I 50 RESTITUTION DU SENTIMENT MUSICAL
létat crhvpnosc, et cet état à son tour sera singulièrement favorable au développement de lélément de rêve que comporte invariablement toute expérience musicale. D'un autre coté, les accords musicaux doués d'une force propre de pénétration, forn>ant comme ralmosphère vivante et palpitante où la sensibilité est plongée, agissent immédiatement sur cette dernière ; ils neutralisent les forces motrices, diluent peu à peu Teflort ou, pour parler plus net, ils exercent un pouvoir réducteur sur les puissances résistantes de notre individualité. C'est donc le moi, en ce qu'il a de moteur ou de physique, qui s'abîme peu à peu devant nous. Pendant que s'effectue cette réduction des forces de résistance particulières à la sensibilité motrice, la sensibilité purement affective est vigoureusement actionnée. Les qualités mêmes des sons, la richesse de leur sonorité, la pureté de leurs accents, leur douceur ou leur gravité nous impressionnent à leur manière et concourent à la formation d'un état physique favorable à la suggestion musicale. Le sens commua a lintuition des modifications survenues quand il constate la force comuuinicativc de certains accords, le bien-être ou le malaise phvsiques qui suivent certains autres, lievenons à la méthode de ^L ^^ illiam James : nous noterons l'existence de sensations fonctionnelles, de phénomènes circulatoires et respiratoires, parfois même spasmodiques, de courants viscéraux, causés par les impressions auditives et par leur organisation systématique. Il y a donc comme une sympathie primitive de l'organisme pour les sons grâce à laquelle la sensibilité physique, profilant 'l'une rédaction des éléments résistants et de l'assouplisse nient momentané des données motrices, résonne déjà comme une table d'harmonie, tandis que la mélodie conduit du dehors cet accompagnement improvisé. Nous sommes en