‹ Musique et inconscienceChapitre 40 sur 146 · L\ VIF DES SENTIMENTS · texte numérisé non relu

L\ VIF DES SENTIMENTS

pérance, avec leurs nuances sans nombre, Schopenliauer observe expressément qu'elle les saisit clans leur généralité et sans spécification : c'est toujours leur forme qu'elle nous rend, sans leur élofle bistorique, sans leurs circonstances, comme un monde de purs esprits sans matière. Libre à UDUs sans doute de matérialiser ou, ce qui revient au même, <le dramatiser les données de l'intuition ; libre à nous de nous Mvrcr à un travail de construction ou d'idéation des -ciiliuicnts, que nous décrimns un peu [)lus tard. Mais ce rninuienlaire, surajouté aux pures données de l'émotion, lie contribue ni à nous les faire comprendre ni à nous les laire goûter et ne vient qu'y adjoindre un élément bétérogène, tout à fait arbitraire; aussi vaut-il mieux en jouir dans leur l>ureté immédiate'. Quel sens convient-il d'attacber à cette réserve? Comment dissiper cette apparente contradiction!' Siu- ce point encore, nous demanderons la permission de re- • oiirir à la métbode et à la terminologie de la psycbologie juoderne des sentiments.

Pour cette psvcbologic, telle que Scbopenbauer en avait le pressentiment, il convient de distinguer entre la forme extérieure, plus ou moins réflécbie, dont nous désignons <'t circonscrivons nos émotions, et le fond émotionnel, le (Durant alTectil" ([ui ne cesse d'y évoluer. En un mot, il <onvient de distinguer entre le cadre immobile des sentiments et la vie même de ces sentiments saisis dans leur devenir. Or, si lOn envisage un sentiment dans sa constitution dynamique profonde, on trouve qu'il n'a aucun raj) port assignable avec les circonstances qui nous permettent <lt^ l'expliquer après coup, ou même avec l'bistoire personnelle (pii s'y projette. Le sentiment pin- nous replace peu à

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