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Rome, capitale de la chrétienté.
vernement ; pourtant bien hardi qui pourrait affirmer que le prestige de la Rome catholique s’est amoindri dans le monde.
Car ce gouvernement existe, encore que limité aujourd’hui au pouvoir spirituel ; le privilège d'intervention, les évêques de Rome n’ont jamais cessé de le revendiquer, afin que leur autorité se perpétue, suivant la parole du Christ « jusqu'à la consommation des siècles ». Bon gré mal gré, l'iconoclaste le plus frénétique se trouve ici devant un monument qui, par une résistance dont les preuves sont faites, défie ses puérils assauts. La primauté de Rome, en tant que capitale de la chrétienté est fondée d’abord sur l’importance morale et politique de la ville de Rome — ce qui démontre bien qu’au regard des historiens Rome n’est qu’une — ;
ensuite sur le mérite propre de ses évèques qui, tous, sont honorés comme saints et dont un grand nombre furent martyrs; enfin sur la pureté de la doctrine qu’ils enseignent, sans jamais altérer la parole du Christ, aucun d'eux n'ayant encouru même le soupçon d’hérésie.
La vénération pour ainsi dire universelle qui entoure le Vatican — et à laquelle les peuples de confession différente ont grandpeine à se dérober — a donc des origines trop profondes pour redouter les événements ou les hommes.
Mais, en Italie, cette vénération est d’autant plus grande que plusieurs papes, et non des moindres — Jules II, Léon X entre autres — pratiquèrent une politique inspirée d’un singulier amour de la patrie italienne. Le rayonnement intellec-
tuel que l’Italie exerça st longtemps sur l’Europe et qui revient constamment sous la plume des écrivains, c’est l’œuvre du Vatican, c’est la conséquence d’un mouvement précurseur du Nationalisme moderne. L'action vigoureuse des papes, depuis quelque cent ans dans toutes les préoccupations sociales du monde chrétien et qui s’est traduite par le rétablissement de la hiérarchie catholique aux Etats-Unis, en Hollande et en Angleterre, la multiplication des missions étrangères, l’adresse conciliante déployée par le Saint- Siège dans ses rapports avec les divers gouvernements, cette action est incontestablement pour une part considérable dans la majesté de.Rome. Il s’ensuit qu'un gouvernement — celui de Musso- Hni ou un autre — consentirait, en fei-
gnant d'ignorer la politique du Vatican, l'abandon d’un immense élément de prestige NE) pas faire entrer en ligne de compte, à Rome, la puissance de l’Église romaine, serait donc, pour un chef politique, admettre de prime abord une limitation à sa Zone d'activité, ce serait aussi refuser de mettre à profit les immenses ressources de propagande que, seule, l’Église possède... Enfin, ce serait léser gravement l'esprit national dans ses plus intimes traditions. Mussolini n’a garde de sacrifier d'aussi hauts intérêts au dogme laïc, d'autant plus que celui-ci ne s’est pas substitué aux anciennes croyances, 1l n’a fait que se juxtaposer à elles.
En France même, pays où lindifférence religieuse est grande, principalement dans les centres d'activité, la moindre commotion
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permet de constater combien cette indifférence est factice. Un danger public suffit à ramener les pires négateurs au pied des autels. La grande guerre a rendu au clergé son ancien prestige intact. Et, d’ailleurs, à quoi bon priver les peuples d’une religion officielle ? L’angoisse humaine, le besoin de croire, la confiance dans la prière adopteront d’autres formes si on leur enlève celle qui leur est familière; des dévotions plus ou moins étranges prendront la place du culte aboli et rien ne sera changé, que les simulacres.
Montesquieu a écrit dans son Esprit des Lois :
« L'idée que Dieu n'est pas suit l’idée de notre indépendance ; ou, si nous ne pouvons pas avoir cette idée, celle de notre révolte. Dire que la religion n’est pas
un motif réprimant parce quelle ne réprime pas toujours, c’est dire que les lois civiles ne sont pas un motif réprimant non plus. C’est mal raisonner contre la religion, de rassembler dans un grand ouvrage une longue énumération des maux qu'elle a produits, si l’on ne fait de même des biens qu’elle a faits. Si je voulais raconter tous les maux qu'ont produits dans le monde les lois civiles, la monarchie, le gouvernement républicain, je dirais des choses effroyables.
« … La question n’est pas de savoir s’il vaudrait mieux qu'un certain homme ou qu un certain peuple n’eût point de religion, que d’abuser de celle qu’il a; mais de savoir quel est le moindre mal, que l’on abuse quelquefois de la religion, ou qu'il n'y en ait point du tout parmi les hommes. »
ES
Relations
extérieures.
Ainsi, en admettant que Mussolini, comme on lui en prête l'intention, voie dans l’exercice de la religion une garantie d'éducation civique et prenne cette garantie pour auxiliaire de sa propre mussion, il sera d’accord avec l’un des plus pénétrants moralistes et des moins suspects que le monde ait connus.
Tout autant, sinon plus encore que par sa politique intérieure, c'est par son attitude vis-à-vis des autres puissances qu'une nation affirme sa dignité. La politique extérieure de lltalie est sans contredit l’une des plus malaisées quisoient. Ce que n’a pas fait le traité de Versailles, c’est au Fascisme qu'il échoit de le
réaliser. Mussolini, nous le montrerons bientôt, sut exprimer fort clairement ses intentions à cet égard. L'Italie doit continuer son ascension ; or, le prestige d’une puissance européenne, de nos jours, résulte non moins de son importance territoriale que de son mérite intrinsèque.
Et l’on arrive à l’une des préoccupations aiguës entre toutes du peuple italien, à l’expansion coloniale. L'Italie demeure prolifique, et c’est sa gloire au milieu de tant de nations stériles. Sa population est de 37 millions d'habitants pour une superficie de 300.000 kilomètres carrés seulement, ce qui donne, par kilomètre carré, 123 habitants. Mais ces chiffres ne sont que provisoires, car les familles italiennes ont une conception très haute de leur devoir social, en sorte que la population ne
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