‹ Musique et inconscienceChapitre 20 sur 146 · L IDEE DL MONDE · texte numérisé non relu

L IDEE DL MONDE

bien n'y a-t-11 qirun parti à prendre : il laiil sup[)oser rpic le sujet connaissant est, en mémo temps, individu et partie itiliinsèque de la nature ; il a donc librement accès dans l'intérieur mèrne de celte nature ; il peut en recueillir ou en exciter Timage. Pour y [)énétrer de la sorte, il n'a qu'à descendre dans sa propre conscience personnelle OH il se saisit en un rap[)ort d'immédiation absolue avec la nature, en lunne tfMM[)s qu'il se saisit comme volonté. C'est à ce point d'attache, unique dans la vie uni- \ei>clle, que s'arrêtent tous les arts orientés invinciblement vers la connaissance; c'est précisément là que la musique s'applique, tournée vers Tiiitérieur des êtres, e! qu'elle lait jaillir cette idée du monde étrangère à la représentation mais accessible, [)ar la voie du sentiment, à la plus intime conscience.

Mais ce passage du monde contemplé, objet de connaissance désintéressée, au monde senli, donné en corrélation avec le sujet, ne pourrait se comprendre sans une double fonction de la conscience. La conscience ne cesse d'être imaginée par Scho[)enliauer comme jihénomènc à double lace : d'wn côté, elle est conscience du moi propre, (jui est la volonté, et elle se prête à une expérience incommunicable, toute d'instinct et de sentiment ; d'un autre coté, elle est conscience d'autres choses et, comme telle, connaissance contemplative du monde, conception des objets. Telle est la dualité des formes de la conscience totale, cl |>lus un de se«; a-^pecls apparaît, [)lus l'autre se relire. Or, si les arts |)la-~li(|ue>i et la |io(''sie nous maintiennent sur le

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'lO LE REALISME MUSICAL

ception des idées : elle se détourne de la pensée contemplative qu'elle ignore; elle se déploie, avec la liberté du rêve et de l'inconscience, dans cette partie de la conscience qui regarde à l'intérieur. l]n se détachant ainsi du côté objectif et formel de la connaissance, elle retrouve en même temps que la conscience du moi propre celle de la volonté universelle, et ainsi l'essence de la chose en soi, insaisissable pour la contemplation extérieure, lui est révélée. Ce qui est rêve, ou inconscience, ou ignorance, examiné du point de vue de la connaissance objective où la musique ne se place plus, est en réalité du point de vue opposé de la connaissance intime et profonde où la musique se place, intuition, révélation de lètrc, connaissance primordiale et essentielle.

On comprend par suite qu'en éclairant le fond même d& la vie et en rexprimant dans l'inlimité de son principe, la musique nous le présente avec une telle intelligibilité immédiate que le monde de la représentation n'ait qu'à disparaître devant celte soudaine évocation. Ou plutôt, si la musique — qu'en raison de ce contraste nous appelons improprement le domaine de rinconscient, le domaine des rêves — attire à elle certains éléments du monde de la représentation qui en sont le plus proches, tels que le rythme, la plastique et le geste, elle ne laisse pas de les transformer profondément en tournant vers l'intérieur la connaissance superficielle que nous en avions et qui nous les faisait méconnaître : elle saisit ainsi l'essence d<>s choses dans sa manifcslation la |jli"ïs iiuuK'diate et elle nnte. -ui^^l^l un inlerpièle auturisi'' de SchopL-nhauer. le rt'\c i[ii au plus prnjond de son Mimmcil le inu^icicii a\;iit (•(Hilcniplé''.

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