FINE
Fascisme ct Nationalisme.
tiges, mais de saluer sa nouvelle apothéose.
Et'voicrique lé" Ro éE Mussolini se
trouvent face à face : minute inoubliable
que celle où le Roi confie au Dictateur la mission de gouverner l'Italie... Mais déjà les acclamations du peuple en délire contraignent Victor-Emmanuel à paraitre et reparaître sans cesse au balcon du Quirinal. Déjà, devant Mussolini avançant avec peine, Rome tout entière se préci-
pite et se donne.
Le premier mot de Mussolini au pouvoir fut : « Et maintenant, au travail !»
La période belliqueuse était close ; l’action se muait en organisation ; 1l n’était plus question de céder à l'ivresse du succès,
mais au contraire d'acquérir cette sobriété rigoureuse qui permet la vision claire et le raisonnement prompt.
Le Fascisme, à ses débuts, n'était pas un parti, le Fascisme n’était pas une doctrine. Plus exactement, et selon son fondateur lui-même, c'était un dynamisme au service d’une cause éminemment nationale, c'était un mouvement provoqué par un mécontentement général et que la volonté patriotique seule a rendu concret.
S'il est exact que tout dynamisme n'est que du statisme non encore parvenu à destination, ce raisonnement rigoureux ne saurait s'appliquer désormaisau Fascisme qui possède en soi tous les éléments constitutifs de la force et de la durée.
Cela revient à faire le procès des partis dits révolutionnaires, dont le programme
est, en effet, tout entier contenu dans Île | mot révolution. Il est impossible d’écha-
fauder un système politique sur un ctat
révolutionnaire, lequel ne peut être qu’une forme transitoire et, d’ailleurs, imprévi-
sible.
Le Fascisme a été, tout d’abord, dans
l’esprit de son chef, l’action déterminante, l’organisme de travail, larme, ou plutôt, l’outil. La nécessité impérieuse, redouta-
ble, s'imposait à tous: les cœurs généreux
de purifier le sol italien de I4pèsses
communiste. À grands pas, l'Italie marchait à l’agonie de sa gloire, à l’anéantissement de ses acquisitions ancestrales. Le monde allait assister à cet effrayant spec-
tacle de Rome définitivement livrée aux
Barbares. Toute l'énergie indignée des
patriotes italiens l’emporta subitement sur
les divisions d'opinions ou de classes et, du jour au lendemain, dès que Mussolini eut écrit dans le Popolo d'Italia ce mot radieux de « faisceaux », l'idée prit corps, elle devint un fanal et un foyer autour duquel se groupèrent, magnifiques d’ardeur, tous les étudiants, tous les combattants, tous les marchands, c’est-à-dire la pensée, la force, la richesse de la jeune Italie.
Cette richesse, cette force et cette pensée, déjà le Parti National en était l'expression la plus directe. L’un des promoteurs du Nationalisme, M. Alfredo Rocco, actuellement Sous-Secrétaire d'Etat au Ministère des Finances, a fort justement noté que les objectifs du Fascisme et ceux du Parti National étaient identiques, en sorte que celui-ci semble
avoir eu en celui-là son porte-parole.
Bien avant le Fascisme, le Nationalisme avait proclamé sa fidélité au principe monarchique et dynastique, symbole de la vie perpétuelle de la nation. Est également d’origine nationaliste la théorie du syndicalisme national, comme étant l'adaptation des syndicats à l’État, sous son contrôle et sa discipline.
Les deux doctrines se touchant par la plupart de leurs points essentiels, devaient un jour fusionner. Cette fusion eut lieu en mars 1923 ; les syndicats nationalistes furent versés dans les corporations fascistes, et les meilleures intelligences du Nationalisme trouvèrent place dans les diverses organisations que le Fascisme avait créées. |
Il importe de noter que le Grand Con-
seil Fasciste à été amené à proclamer officiellement l’incompatibilité du Parti Fasciste et de la Franc-Maconnerie. Invités à choisir entre cette dernière et le Parti, la plupart des Fascistes n’hésitèrent point à donner la préférence au Fascio.
Mussolini, tout autant quil est un homme d'action, est un homme d’État ; d’ailleurs ces deux termes définissent assez bien le chef politique tel qu'il le conçoit lui-même. Chargé par le Roï de former le ministère, 1l n'eut garde de verser à ses Fascistes le vin du triomphe, ce « vin noir > dont parle Lorenzaccio, « qui engendre la métaphore et la prosopopée ».
Il se refusa la joie facile de l’hosanna
Protecteurs de Rome.
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populaire ; au contraire il employa toute sa puissance à maîtriser la fougue quil avait alimentée par tant de paroles, décrits et d’actes ; 1l commença l'œuvre courageuse d’éteindre le rayonnement de sa propre gloire au profit de la gloire nationale. La gratitude de l’Itahle est acquise à ce grand patriote indifférent à la couronne de chène et qui, le labeur accompli, le combat terminé, n'a d'autre fierté que de redevenir un artisan parmi les artisans.
