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oui, si personne ne vient ruiner, à mesure
qu'il lélève, lédifice de restauration.
Quand on aborde, entre les multiples problèmes dont l'Italie lui réclame la solution, celui du « latifundium > ou crise agraire, on se rend compte quil est impossible de réaliser là des accords durables par le moyen expéditif de quelques décrets. Un peu partout, notamment en Sicile, les paysans ont fait main basse sur les grandes propriétés, approuvés d'ailleurs par -un gouvernement que l'avenir ne tourmentait guère. Il est inadmissible que Mussolini sanctionne à son tour un état de choses dont 1l a été le premier indigné. D'autre part, restituer les grandes propriétés à leurs maîtres, ce serait retomber dans l’erreur initiale et, au surplus, provoquer chez les ruraux une révolte furieuse. Il
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s’agit donc d'imaginer un compromis, d'établir le régime de la petite propriété, tâche qui est à la taille de Mussolini, à condition qu'une opposition vindicative ne vienne pas lui demander trop tôt des
comptes.
C’est, en définitive, une affaire d’autorité. Non pas seulement une autorité de personne, avec ses avantages et aussi ses inconvénients — un chef de parti exagérément autoritaire finit quelquefois par s’aliéner ses partisans les plus sûrs — mais surtout une autorité d'Etat. Restituer à l’État un prestige en quelque sorte paternel, rendre aux lois leur vigueur, poursuivre sévèrement ces « re
Du principe d’autorité.
belles professionnels > qui sont capables de renverser tous les gouvernements et incapables d’en élaborer un seul, réagir contre le trouble par principe et le tumulte prémédité, honorer le travail comme la plus haute vertu patriotique, veiller sur l’école, sur l’armée, sur la famille, les trois stades du civisme, réserver l’exercice de la politique à un nombre restreint de compétences responsables, et ne plus y admettre les premiers oisifs venus en quête d’une situation sociale.
Eliminer les bons-à-tout à légal des propres-à-rien.. c'est un programme qui satisfait tout le monde, qui exige de chacun son apport à la communauté; qui sanctifie le travail et l’impose à tous; qui place le salut de la Patrie au-dessus des conflits d'opinion. Telle est la doctrine
de Mussolini, tel est le « mussolinisme italien ».
Insistons sur la part considérable de syndicalisme que le mussolinisme contient, non seulement parce que toute doctrine, de nos jours, doit lui réserver une large place, mais encore parce que Mussolini,
s'il n’a pas hésité à combattre les erreurs
du socialisme d’où 1l vient, sera toujours prêt à en exalter les vérités salubres. En Italie, comme en France, comme partout, le syndicalisme peut sauver la nation ou la perdre, selon l'orientation que ses chefs voudront lui donner. Intelligemment, dignement conduit vers des buts réellement tangibles, 1l doit rapprocher le peuple de
Syndicalisme
évolué.
son idéal et « faire du bonheur » ; lancé
à l’aveuglette contre des forces indispensables à la vie organique de la société, contempteur de la raison et de la logique, il ne fera que détruire sans jamais tien Créer.
Il est certain que l’évangile socialiste enseigné au monde par Karl Marx et ses disciples apparaît, en face des problèmes actuels, comme un document sénile et
périmé. Les conditions présentes sont
tellement différentes de celles de 1880 que l’on ne saurait décemment invoquer un pareil code dont lindigence est manifeste. Le procès du capitalisme, tel que Ja instruit le socialisme vieux jeu, est devenu de la sottise pure aggravée d’ignorance. S'il existe en réalité, à la charge du capital, nombre d’abus et de profits exces-
sifs par quoi les ouvriers sont lésés, en revanche la direction d’une affaire industrielle impose, outre le savoir technique, des responsabilités, des dépenses, des efforts et des soucis fort grands. Il est donc absurde que l’ouvrier, surtout au lendemain d’une guerre ruineuse, continue de s’hypnotiser sur les gains de son patron, attendu que, tous comptes faits et après avoir pris en considération le capital immobuilisé, l'intérêt à servir, les risques, les déboires et tous les tracas consécutifs à une entreprise industrielle, c’est bien souvent la journée de louvrier qui se solde par le minimum de perte et de tourment.
Mais le socialisme crut bien découvrir une nouvelle Terre Promise susceptible de remplacer le vieux paradis jaurèsien un peu démodé, lorsqu'il se mua en bol-
chevisme avec, au centre, un Etat dispensateur, un Etat-patron, en un mot, l'État Lénine. En dépit des résultats déplorables acquis par ce système en Russie, il est probable que les ouvriers italiens, si pressés, naguère, d'occuper les usines, n’ont fait que céder à la pression de opinion publique en les rendant à leurs propriétaires, et qu'au fond d'eux-mêmes ils gardent une certaine dévotion à l’autel communiste. Mussolini aura donc à leur inculquer que l'Etat, entre tous les patrons, est le moins accessible et le moins compétent. Si l'Etat se mêle d’évincer le capitalisme pour se mettre à sa place et prendre la direction des entreprises, fautil encore qu'il en soit capable, et le régime des monopoles qu'il détient ne semble pas en fournir la preuve. Admet-
tons toutefois que l’État soit un chef lucide; le caractère individuel des entreprises changerait-il? Mais non, l’exploitation, la fabrique demeureraient à la place qu’elles occupent, dans les mêmes conditions qu'auparavant, car le travail de manufacture, subordonné au rendement et à la recette, n’a rien à voir avec tel ou tel autre mode de direction. Les ouvriers, dira-t-on, ne seraient plus obligés d’obéir au capitaliste ?.. Soit, mais le fonctionnaire serait-il plus accommodant, avec son règlement, sa bureaucratie et son favoritisme ?
Mussolini a déclaré : dans dix ans l'Italie ne sera plus qu'une immense usine.
Ainsi a-t-1l taillé la besogne même du mussolinisme, drapeau sous lequel les classes doivent réaliser une association
intime pour un résultat unique. Le mussolinisme, c’est l'Italie par l'Italie. Autrement dit, ce doit être, à bref délai, la collaboration et l’union des classes. |
Eh bien, dans une collaboration des classes animées par un syndicalisme de la bonne école, l’organisation ouvrière aura des capacités et des droits dont elle n’a pas même l’idée à l’heure actuelle, qui ne porteront aucune atteinte aux droits et aux capacités du patron, et qui feront des salariés une puissance infiniment plus respectable qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Loin de nous la pensée de prophétiser, mais s1 l'Italie ouvrière consent à marcher dans la voie que lui trace le chef du Fascisme, on est fondé à prédire hardiment qu’elle fera un jour l’admiration de l’univers entier.
Les vieux libéraux italiens ne sont pas sans appréhender, dans un proche avenir, une tendance à raflermir la puissance de l'Eglise... Ils voient menacé le temple de la libre-pensée, asile tutélaire de la foi quarante-huitarde. Ils ne se rendent pas compte que le peuple italien ne peut pas se contenter d’une morale sèchement abstraite. Ce sont des symboles qui lui sont nécessaires, des images qu'il puisse voir et toucher. On ne renverse pas du jour au lendemain des traditions millénaires, sans risque de désorienter la nation. Et l’on ne peut empêcher que Rome, capitale de l’Itahe, soit aussi la capitale spirituelle du monde latin.
La société humaine a subi bien des métamorphoses depuis le jour où le premier pape fit de Rome le siège de son gou-