‹ Musique et inconscienceChapitre 41 sur 146 · I T. II. |). C · texte numérisé non relu

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peu de Tordre de la représentation où se produisent ces constructions inutiles et ce commentaire superficiel, dans l'ordre de la volonté, c'est-à-dire de la conscience profonde, où se déroule silencieusement le courant continu de la \io psychologique. Or, si Ion est familiarisé avec la terminologie de Schopenhauer, c'est exactement une distinction semblable que l'on trouvera dans sa doctrine. Dire que l'expérience musicale nous rend les sentiments « dans leur généralité », « in abslracto », sans aucun accessoire et « sans leurs motifs », qu'elle les restitue dans le principe essentiel de la volonté, c'est exactement établir un départ entre lidéation factice des sentiments et leur vie profonde, entre le sentiment se réfractant dans une histoire superficielle ou dans un commentaire surajouté, et l'émotion considérée dans sa pureté immédiate, saisie pour ainsi dire à l'état naissant. Considérée de la sorte, l'émotion se ramène à une disposition synthétique des états conscients sous une forme extrêmement simple; elle fait retour à des thèmes constitutifs de la sensibilité et se confond avec des attitudes de l'àme. Désormais on chercherait vainement en elle des distinctions trop arrêtées et des circonscriptions verbales trop précises: ce que l'on y découvrirait simple ment, c'est bien plutôt un ralentissement ou une accélération de l'activité, son exaltation ou sa torpeur, des élans et [)arfois des repos, et puis des reprises de l'énergie intérieure, bref, ces degrés variables d'intensité par lesquels se manifeste l'essence dynamique des sentiments. Nous venons par là même d'interpréter d'un point de vue tout moderne la théorie de Schopenhauer : il est permis d'y voir une contribution à la psychologie générale des émotions^ beaucoup plus qu'un ensemble de considérations mélaphy siques. L'effet toujours renouvelé de la musique est, en

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