I. Ibiil., i. I, p. '|o
'À. lOid., p. 4o5.
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lîien que Schopenhauor conslalc que la musique est restée en deliors de l'encliaîncnienl systématique de ses idées cstliéliqucs et qu'il tende à l'isoler des autres arts, c'est bien la volonté qui faisait déjà la gravité de la tragédie; l'essence dramaliijuf tlu nmiide s y trouvait saisie avec profondeur. Sans doute la nmsicjuc, qui a s[)écialement cet objet, et dont le but est uniquement do rejoindre In vfilonté, « ressence mlime des èUc^ ». p;u" delà le-^ ci)nq)n)mi> de la perccj)tion, y parvioiil elle [)iir une voie plus directe et, pour tout dire, sous la forme d'immédiation. Elle ne lestilue pas, comme la tragédie, rencliaînemenl bislorique des événements ou la série, exlérieuio (micipit. de-^ arles f|ni composent l.i r()i'm(' onipii i(|ii'' (lu laraclère: en un mol, elle ne saisit pas Tessence de biais ; elle ))lon'.'^(.- directement en elle et nous la révèle sans lintermiMliaire des cimcepts de la pensée commune ni des con?tructions de lliisloire. C'est le <lrame universel, immédiat, tel que VTâgïïcF~rî7~cbnipris dans (( Tristan et ^seidt » et dans « Parsifal », le drame <]e la volonté se détruisant par l'excès de son intensité et s'épiiisant par son exaltatation même, ou bien parvenant par une suite de renonciations successives à la mort de régoïsme, au suprême renoncement. Mais ce que la tragédie manifeste par des actes, la nmsique le révèle par des intuitions. Cette révélation, dans lune, est progressive el. dans l'autre, instantanée ; l'une nous maintient encore au sein des symboles, dans la représentation : elle nous fait suivre la volonté dans le pbénomène de son conflit, dans son bistoirc toujours forcément superficielle ; l'autre la saisit dans ses démarcbcs les plus reculées, dans la réalité infiniment poignante de ses angoisses et de ses désirs qui sont comme la loi, rendue soudainement perceptible, de ses obscures destinées.
CHAIMTRK II
iSIGMFICATION OBJECTIVE DE LA MUSIQUE
Nous sommes maintenant en clat d'expliquer et de résoudro le profond paradoxe posé par Schopcnhauer, quand il montre que la musique ne peut se rendre proprement par des concepts, et quand il établit un parallélisme cnti:^^ les données objectives du monde et les éléments concrets que l'analyse oecouvre en elle. Nous venons de sT^Tialcr n? ^juilait la valeur et la signification intérieure de la pure musique. Elle n'appartient pas au domaine de la représentation, c'està-dire des pbénunièncs ; elle n'est pas, comme les autres arts, la copie dune copie. Ceux-ci n'expriment querombrc, tandis qu'elle parle de l'être'. Elle est donc complètement indépendante du monde phénoménal : elle l'ignore ; elle continuerait à exister alors même qu'il cesserait d'être. Car elle aurait toujours à traduire les deux modes fondamentaux de la volonté, ce qui est aussi éternel que cette dernière et qui échappe aux formes de la perception extérieure : le désir toujours inassouvi, la douleur qui se renouvelle toujours. Issue des, profondeurs de la volonté d'où elle