Au lendemain du succès, le premier geste de Mussolini sera-t-il pour indemniser ceux qui marchèrent à sa suite? Le devoir accompli a-t-il besoin d’un salaire ?
La probité farouche des Conventionnels revit chez cet homme qui fait les affaires
du pays et non les siennes. Mais il ne.
suffit point que les Fascistes, ayant terrassé le bolchevisme et porté un coup mortel au vieil esprit parlementaire, eussent occupé Rome; encore fallait-1il assigner une fonction à ces cohortes immobilisées… Mussolini, dans cette conjoncture si fatale aux armées victorieuses et qui priva la journée de Cannes de ses justes lendemains, Mussolini ne voulut n1 l’inaction, ni le plaisir. Aussi violemment qu’il avait exigé le tumulte, 1} exigea l’ordre, transforma ses légionnaires en miliciens, leur enjoignit d'organiser dans la ville enfiévrée le calme et le travail, les en rendit responsables... Aussitôt, l’on put voir, dans Rome, les célèbres « chemises noires »
et les non moins fameux gourdins assurer le rythme pacifique de la noble cité, avec autant de courtoisie et de mesure qu'ils
avaient déployé d’impétuosité contre les arditi del popolo.
À tout autre que Mussolini deux alternatives pareillement périlleuses se fussent offertes : indemniser les Fascistes, et c’est à quoi, nous le répétons, Mussolini n'eût jamais consenti, ou bien les licencier, ce qui eût jeté à travers l’Italie des milliers d'énergies soudain oisives et, par cela même, dangereuses. Avec une merveilleuse sagacité qui met en pleine lumière ses vertus manœuvrières, le nouveau Président du Conseil d'Italie sut imposer à ceux qui avaient, sous son impulsion, mené le bon combat, une fonction digne de leur civisme. Il en fit, en effet, les protecteurs de Rome; 1l les éleva à la dignité de restaurer et de maintenir la saine discipline dans Rome encore effer-
vescente ; ses militants de la veille, il les convertit en pacifiques soldats uniquement préoccupés de préserver de toute atteinte la placidité citadine.
Ce faisant, Mussolini eut-il pour seul objectif d'assurer aux Fascistes un légitime emploi de leur valeur? L’observateur est enclin à se demander — et c’est là que semble apparaître la finesse de jugement de Mussolini: — si son intention n'a pas été en outre de plier les ardeurs fascistes à des besognes moindres, afin que se fasse peu à peu dans les esprits les plus exaltés, les plus légitimement enivrés, le calme indispensable à l’état de
paix qui doit suivre, tôt ou tard — et
L'épée au fourreau.
tôt de préférence — l'état de guerre civile.
Ceci reviendrait à dire que Benito Mussolini, pénétré de ce merveilleux sens de la mesure dont, si souvent, sont privés les plus grands hommes d’Etat, a voulu que le Fascisme fût, aux heures ardentes, une arme merveilleusement efficace, mais que cette arme rentrât au fourreau aussitôt que les circonstances n'exigeraient plus qu’elle fût brandie.
Le fascisme, atténué en tant que moyen d'action, conserve toutefois sa pleine valeur en tant que prélude d’une transformation politique. Quels éléments apporte-t-1l ? Quels changements se propose-t-1l d'imposer au système parlementaire dont les erreurs, précisément, lui ont donné naissance ? Conduit à pied
d'œuvre par la ferveur populaire, ayant traversé avec une rapidité fulgurante cette phase trouble et laborieuse qui précède généralement les évolutions, il lui faut désormais entreprendre sur d’autres bases la reconstruction du système qu'il prétend renverser. Que veut le Fascisme, que peut-il faire, où va-t-il ?
À ces questions, le Décalogue fasciste Le Décalogue vient répondre en dix articles inspirés : fasciste. « |. — Le Fascisme est la nation victorieuse qui n'a pas voulu être réduite à la condition des nations vaincues et défaites.
« II — Le Fascisme est l'Italie bourgeoise et prolétarienne, l'Italie des travailleurs qui, au mythe de la lutte des.
classes et au fait de la guerre civile, a substitué la coopération effective de tous les citoyens, afin de régénérer la fortune de la Patrie.
« IL — Le Fascisme est l'Italie des penseurs qui, proclamant les droits de la société nationale, s’est libérée pour toujours de lidéologie étrangère, prépondérante chez nous depuis la seconde moitié du xvi* siècle, pour atteindre son point culminant, au commencement du xx° siècle dans l'idéologie parricide de Moscou.
« IV. — Le Fascisme est le génie de la race ressuscité, la tradition latine tou-
jours opérante dans notre histoire millé-
naire, le retour à l’idée romaine de l'Etat et à la foi du Christ, la conjonction d’un grand passé à un lumineux avenir.
& V. — Le Fascisme est le culte des
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