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cl intimes. C'est encore un symbolisme musical dont Schopenliauer se plaît à orner ses intuitions. Nous avons dissocié ces deux aspects : il ne faut pas que l'un recouvre totalement l'autre et que le roman du métaphysicien nous empêche de goûter et d'apprécier pour lui-même le rêve délicat de l'artiste.
CHAPITHi: III SIGMFIC\TION PSYCHOLOGIQUE DE I.V MUSIQUE
Nous serions conduits, par celle méthode de dissocia lion, au point brillant do la mcta[)hysiquc de la musique, à ridée la plus riche en conséquences ([u'elle paraisse renfermer. Nous venons d'établir, ^àce à elle, le caractère singulier, l'essence hétérogène do la musique : c'est un art indépendant, savons-nous, le plus puissant de tous ; elle a son objet que ne soupçonnent pas les autres arts ; elle atteint son but par ses seules ressources. La poésie lyrique et le tlrauio. cpii on sont le plus voisins, ne pénètrent pas, comme elle, au principe de la volonté; elle seule la retrouve <lans ses thèmes constitutifs et dans ses alternatives de joie et de peine ; elle seule en restitue profondément llnstoire. C'est dire qu'elle a par elle niônio une plénitude de sens véritablement incomparable: elle n"a besoin d'aucun des secours adventices qui lui viendraient des paroles d'un «liant ou de l'action d'un opéra. La voi\ humaine ellenniUK^ n"a (piuno valeur in<lrunienlale ; elle n'aura pas un rang d'exception ; elle sera traitée couune \u\ son ayant ses <1«>grés variables do richesse et d'inlensilé. Lofait, pour cet instrument spécial, do servir, en tant que langage, à la communication des idées et à lexpression abstraite des
élats conscients, ne doit pas nous donner le change sur son véritable rôle en musique. La fonction logique ou représentative inhérente au langage ne sera plus de mise; Taccent, la vibration intime et profonde, la modulation d'une voix qui chante retiendront plutôt lattention. Le langage vaudra, non comme expression des idées, mais comme système de sons, et il traduira simplement l'individualité de la voix qui le profère. D'où, en premier lieu, cette importante conséquence qui définit un des principes essentiels de la musique moderne : les paroles seront toujours pour la musique une addition étrangère et d'une valeur subordonnée, Teflet de.•^ sons étant incomparablement plus énergique et plus immédiat que celui des paroles. Et de là, en second lieu, cet impératif musical : incorporées à la niusi(jue, les paroles ne doivent jamais vouloir primer : elle doivent se plier. Un passage, le plus souvent inaperçu, des Parerga confirme et développe brillamment ces vues tiiéoriques. Dans la musique religieuse, remarque Schopenhauer, les paroles pour la plupart indistinctes, indéfiniment répétées, constituent un simple solfège dans lequel la musique, ne conservant que le caractère religieux en général, se déploie librement et ne se trouve plus, comme dans le chant d'opéra, envahie dans son propre domaine par des misères de toutes sortes. « Ici^ elle peut déployer sans obstacles toutes ses forces sans avoir non plus à ramper sur le sol avec le caractère puritain ou méthodiste de la musique religieuse protestante. Elle prend son essor librement et à grands coups d'ailes, comme un séraphin'. »
Serait-ce exagérer notre pensée que de signaler en celte remarque imc vue prophétique destinée à révéler à la pmc