LE LANGAGE MUSICAL ET LA LOI DU DEVENIK
elle prétend aller à Tessence et comme à la vérité initiale du monde ? D'un côté, on lui assigne comme domaine le monde de la volonté et Ton ouvre devant elle les perspectives illimitées du sentiment et de linconscience ; de l'autre, [)ar un besoin d'objectiviti'' qui résiste à toute critique, on lui restitue une vertu spéculative, on lui permet de se transporter au centre de l'univers de la représentation et de nous en révéler l'essence. N'y a-t-il pas là une double contradiction qu'il nous sera permis de formuler en ces termes : i" le langage des concepts, exclu à l'origine de la musique pure, s'y introduit à la dérobée, ramenant à sa suite les formalités logiques et les conventions verbales ; i° la métaphysique de la musique, après s'être volontairement fermée à toute considération objective, à toute représentation, paraît revendiquer ses prétentions à la connaissance universelle et réaliser en elle cette antinomie d'un art qui s'adresse à la volonté seule et qui ne sait pas se détacher des formes de la connaissance.
Si nous examinons d'abord cette dernière objection d'où l;i première se trouve dépendre, nous verrons que Schopenliauer ne fait aucune difficulté d'assigner à la musique 1 expression de la vie consciente saisie en son principe dynamique, si l'on peut ainsi parler, puisqu'elle en restitue le rvlliMie original. Les aspirations de la volonté, ses exaltations et ses SDullVanct^s. lonles ses manifestations possibles, tout ce qui s'agite dans le cœur et tout ce que la raison «iilend par le vaste concept négatif d(^ sentiment, tout cela peut être e\j)rimé par les innombrai)les mélodies possibles, mais toujours et uniquement avec la généralité de la forme puii\ sans le fond '. » (Tesl donc au co'ur de m^lre être