‹ Musique et inconscienceChapitre 3 sur 146 · I.K MVMIK \ll SICALKT f. V MK DK I.KSl'IUT · texte numérisé non relu

I.K MVMIK \ll SICALKT f. V MK DK I.KSl'IUT

Nous allons recourir à un arlilicc. Nous allons supposer fjue nous ignorons les clTots psychologiques de la musique et, à plus foile raison, les liypollièses sur la nature et Texislence do linconscicnl. Nous noterons simplement ce ([ui se passe on nous dans (piclqucs expériences musicales détcrmiiii'es. Nous verrons images et sentiments s'exciter d'abord et s'orienter dans une direction nouvelle. Celte direction les porto vers des contres aiToclils que nous pourrons décrire : nous serons ainsi conduits à comprendre la réiiorcussion naturelle do la musiquo sur la sensibilité, à voir comment elle se prolonge on émotion. Brel, nous soupçonnerons quelques-unes de ses alTmités avec cet endroit retiré do Tàmo, où nous n'avons guère accès par les moyens t)rdinaires, si bien qu'on le nomme l'inconscient et qu'il faut user d'artifice pour le surprendre.

Nous voici donc en présence d'un cas représentatif, celui de Beethoven, of d'un promiorexemple aussi défini que possible, l'expression de la joie dans une partie déter minée de son œuvre. Soit la neuvième symphonie où la joie justement est célébrée. Comment ce sentiment est il Irailuit on, |)lus exactement. comniiMil mou> est il suggéré? Do quollo (pialité d'ànu> pouvmis-nous dire que son

[X IMKODUCTION

expression témoigne'.* Y a-t-il ici une traduction immédiate présentant, en matière d'émotion, une notation fixe? La dernière question est d'autant plus de mise qu'on a récemment contesté le sens traditionnel du morceau en lui attribuant l'expression, non de la joie, mais de la liberté. Serait-ce que les notations musicales des sentiments sont loin d'être définies, et que la même combinaison de sons témoigne indistinctement de différentes qualités d'âme? ]']t le problème que nous posons serait-il, dès lors, sans objet? — Disons d'abord que les raisons d'un remaniement aussi arbitraire nous échappent complètement. Allégueral-on que le sentiment delà liberté est plus noble que lajoie? Mais on ne saurait oublier que la joie, sous tous ses aspects, dans toutes ses nuances, a inspiré l'auteur des symphonies, qui ne pouvait mieux couronner son ceuvre qu'en exaltant le sentiment dont il avait tiré un si beau parti. 11 est vrai qu'on prétend expliquer par des circonstances historiques ce changement de sens'. Beethoven, remarquet-on, est un libéral, c'est même un révolutionnaire; sa composition porte l'empreinte visible des passions ou, si l'on veut, des nobles préoccupations qui l'agitent. La liberté est méconnue; c'est elle qu'il chante et qu'il exalte. Aussi convient-il apparemment de précipiter la mesure, d'accélérer le mouvement, comme il sied à une marche guerrière, à une sorte de Marseillaise germanique présentant un entraînant appel à l'affranchissement et à la fraternité des peuples. Yoit-on le contre-sens? Devine-t-on l'altération produite dans une œuvre qui reffète une prolonde sérénité d'àme? Ce choral discret, ému, qui s'épanouit lentement « comme la llcur divinement douce et

Page 1