions intelligibles. .\u contraire, la unisi(|ue se niainlient bien loin de toute donme inlelligible. de toute faculli- de conipi l'iiension. Les catégories de la coiHiaissance perdeiil ici (muI leur <eii<. même dans les

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moyens d'expression; car la musique nous replaceau__sein de la sensibilité et comme dans l'intimité de l'être. Elle ne s'épanouit pas en pensée, elle se condense en éniotjpn. Au lieu de [)arlerà la connaissance, elle s'adresse à la volonté. Dans la musique, Schopcnhauer croit reconnaître un produit immédiat de la nature, innocent et spontané comme elle, portant en lui son explication, posant le principe d'un développement sans lin. 11 découvre en elle une Idée du monde. Celui qui pourrait l'interpréter entièrement avec des concepts se donnerai! une philosophie explicative de l'univers.

^lais conunent celte idée du monde, donnée en dehors et au dessus de toute représentation, réussit-elle à pénétrer dans notre conscience et devient-elle objet de jouissance esthétique ? Comment, en supposant qu'elle vienne rejoindre, par delà les formes de la connaissance, la volonté universelle, se détache-t-elle de cette volonté, pour donner lieu à une expérience consciente? C'est ici qu'intervient le principe métaphysique auquel Schopcnhauer nous renvoie. Les dilïérenles objectivations de la volonté, les idées platoniciennes, ne peuvent pas être considérées comme l'essence de « la chose en soi », mais seulement comme la manifestation du caractère objectif des choses : elles n'en donnent par là qu'une expression extérieure. Elles nous maintiennent en dehors de l'essence intime des êtres ; elles n'v pénétreront jamais. Celle-ci ne serait donc jamais connue, si elle ne nous était révélée d'autre part, d'une manière indistincte et de sentiment. La « chose en soi », la réalité essentielle et profonde des êtres, ne peut être comprise par la x'oie des idées ; elle demeure jusqu'au bout étrangère à.lji connaissance objective. Elle serait un mystère éternel si nous n'y avions accès par une autre voie. Aussi

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