‹ Musique et inconscienceChapitre 22 sur 146 · I. ^^ agiicr, ibi<l., p. u · texte numérisé non relu

I. ^^ agiicr, ibi<l., p. u

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\!l LE RÉALISME MUSICAL

de la volonté avec elle-même. Elle suit ce conflit dans le tableau des souffrances humaines : elle nous révèle partout une seule et même volonté qui vit et souffre, et dont lesmanifestations se combattent et se déchirent entre elles. Mais n'est-ce pas là, à certains égards, l'objet propre de la musique, et cette révélation soudaine du principe, universel saisi dans la réalité de sa souffrance nVst-elle pas le trait commun qui rattache ces deux arts et qui les fait insensiblement converger lun vers l'autre? Celte parentécst plus étroite encore si l'on songe que la tragédie excelle à restituer tout le développementdelavolonté, jusqu'au terme où elle s'abrite dans la résignation et dans le renoncement . Cette volonté apparaît, savons-nous, plus ou moins énergique, selon les individus, plus ou moins accompagnée de raison, plus ou moins tempérée par l'intelligence ; et finalement, dans des cas d'exception, la connaissance, purifiée et élevée par la souffrance même, arrive à ce degré où le monde extérieur, le voile de ^laïa ne peut plus l'abuser, où elle voit clair à travers la forme phénoménale qui n'est autre que le principe d'individuation ; alors l'égoïsme, conséquence de ce principe, s'évanouit avec lui : « les motifs, autrefois si puissants, perdent leur pouvoir et, à leur place, la connaissance parfaite de l'essence du monde, agissant comme quiétif^ de la volonté, amène le renoncement non seulement à la vie, mais à la volonté même de vivre'. » Pareillement, dans la tragédie, les natures les plus nobles renoncent, après de longs combats et de longues souffrances, aux buts ardemment poursuivis jusque-là ; elles se débarrassent avec joie du fardeau de l'existence et elles meurent consolées.

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