‹ Musique et inconscienceChapitre 29 sur 146 · Bcfthuvrn, p · texte numérisé non relu

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comprimées, qui se lamentent et qui sanglotent, des promesses de joie que la douleur brise, la gloire et la mort; et tout cela, c'est encore le monde saisi dans son mélange inquiétant.

Nous sommes maintenant en mesure de répondre à la question qui se posait au début de ce cbapilre : la musique peut-elle s'ériger en art autonome ? A-t-elle un objet absolument indépendant? Ou mieux, a-t-elle un objet?

Nous avons débuté par une remarque préjudicielle : « L'état de contemplation pure ne peut se produire que si les objets s'y prêtent d'eux-mêmes, c'est-à-dire si par leurs formes variées, mais en même temps, bien dessinées et bien claires, ils représentent facilement leurs idées au sens platonicien du mot ; et c'est en quoi réside leur beauté,, prise dans sa signification objective' ». (îràce à l'intervention de ces formes, qui représentent dans l'ordre de la nature les conditions favorables au développement du sentiment de la beauté, nous perdons insensiblement de vue la connaissance des relations empiriques ou utilitaires, la connaissance au service de la volonté, pour nous livrer à la contemplation esthétique et nous ériger en purs sujets de la connaissance -. Or, nous avons vu que la musique intervenait précisément au moment où la contemplation, délaissant les formes significatives de la nature, s'applique à la volonté et en suscite spontanément limage. De là cette alTirmation, souvent répétée par Schopenhauer, que la mu-

I. Schopenhauer, Le Monde, etc., t. I, p. 3i(). ■j. Ibhl., p. 32().

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