‹ Musique et inconscienceChapitre 6 sur 146 · Sainlc-Heuve, PorlRoyai t. H · texte numérisé non relu

Sainlc-Heuve, PorlRoyai t. H

m: mvthi: musical et l'état de natuiu: i i

rcnonraiit à ses droits, à son désir d'exclusion. « Henonciation totale et douce'. » Par cela même, la naïveté (lu cœur retrouvée. Et voici que la créature intérieure, qui avait mis sa principale industrie à se cacher à ellemême et à se torturer par tant de maux imaginaires, découvre enfin la misère de tout ce qui avait fait son tourment; elK- si'vciilc à la vie ot voit s'épanouir lentement en elle la llcur de l'innocence, de l'ingénuité et du pardon. (^)uelle sera donc l'attitude de cet être, quand il aura pris ( onscienco de son réveil, quand il aura senti l'œuvre de rédemption opérée en lui sans lui? Car, remarquons bien (jue la musique de Beethoven, un peu comme celle de ('ésar Franck, va toujours en rattachant ces deux termes |>artout séparés, unis simplement dans la religion, savoir : (le très hautes transformations accomplies en nous, et l'absence presque totale de mérites de notre part; en sorte (jue nous éprouvons la joie sans mélange d'orgueil, sans le scjuvcnir pénible d'un labeur accompli ni le pressentiment douloureux d'un prochain eflbrt. A coup sur, l'attitude d'un Ici être .serait celle que célèbre la neuvième symphonie, (iar le sentiment qu'il éprouverait, comparable à la joie de la créature à l'état naissant, serait le ravissement devant la beauté de ce monde que nous avions pris soin d'abolir hors de nous et jusques en nous ; et il traduirait ce senti nient en ce chant si pur et si. sim[)le, en cet hymne d'allégresse. Commonl un inl(Mprèle autorisé de Heelhoven a-t-il pu appeler h\mii(^ à la liberté — et à la liberté lies peu|)lt's encore! — ce que Beethoven a\ait repris, après Schiller, comme un hymne à la joie, alors qui' la joie est l'expérience suprènn' de l'àiue affranchie, cl

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