‹ Musique et inconscienceChapitre 5 sur 146 · I. FicflItDreii, [i;ir l^liliaiil \\ at'iirr · texte numérisé non relu

I. FicflItDreii, [i;ir l^liliaiil \\ at'iirr

10 INTllODLCTION

Bach, lorsque venait le choral' ». Ainsi sont vaincues les dernières résistances par lesquelles notre cœur se refusait à la nrâce musicale. L'homme triomphe du langage qui opposait ses concepts et la restriction de ses mots aux effusions du sentiment. Il désarme devant cette exaltation des facultés d'adoration et de joie ; sa parole se convertit en chant pour célébrer l'allégresse universelle subitement révélée :

(( Vuici ma vuix, bruit maussatk- et monteur -. «

Mais, si Tanalyse psychologique pouvait traduire ce qui se passe alors en l'àme, et si, rejetant les misères de la circonstance ', elle ne retenait, suivant le conseil de Sainte- Beuve, que ce chant intérieur qui se poursuit sous la forme dune mélodie ininterrompue, qu'aurait-on? D'abord cette gloire et cette jubilation de l'esprit conscient de sa bonté native enfin retrouvée, ce qui lui permet de retrouver aussi la bonté originelle du monde et de s'y associer par un grand élan. On aurait ainsi un état mythique remplissant la conscience, réduisant les forces de la raison, libérant celles de l'imagination et du sentiment. Et, comme suite au mythe musical, on aurait une touchante expérience de l'âme redevenue enfantine et innocente. Une effusion intérieure. Toute liberté, toute naïveté, toute joie. Le paradis rendu. Le monde de l'utilité et de l'égoïsme aboli. L'échafaudage de concepts, qui fait à la fois notre science et notre ignorance, disparu. Le conflit douloureux du bien et du mal fondant comme neige. L'égoïsme, avec ses forces réfractaires, circonvenu peu à pou, bercé, <îndormi, se niant comme princi[)c (rimpénétrabililé,

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