I '42 RESTITUTION DU SENTIMEIST MUSICAL
qiies infcrences dont pourraient profiter, à roccasion, la philosophie générale d'un côté, et la psychologie du sentiment musical, de l'autre. Il importe pour cela, avant toute chose, de nous replacer sur le terrain où notre interprétation nous a insensiblement conduits et d'envisager l'art musical tour à tour comme un analogue du rêve et comme une contrefaçon de la conscience dans Tordre sensible.
Et d'abord, quel est le résidu positif et vraiment philosophique que nous pouvons conserver de la conception de Schopenhauer et dont nous pouvons faire le point de départ de ces nouvelles déterminations. Nous retrouvons à la base de la métaphysique de la musique, sous toutes sortes de subtilités et de déguisements, la notion d'une nécessité naturelle (LnNvillkiir) présentée comme principe dernier de tout art, comme elle Test de toute existence et de toute moralité, et opposée à ce qui est conventionnel et factice, œuvre de raison et de volonté réfléchie, en un mot arbi traire (Willkiirlich)'.
Voilà pourquoi, dans la musique, devançant les innovations de Wagner et en accord avec les aspirations du romantisme allemand, Schopenhauer défend la nature et l'inspiration contre la civilisation et la réflexion, l'instinct contre la raison abstraite, la spontanéité du rêve contre la tradition et le préjugé. La musique implique un retour à la sensibilité, c'est-à-dire aux formes les |)lus profondes de la con-