MUSIQUE KT EMOTION
ries les [)lus lisibles, elle sait se niaiiiloiiir hcllc, pure et (ligne; celle alliance avec les événements médiocres ou les extravagances comiques n'allèrc pas sa nalme ; elle n'a pas le pouvoir de la faire déchoir des hauteurs qu'elle habile et d'oîi la vulgarité est bannie'. Pour elle il n'y a donc pas de sujets bas ou nobles; elle ne s'assimile jamais à l'élolTe matérielle de la composition ou de l'histoire ; ses origines, comme ses visées, sont autres : elle restitue les mouvements de lame.
Mais si la uiusique a une exislencc indépendante, si en se conformant à ses règles très spéciales elle produit son plein effet, p()ur(pioi maintenir, dans certains cas déterminés, lUT texte encoud)ranl !* Pourquoi ne pas faire retour à la pure musique, à la musique simplement orchestrale ou symphonique? Schopenhauer aborde ce délicat problèriie et le résout ingénieusement. Les paroles d'un texte peuvent agir comme un stimulant sur l'imagination musicale en acheminant le compositeur vers un ordre déterminé de sentiments; elles ('(jnlribui'iil à créer en lui un étal émotionnel profond dont linvention mélodique profitera. Comj)renons l)ien le sens de l'explication par trop sommaire, il est vrai, de Schopenhauer. Les [)aroles exécuteni un véritable travail ilamorçage: elles ne créent pas le sentiment musical, elles le suggèrent ; elles foiil prendre^ à la conscience une altitude souple et abandonnée, favorable par suite au développement de l'émotion, (lelle-ci surgira en même temps que son expression mélodicpve, sans réminiscence verbale : la parole iwMix (lu moins serxi à la pro\o(pier. A celle prtMuière raison il convient d'en ajouter une seconde, valable pour l'auditeur hii même. Nous nM^hiMclions nalurellemeiil le plaisir